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Septembre 1999

Plasmodium vivax et grossesse

En pays karen, en Thaïlande, les auteurs ont étudié l'impact des accès palustres à P. vivax sur la grossesse chez 9.956 femmes. Ils ont trouvé une association significative avec l'existence d'une anémie et d'un faible poids de naissance de l'enfant. Les auteurs suggèrent que les femmes autochtones enceintes bénéficient d'une chimioprophylaxie systématique.

NOSTEN F. et coll. Effects of Plasmodium vivax malaria in pregnancy. Lancet 1999 ; 354 : 546-9.

NDLR. Les voyageurs se rendant dans des pays où le seul paludisme est lié à P. vivax se voient rarement -et à juste titre sans doute- proposer une chimioprophylaxie. Compte tenu du fait que P. vivax reste sensible à la chloroquine, il serait peut-être pertinent de proposer une prévention par Nivaquine® aux voyageuses enceintes ; et sans doute encore plus aux expatriées dont la grossesse se déroulerait en zone de transmission.

Attraction individuelle des moustiques : et si le bon peuple avait raison '

Combien de fois a-t-on entendu un patient nous dire "Dès qu'il y a un moustique, il est pour moi ; et ma femme, elle n'est jamais piquée". Le médecin ne tient aucun compte de ces propos et prescrit répulsifs et moustiquaires imprégnées à tout ce petit monde qui part en zone impaludée : ce en quoi il a parfaitement raison compte tenu de la gravité de la maladie.

Mais des expérimentations récentes donneraient raison aux croyances populaires: il y aurait des " peaux à moustiques ". Parmi un groupe d'humains, les moustiques en choisissent certains en fonction de critères qui commencent à être identifiés et quantifiés grâce à l'olfactométrie informatisée. Sont manifestement attractifs le CO2, l'acide lactique et l'acide urique, ainsi qu'une quantité considérable de composants contenus dans les produits cosmétiques. Agissent aussi comme des aimants un bon nombre de médicaments pris per os, en particulier hypocholestérolémiants et à visée cardio-vasculaire.

Enfin, les auteurs affirment qu'il faut croire une personne qui se dit attractive pour les moustiques car cette simple notion anamnestique est associée à un risque, mesuré au laboratoire, de plus de 20 fois par rapport à un sujet qui ne se dit pas attractif.

BUTLER J. et coll. Mosquitoes have discriminating tastes. University of Florida, press release, August 26, 1999.

NDLR. Même avec un risque diminué pour certains, il convient de continuer à prescrire la protection maximale pour tous. Ces études nous confirment qu'il faut éviter de trop transpirer (se placer dans des endroits adéquats et aérés, porter des vêtements amples et clairs, ne pas trop manger en zone tropicale') et proscrire les cosmétiques

Patients voyageurs: ce que redoutent les généralistes anglais

On a demandé à 242 généralistes anglais, par un questionnaire standardisé, ce qu'ils pensaient des risques encourus par leurs patients qui partaient en zone tropicale. Les 228 qui répondirent (94%) classèrent ainsi les risques par ordre d'importance : diarrhée du voyageur (52%), alcoolisation excessive (15%), accident de la voie publique (10%), mal des transports (7%), traumatismes (6%), infection respiratoire (5%), paludisme (3%).

McIntosh I. et coll. Survey of UK health professional attitudes to management of travel-related diarrhea. 6th Conference of the International Society of Travel Medicine. Montréal, Québec, Canada. June 6-10, 1999.

NDLR. Il est surprenant de constater que l'alcoolisation et ses conséquences soient jugées cinq fois plus importantes que le paludisme. Peut-être faut-il voir ici une spécificité anglo-saxonne, là où l'alcoolisme est plus paroxystique que dans les civilisations latines où il est plus chronique : le Latin, qui boit régulièrement, ne cherche pas comme l'Anglo-saxon des occasions de surconsommer des boissons alcoolisées. Néanmoins il convient de tenir compte des observations de ces confrères à qui, pour une fois, on a demandé leur avis et qui reflète une réalité de terrain qui existe sans doute aussi chez nous, même à un moindre niveau.