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Octobre 2008

Céphalées en avion

C'est peut-être un nouveau problème de santé publique que révèle une étude israélienne (NDLR).
Au cours d'un vol aérien, de nombreux facteurs peuvent contribuer à déclencher une céphalée : stress, PaO2 réduite, bruit des moteurs, confinement... Les auteurs ont voulu savoir si cela avait une traduction épidémiologique.
Dans une « travel clinic » de Haïfa, 906 patients adultes consécutifs évaluables furent inclus ; ils durent remplir un questionnaire pendant un vol. Hommes : 56% ; âge moyen de 33,3 ans (18-91) ; classe économique : 97,2%.
A l'état de base (hors vols) 194 sujets (22,3%) souffraient au moins une fois par mois d'une céphalée. Une céphalée associée au vol (CAV) fut rapportée par 5,7% des sujets. Dans 20% des cas on pouvait poser le diagnostic de syndrome migraineux, lequel a donc une fréquence plus élevée qu'au sol (6% chez l'homme, 15% chez la femme). Parmi le groupe CAV, 19,2% rapportent qu'une céphalée survient constamment chaque fois qu'ils prennent l'avion. Près de 40% des sujets du groupe CAV voient leur céphalée apparaître ou s'aggraver lors du décollage et/ou de l'atterrissage.
Le voyage aérien commercial serait donc responsable de plus de 100 millions de céphalées par an ! Ceci représente des coûts manifestement énormes, directs (médicaments) et indirects (perte de temps de travail, d'efficience, conséquences psychologiques...). Les migraineux paient le plus lourd tribut ; ils devraient faire l'objet d'une adaptation thérapeutique avant le vol.

POTASMAN I et al. Flight-associated headaches : prevalence and characteristics. Cephalagia 2008 ; 28 : 863-7.

La rage en Extrême-Orient

L'auteur sino-américain a vidé les données de l'Office International des Epizooties et des ministères de la santé des pays de la région.
Il apparaît que celle-ci rassemble 50% des décès par rage de la planète.
Seuls quelques rares pays ne connaissent pas de rage : Corée du Sud, Hong-Kong, Japon, Malaisie, Singapour, Taiwan. Un seul pays, la Thaïlande, connaît une diminution régulière du nombre de cas depuis une dizaine d'années ; une nouvelle et massive action de vaccination des chiens (qui débute à notre mise sous presse NDLR) pourrait permettre d'entrevoir la possibilité d'une élimination de la rage dans le royaume.
Dans tous les autres pays, où la couverture vaccinale des chiens est généralement inférieure à 5%, la situation stagne depuis 10 ans ; le plus mauvais élève est la Chine, dont le nombre de cas est en croissance régulière depuis une décennie.

FU S Z. The rabies situation in Far East Asia. Dev Biol (Basel) 2008 ; 131 : 55-61.

Japon et encéphalite japonaise

Depuis 1960 le Japon surveille son encéphalite ; pendant la décennie 60-70, il y avait environ 1000 cas annuels. Entre 1992 et 2004 ce taux annuel chuta à moins de 10. On relevait alors 18% de décès, 50% de guérisons avec séquelles neuro-psychiatriques, et 32% de restitutio ad integrum.
Comme le montre la surveillance des porcs et des moustiques, le virus JE est encore bien présent dans la majorité du territoire japonais en été, y compris dans le nord du pays.
Les auteurs de cette étude concluent que la pression vaccinale doit être maintenue.

ARAI S et al. Japanese encephalitis : surveillance and elimination effort in Japan from 1982 to 2004.

NDLR. Ces données nous inspirent les commentaires suivants.
Que la pression vaccinale doive être maintenue dans la population japonaise, c'est évidemment pertinent. Mais faut-il vacciner les voyageurs européens qui vont visiter le Japon voire y vivre en zone urbaine '
- la résolution d'un problème de santé publique, pour une maladie comme l'encéphalite japonaise, ne fait pas intervenir les voyageurs
; ils bénéficient de l'immunité de troupeau et ne sauraient en faire partie ; il ne font courir aucune risque pour le pays - combien de voyageurs français on-ils contracté la maladie lors de séjours au Japon ' Un ' deux ' depuis vingt ans ! en fait sans doute aucun
- dans toute la zone de transmission potentielle, c'est sans doute au Japon que l'incidence de la JE est la plus basse
Si le lecteur n'est pas convaincu par nos arguments, il devra quand même faire avec : il n'y a plus de vaccin JE sûr et efficace sur le marché.