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Mars 1999

Sexe et voyages: le mariage est un facteur de risque

Les chercheurs du département de médecine communautaire de Hong-Kong ont interrogé 2.060 voyageurs internationaux sur leurs rapports sexuels éventuels avec des étrangers lors de leurs voyages. Les hommes étaient plus nombreux dans ce cas de figure, sauf lorsqu'il s'agissait des personnels navigants commerciaux ou de voyageurs d'affaire (H=F). Seulement 10% des voyageurs avaient utilisé des préservatifs de façon systématique.Ce sont les sujets les plus jeunes (18-25 ans) qui avaient eu les rapports les plus nombreux. Mais le groupe le plus à risque -celui de la moindre utilisation des préservatifs- se définissait comme suit : hommes de 26 à 45 ans, n'ayant jamais fait de sérologie VIH, que le sida n'inquiète pas, et' mariés.

ABDULLAH A.S.M. et coll. Sexual behaviour in travellers. Lancet. 1999 ; 353 : 595-6.

La carence en vitamine B1 aggraverait le paludisme

Des auteurs thaïlandais ont tout simplement étudié des patients adultes en accès palustre de différentes gravités, et ont mesuré chez tous l'activité transcétolasique des hématies. La fréquence et la sévérité de la carence en thiamine se révéla proportionnelle à la gravité de l'accès, tout particulièrement lorsqu'il s'agissait d'un paludisme cérébral.Les auteurs suggèrent que carence en B1 et paludisme unissent et démultiplient leurs neurotoxicités centrales respectives.

KRISNA S. et coll. Thiamine deficiency and malaria in adults from southeast Asia. Lancet. 1999 ; 353 : 546-9.

NDLR. Certes cette publication concerne des populations fortement carencées en thiamine, chez lesquelles on observe même d'authentiques béri-béris. Mais certains faits doivent retenir notre attention pour nos voyageurs tropicaux.

- Il y a en France 5 à 6 millions de buveurs excessifs et 2 millions d'alcoolomanes, tous peu ou prou sujets à carence en B1. Bien souvent de plus l'alcoolisation augmente lors des voyages.

- D'autre part, la carence en B1 rend l'utilisation de l'halofantrine (Halfan®) particulièrement périlleuse sur le plan cardiovasculaire.

Alors pourquoi n'envisagerait-on pas la prescription de quelques comprimés de vitamine B1, en sus de leur chimioprophylaxie, chez nos voyageurs alcooliques qui se rendent en zone d'endémie palustre '

Accidents des véhicules tous terrains: étude et recommandations des CDC

Ces véhicules ("dragsters") puissamment motorisés, sans habitacle et seulement munis de barres latérales, destinées à se déplacer hors des routes et chemins, sont responsables de plus en plus d'accidents et de décès. Une étude rétrospective sur 10 ans a été effectuée en Virginie (USA). Les principales conclusions sont les suivantes.

- Les victimes sont essentiellement des hommes (88%).
- Les deux tiers des décès sont liés à un traumatisme de la tête et/ou du cou.
- Les trois quarts de ces sujets ainsi décédés ne portaient pas de casque.
- L'accident mortel survient par collision avec un objet fixe (arbre, pilône, rocher') dans 32% des cas, avec un objet mobile (autre véhicule) dans 10% des cas ; dans le reste des cas, il s'agit de retournements, chutes dans des ravins'

Les CDC recommandent aux conducteurs des véhicules tous terrains :
- Port du casque systématique.
- Proscrire alcool et drogues au volant.
- Interdire la conduite de ces véhicules aux moins de 16 ans.
- Eviter le transport de passagers et, tout au moins celui des enfants de moins de 12 ans.

US Department of Health and Human Services. All-terrain vehicle-related deaths. MMWR. 1999 ; 48 : 1-3.

NDLR. Ces véhicules sont de plus en plus utilisés dans le tourisme, pour aller toujours plus loin, plus vite, pour faire découvrir ce que le touriste le plus invétéré n'a pas encore vu. En zone tropicale, il faut rajouter à ces risques l'éventuel mauvais état des véhicules, l'absence de formation réglementaire des conducteurs, la recherche immodérée d'émotions fortes. Dans certains "tours", on prête ou loue ce type de véhicules aux touristes: pas de formation, véhicule et terrain inconnus: danger extrême.