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Septembre 2000

Hépatite B: risque mal perçu par les voyageurs européens

9.008 voyageurs européens (1.000 pour chacun des 9 pays étudiés) ont été interrogés dans leur langue natale. Ils revenaient d'une zone de prévalence de l'hépatite B moyenne ou forte. Les situations à risque retenues étaient les suivantes : gestes médicaux invasifs, secours à une personne présentant des hémorragies, piercing et autres pratiques avec traumatisme cutané.

Selon la destination, 6,6 à 11,2% des voyageurs avaient été ainsi exposés; seulement 24,4% d'entre eux étaient vaccinés contre l'hépatite B.

Par ailleurs, il fut demandé à l'ensemble des voyageurs de donner une définition de l'hépatite B: 54,3% fournirent une définition "acceptable"; 29,3% confondirent avec l'hépatite A; 18,8% restèrent muets, ignorant tout de l'hépatite B.

Les auteurs concluent que des efforts d'information et d'éducation des voyageurs doivent être entrepris d'urgence à l'échelon européen.

ZUCKERMANN J.N. et coll. Risks of hepatitis B in travelers as compared to immunization status. J. Travel Med. 2000; 7: 170-4.

Typhoïde / OMS

L'OMS consacre un numéro entier du REH à la vaccination contre la fièvre typhoïde.

- Selon une estimation prudente, 16 millions de cas se produiraient chaque année dans le monde, dont environ 600.000 mortels. L'apparition de souches de S. typhi polychimiorésistantes complique de plus en plus le traitement (89-93% des souches sont polychimiorésistantes au Viêt Nam; au Tadjikistan la résistance concerne également les C3G et les fluoroquinolones).

- La vaccination des populations à haut risque constitue la stratégie la plus prometteuse. Les vaccins actuels sont dépourvus d'effets secondaires.

- Le vaccin osidique Vi n'a aucune contre-indication ; il peut être associé aux autres vaccins du voyageur. Les réactions indésirables semblent se limiter à de la fièvre (0-1%), des céphalées (1,5-3%), un érythème ou induration locale (7%).

OMS. Vaccins antityphoïdiques. REH. 2000 ; 75 : 257-64.

Les décès des personnels humanitaires

Les conflits internes ont désormais remplacé les guerres conventionnelles. Ces situations d'anarchie dans un pays effondré sont le théâtre d'intervention privilégié des personnels humanitaires. Les auteurs ont analysé 382 décès de ces personnels (Croix Rouge, Croissant Rouge et Nations Unies) survenus entre 1985 et 1998.

La mort fut causée intentionnellement dans 68% des cas, de manière non intentionnelle dans 7% ; accidents de la route: 17%; autres causes (paludisme, alcool et suicides en tête): 8%. Il s'agissait d'hommes dans 90% des cas, avec une moyenne d'âge de 39 ans.

Contrairement à ce que l'on aurait pu croire, ce ne sont pas seulement des jeunes inconscients qui décèdent. Mais pour la plupart, il y a une méconnaissance ou une mauvaise appréciation des risques. La formation des personnels humanitaires doit largement être améliorée. L'encadrement médical, préventif et sur le terrain, est également notoirement déficient.

SHEIK M. et coll. Deaths among humanitarian workers. BMJ. 2000; 321: 166-9.

Tuberculose et voyages exotiques

Même si l'on pressent un risque tuberculeux aggravé par le voyage en pays d'hyperendémie, il n'existe aucune donnée chiffrée. Les auteurs -hollandais- ont étudié de manière prospective 1072 voyageurs au long cours (3 à 12 mois) vers des pays de haute endémicité tuberculeuse. Tous avaient une IDR négative au départ ; 66% revinrent avec une IDR positive; dans 12 cas (1,8%) Mycobacterium tuberculosis fut isolé. L'incidence globale est donc de 3,5 p. 1000 sujets-mois ; le risque est aggravé chez les personnels de santé mais, si l'on exclut ces derniers, le risque reste élevé (2,8 p. 1000 sujets-mois) pour les voyageurs aux motifs non sanitaires.

COBELENS F.G.J. et coll. Risk of infection with Mycobacterium tuberculosis in travellers to areas of high tuberculosis endemicity. Lancet. 2000 ; 356 : 461-5.