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mai 2012

LEGIONELLOSE ET VOYAGES

Legionella est un bacille à Gram négatif dont l’espèce la plus répandue (sur 53) est L. pneumophila, responsable de la «maladie des Légionnaires», décrite en 1976 après un congrès de vétérans de l’American Legion dans un hôtel de Philadelphie (4.400 participants, 182 gravement malades, 29 décès). Dès le début donc, la maladie apparaît liée à des déplacements, des voyages et à l’exposition à des sources hydriques de collectivités: ce qui ne résume pas néanmoins l’épidémiologie de cette maladie qui peut aussi être contracté par des patients sédentaires.

Epidémiologie, expansion

 Confinées dans leur environnement naturel, les légionelles, ubiquitaires, posent peu de problèmes. A la recherche d’un meilleur confort, l’homme a créé de nouvelles niches écologiques favorables à leur multiplication et à leur diffusion: distribution d’eau chaude, climatisation, thermalisme et spas, bains tourbillonnants, rideaux de gouttelettes rafraîchissantes, systèmes évaporatifs divers… et surtout les douches qui vont avec.
 Les activités qui leur sont liées sont pratiquées surtout en vacances, et particulièrement lors de voyages dans des pays qui assurent une surveillance et une prévention de bas niveau. L’ampleur du problème croît encore en raison:
- de l’augmentation, toujours exponentielle, des voyages, du tourisme et des loisirs
- des voyages de plus en plus fréquents de personnes âgées ou immunodéprimées.

 La température idéale de croissance des légionelles se situe entre 25 et 45°C, avec un optimum à 37°, températures les plus recherchées pour les loisirs et le bien-être de l’homme.
Le nombre de cas rapportés, dans l’hémisphère nord, est maximal pendant les mois de juin à septembre.
Pas de transmission inter-humaine directe.

  La légionellose est, partout, sous-diagnostiquée et sous-notifiée. Il n’y a nulle part de données précises sur l’incidence de la légionellose: il est donc impossible de quantifier un risque lié aux voyages. Des bouffées épidémiques, de plus en plus fréquemment rapportées, nous rappellent cette menace.

Clinique, évolution et pronostic

- Incubation: 2 à 10 jours (maximum 16).
- Début typique. Fièvre, anorexie, céphalées, altération de l’état général, et parfois myalgies, diarrhée, confusion; toux initiale  bénigne, productive dans la moitié des cas; mais parfois (1/3 des   cas) avec crachats striés de sang ou hémoptysie franche.
- Dans un pourcentage de cas mal connu, survenue d’une pneumopathie évolutive avec insuffisance respiratoire et/ou défaillance multiviscérale.
-  La létalité dépend de la rapidité de mise en route du traitement, de l’âge et de l’état immunitaire antérieur; la létalité atteint 40 à 80% chez les immunodéprimés non traités, descend à 5-30% quand le traitement est précoce. Chez les normo-immunitaires, elle est de 10 à 15% (OMS).

Diagnostic biologique

-  Hyperleucocytose et syndrome inflammatoire: habituels.
- Augmentation de la créatininémie et des CPK: discrète fréquente, élevée de mauvais pronostic.
- Recherche d’antigène soluble urinaire; si positif, confirmation  par sérologie (prélèvement sanguin dès l’arrivée du patient) et mise en culture d’un prélèvement respiratoire.

Traitement curatif

Hospitalisation immédiate.
-  Soit fluoroquinolones (levofloxacine)
-  Soit macrolides (clarithromycine ou azithromycine)
-  Soit association des deux, ou de l’un ou l’autre avec rifampicine en cas de forme grave ou menaçante (terrain): en urgence.
-  Déclaration obligatoire.

