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Octobre 1998

Chapeaux et lunettes de soleil pour prévenir la cataracte

C'est désormais prouvé dans la population générale et plus seulement dans certains groupes particuliers : l'exposition des yeux aux rayons solaires a un effet cumulatif proportionnel au risque de développer une cataracte. C'est ce que prouve une étude de cohorte américaine sur 2.520 sujets. Hommes ou femmes, Noirs ou Blancs, le risque reste proportionnel à l'exposition aux UV-B (odds ratio : 1,10). Le port d'un chapeau ou d'une casquette à visière ainsi que de lunettes de soleil, chaque fois qu'il y a exposition solaire, pourrait réduire de 30 à 50% le risque de cataracte.

WEST S.K. et al. Sunlight exposure and risk of lens opacities in a population-based study.
JAMA. 1998 ; 280 : 714-8.

NDLR. Ces recommandations " raisonnables " que donnent depuis toujours les spécialistes de médecine des voyages font donc désormais partie de ce que l'on appelle aujourd'hui la "médecine fondée sur les preuves".

Les animaux venimeux qui voyagent

Ils viennent de très loin ; il y a peut-être un cobra ou une mygale chez notre voisin, de l'autre côté du balcon. Ce sont les "nouveaux animaux de compagnie". Après la première vague d'importation de poissons venimeux, nous sommes entrés dans la période des mygales et serpents. Le Centre Antipoison de Marseille a analysé les différentes envenimations qui lui ont été signalées. Parfois, l'espèce est si rare qu'elle n'est pas identifiable dans l'urgence et que le sérum spécifique est indisponible ou n'existe même pas.

DE HARO L. et coll. Risques toxiques des nouveaux animaux de compagnie. Presse Med. 1998 ; 27 : 1327-8.

Hépatite A : quelques nouvelles des congrès

- Parmi les maladies du voyageur que l'on peut prévenir par un vaccin, c'est l'hépatite A qui est de loin la plus fréquente : incidence de 0,3% par mois de séjour chez le touriste "de base" ; et jusqu'à 2% par mois chez les routards, humanitaires et coopérants : lors d'une contrat moyen de 2 ans, l'expatrié a ainsi une chance sur deux de contracter le virus (1).

- La vaccination hépatite A protège plus de 10 ans. On s'en doutaitun peu: les modélisations mathématiques sur les taux d'anticorps deviennent de plus en plus fiables puisqu'on les sollicite à des échéances de moins en moins longues. Une équipe allemande a suivi pendant 7 ans 71 sujets vaccinés : la décroissance des anticorps, qui apparaît plus linéaire que prévu, laisse présager une protection de 15 ans (2).

Steffen R. (Abstr. 251) ; 2. Maiwald H. et coll. (Abstr. 305). 2nd European Congresson Tropical Medicine. September 14-18, 1998, Liverpool, UK.

Fièvre typhoïde : actualités

- OMS. "On estime qu'il y a chaque année 30 millions de cas de fièvre typhoïde, entraînant 600.000 décès ('). La situation épidémiologique s'est progressivement détériorée depuis l'apparition en 1989, puis l'extension, de souches polychimiorésistantes de Salmonella typhi."

OMS/IVE/GPV. Recommandations du Groupe scientifique consultatif d'Experts.
REH. 11 septembre 1998 ; 37 : 284.

- Il semble que des manifestations autrefois rarissimes, et particulièrement graves, de la typhoïde soient de plus en plus fréquemment décrites. Association hépatite et insuffisance rénale aiguë (4 cas itératifs à Durban, SA) (1). 5% des typhoïdes de l'enfant s'accompagnent de myocardite et péricardite (Turquie). Ceci, sans pour autant qu'il s'agisse d'un stade évolutif particulièrement plus avancé (2).

1.KHAN M. et coll. Typhoid fever complicated by acute renal failure and hepatitis : case reports and review.
Am. J. Gastroenterol. 1998 ; 93 : 10 - 01-3. 2.

BAYSAL K. Cardiac involvement due to Salmonella typhi infections in children.
Ann. Trop. Paediatr. 1998 ; 18 : 23-5.

NDLR. Il n'est pas rare en infectiologie que des maladies devenant chimiorésistantes acquièrent des caractéristiques cliniques plus sévères. Pour la fièvre typhoïde, actuellement, en dehors de quelques études disparates qui attirent certainement l'attention, il n'existe pas de preuve formelle d'une telle aggravation.