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Septembre 2004

Typhoïde

On pensait qu'il y avait 16 millions de cas annuels dans le monde. D'après des experts des CDC, il y en a en fait près de 22 millions ; et 217.000 décès (Bull WHO 2004 ; 82 : 346-53).

Beaucoup de médecins pensent que la vaccination est peu utile pour les séjours exotiques de courte durée. Qu'en est-il en réalité '
Les auteurs (CDC) ont tout bêtement repris les dossiers de 1.393 sujets qui leur avait été déclarés. Les patients revenaient d'inde (30%) du Pakistan (13%), du Mexique (12%), du Bangladesh (8%), des Philippines (8%) et de Haïti (5%). Bien évidemment les séjours longs, de plus de 6 semaines, représentaient 60% des cas. Mais 5% n'avaient séjourné que moins d'une semaine, et 16% moins de deux semaines.
Les auteurs demandent que les praticiens reconsidèrent leur position.

STEINBERG E B et coll. Typhoid fever in travellers: who should be targeted for prevention' Clin Infect Dis 2004; 39: 186-91.

Hyménoptères et désensibilisation

Les voyages dans un écosystème inconnu, associés à des séjours et activités en extérieur, en saison chaude, sont propices aux piqûres d'hyménoptères (guêpes, frelons, abeilles). L'été 2004 a connu en France une forte augmentation du nombre des piqûres (DGS) : la moyenne de 15 décès annuels sera sans doute largement dépassée. Nul ne sait combien décèdent en voyage à l'étranger (NDLR).
Les réactions graves surviennent chez des sujets allergiques, qui auraient pu bénéficier d'une désensibilisation. Les auteurs, de l'hôpital John Hopkins, ont suivi 1033 enfants fortement allergiques pendant une moyenne de 18 ans ; 356 d'entre eux avaient bénéficié d'une désensibilisation. Principales conclusions:

- chez les sujets non initialement désensibilisés, l'allergie diminue à l'âge adulte mais est loin de disparaître : une réaction initiale grave se renouvelle dans 32% des cas.

- la désensibilisation continue d'être efficace plus de 15 ans au moins après son arrêt : seulement 3% de réactions systémiques (p=0,007 par rapport aux non désensibilisés).

GOLDEN D et coll. Outcomes of allergy to insect stings with and without venom immunotherapy. N Engl J Med 2004; 351: 668-74.

Sea, Sex, Sun, STI

Métaanalyse des publications avec les mots-clefs suivants : STI, abroad, tourist, holiday, concernant seulement les voyageurs britanniques.
Ceux-ci sont plus de 50 millions à voyager à l'étranger chaque année.
Le taux de rencontre d'un nouveau partenaire passe de 0,098/semaine avant le voyage à 0,247 pendant, hommes et femmes confondues et à égalité.
Lors de vacances à Tenerife, 32% des hommes et 39% des femmes rencontrent un(e) nouveau partenaire ; les femmes préfèrent pour 43% des non-anglais (on les comprend NDLR) contre 19% pour les hommes (on ne les comprend pas NDLR).
Les étudiants en médecine anglais ne sont pas en reste: 32% d'entre eux ont un nouveau partenaire pendant leurs vacances.
Le problème est que, l'inconscience et l'alcool aidant, les deux-tiers de ces joyeux Anglais n'utilisent pas systématiquement le préservatif. Le voyage à l'étranger constitue un facteur de risque majeur de se retrouver en consultation spécialisée IST. Infections qui flambent en Grande-Bretagne.

ROGSTAD K E. Sex, sun, sea, and SITs: sexually transmitted infections acquired on holidays. BMJ 2004; 329: 214-7.

Voyages aériens et grossesse

«Je suis enceinte: est-ce que je peux voyager '» est une question très fréquente. Question difficile à laquelle le praticien a bien du mal à répondre car la science médicale n'y a jamais vraiment répondu. Alors les auteurs se sont tournés vers les compagnies aériennes internationales : 17 ont répondu à un questionnaire standardisé.
Résultats. Trois d'entre elles (17,5%) n'appliquent aucune restriction à l'embarquement des femmes enceintes ; les autres en exercent, mais de manière très variable, interdisant l'accès à partir de 28 semaines pour certaines, et jusqu'à 36 semaines pour d'autres : le choix de la barre n'est jamais scientifiquement justifié. Un « kit d'accouchement » est présent à bord des aéronefs de 29% des compagnies.
Les auteurs concluent que tout cela est très anarchique, bien loin de la « médecine fondée sur les preuves », et qu'il faudrait qu'une autorité supérieure compétente (') mette un peu d'ordre dans la réponse à ce problème qui se posera de plus en plus fréquemment.

BREATHNACH F et coll. Air travel in pregnancy : the « air born » study. Ir Med J 2004; 97: 167-8.