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Septembre 2006

Mal oints

On savait qu'ils achetaient volontiers n'importe quel répulsif anti-moustiques. Las, quel que soit le produit, l'onction du touriste est inadéquate.
Les auteurs ont étudiés deux groupes de touristes adultes.
- Sujets en partance vers une zone impaludée, inclus dans 4 pharmacies britanniques lors de l'achat de répulsifs (N=74) : il leur fut demandé de s'enduire les bras et le cou tel qu'il le feraient à destination avant une sortie nocturne.
- Sujets arrivés sur site (safari en Inde, n=23, ou au Kenya, n=24) : leur onction fut observée avant une sortie nocturne.
Parmi les sujets sur site, seulement 4 (8,5%) portèrent spontanément une chemise à manche longue.
Dans tous les groupes, on note que le cou est mieux enduit que les bras : 0,49 mg/cm2 vs 0,29 (groupe UK), 0,26 vs 0,23 (Inde), 2,58 vs 1,34 (Kenya).
Il est intéressant de noter que globalement, ces derniers s'enduisent moins mal que les autres, sans doute en raison d'une perception sur site d'un risque plus élevé qu'en Inde. Avant de partir (groupe UK) on constate un taux intermédiaire, la perception du risque réel étant impossible.
Globalement, l'onction est insuffisante pour assurer une protection optimale ; et les voyageurs négligent leurs bras, bras qui restent de plus dénudés dans la grande majorité des cas.

THROWER Y et coll. Application of insect repellents by travellers to malaria endemic areas. J Travel Med 2006; 13: 198-202.

Paracétamol: attention!

Au fond de la trousse de voyage, il y a presque toujours du paracétamol. La première cause d'hépatite fulminante est l'hépatite A arrosée de paracétamol. Le nombre de maladies des voyages interférant avec le métabolisme hépatique est très important. Le paracétamol est considéré comme totalement bénin.
Les auteurs ont fait ingérer à des volontaires sains (N=145) 4g/j de paracétamol vs placebo et ont mesuré 8 jours de suite le taux d'ALAT. Cette dose est considérée aux Etats-Unis comme habituelle, non excessive. Les résultats démontrent le contraire : l'augmentation moyenne de l'ALAT est de 2,78 (IC 95% 1,47-5,09) avec p<0,0 - 01.

WATKINS PB et coll. Aminotransferase elevations in healthy adults receiving 4 grams of acetaminophen daily. JAMA 2006; 296: 87-93.

L'AVC des voyages aériens

Après l'embolie pulmonaire « de la classe économique », voici l'accident vasculaire cérébral.
Pendant un an, de manière prospective, les auteurs ont étudié tous les accidents ischémiques cérébraux arrivant dans leur hôpital (Erlangen, Allemagne), recherchant tout particulièrement un voyage récent ; lequel fut trouvé dans 42 cas sur 338 (12,4%).
Ces sujets étaient plus jeunes que les sédentaires (56,6 vs 66,9 ans, p=0,00 - 01) ; il présentaient également plus souvent un foramen ovale (13 vs 7, p=0,00 - 01) quelle que soit la tranche d'âge étudiée. De plus les facteurs de risques étaient moins présents dans le groupe « voyageurs » : moindre fréquence du diabète (11,9% vs 31,4, p=0,009), de l'HTA (52,4% vs 78,7, p=0,00 - 01), FA (7,1% vs 22,0%, p=0,025) et d'autres (16,7% vs 38,9, p=0,00 - 01).
D'un autre côté, les voyageurs avaient eu plus d'accidents emboliques que les sédentaires (35,7% vs 19,3, p=0,025).
Les auteurs concluent que le foramen ovale est un facteur de risque d'AVC majoré chez le voyageur aérien.

HECKMANN JG et coll. Increased frequency of cardioembolism and patent foramen ovale in patients with stroke and a positive travel history suggesting economy class syndrome. Heart 2006; 92: 1265-8.