Prévention collective

 S’il est impossible d’éradiquer la source d’infection, il est possible de diminuer considérablement les risques. La prévention s’appuie sur l’entretien des sources potentielles d’infection, et notamment sur leur nettoyage et leur désinfection systématiques, ainsi que sur l’application d’autres méthodes, physique (température) ou chimique (désinfectant), pour limiter la prolifération.
- Nettoyage et la désinfection à intervalles réguliers des tours aéro-réfrigérantes
- Apport fréquent ou continu de désinfectant, maintien d’une quantité suffisante de désinfectant (chlore) dans les bains bouillonnants
- Vidange et nettoyage de l’ensemble du système au moins une fois par semaine
- Maintien de l’eau chaude à 60ºC et de l’eau froide en dessous de 20ºC (bien difficile dans les pays chauds).

Prévention individuelle

  Limiter la durée des douches. Si un voyageur a des raisons de penser que les eaux de la chambre d’hôtel ou du logement n’ont pas été utilisées depuis plusieurs jours, il faut les faire couler plusieurs minutes, en quittant la pièce, dont on aura prévu l’aération.
Sans oublier de faire de même lors du retour à son domicile…

LEGIONELLOSE ET VOYAGES

Legionella est un bacille à Gram négatif dont l’espèce la plus répandue (sur 53) est L. pneumophila, responsable de la «maladie des Légionnaires», décrite en 1976 après un congrès de vétérans de l’American Legion dans un hôtel de Philadelphie (4.400 participants, 182 gravement malades, 29 décès). Dès le début donc, la maladie apparaît liée à des déplacements, des voyages et à l’exposition à des sources hydriques de collectivités: ce qui ne résume pas néanmoins l’épidémiologie de cette maladie qui peut aussi être contracté par des patients sédentaires.

Epidémiologie, expansion

 Confinées dans leur environnement naturel, les légionelles, ubiquitaires, posent peu de problèmes. A la recherche d’un meilleur confort, l’homme a créé de nouvelles niches écologiques favorables à leur multiplication et à leur diffusion: distribution d’eau chaude, climatisation, thermalisme et spas, bains tourbillonnants, rideaux de gouttelettes rafraîchissantes, systèmes évaporatifs divers… et surtout les douches qui vont avec.
 Les activités qui leur sont liées sont pratiquées surtout en vacances, et particulièrement lors de voyages dans des pays qui assurent une surveillance et une prévention de bas niveau. L’ampleur du problème croît encore en raison:
- de l’augmentation, toujours exponentielle, des voyages, du tourisme et des loisirs
- des voyages de plus en plus fréquents de personnes âgées ou immunodéprimées.

 La température idéale de croissance des légionelles se situe entre 25 et 45°C, avec un optimum à 37°, températures les plus recherchées pour les loisirs et le bien-être de l’homme.
Le nombre de cas rapportés, dans l’hémisphère nord, est maximal pendant les mois de juin à septembre.
Pas de transmission inter-humaine directe.

  La légionellose est, partout, sous-diagnostiquée et sous-notifiée. Il n’y a nulle part de données précises sur l’incidence de la légionellose: il est donc impossible de quantifier un risque lié aux voyages. Des bouffées épidémiques, de plus en plus fréquemment rapportées, nous rappellent cette menace.

Clinique, évolution et pronostic

- Incubation: 2 à 10 jours (maximum 16).
- Début typique. Fièvre, anorexie, céphalées, altération de l’état général, et parfois myalgies, diarrhée, confusion; toux initiale  bénigne, productive dans la moitié des cas; mais parfois (1/3 des   cas) avec crachats striés de sang ou hémoptysie franche.
- Dans un pourcentage de cas mal connu, survenue d’une pneumopathie évolutive avec insuffisance respiratoire et/ou défaillance multiviscérale.
-  La létalité dépend de la rapidité de mise en route du traitement, de l’âge et de l’état immunitaire antérieur; la létalité atteint 40 à 80% chez les immunodéprimés non traités, descend à 5-30% quand le traitement est précoce. Chez les normo-immunitaires, elle est de 10 à 15% (OMS).