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Mai 2012

Pathologies des enfants voyageurs

  Parmi les 50 millions annuels de voyageurs issus des pays industrialisés vers la zone tropicale et subtropicale, on dénombre 2 millions de mineurs.

  Le réseau Geosentinel a permis le recensement de 1.591 enfants touristes rentrés malades de 218 destinations: Asie, Afrique sub-Saharienne et Amérique Latine pour la plupart.
   Par rapport aux adultes, de manière très significative, les enfants étaient beaucoup plus hospitalisés dans les 7 jours suivant le retour, avaient eu un déficit de prise en charge préventive, et avaient voyagé pour visiter des amis ou parents.
 
 L’essentiel des pathologies: diarrhée (28%), problèmes dermatologiques (25%), maladie fébrile (23%), troubles respiratoires (11%). Aucun décès.
   La destination favorisait certaines pathologies: diarrhée, Afrique du Nord et Moyen-Orient; problèmes dermatologiques, Amérique Latine; fièvre, Afrique sub-Saharienne et Asie; troubles respiratoires, Europe et Amérique du Nord (1).
  L’université de Munich a, de son côté, étudié 890 voyageurs de moins de 20 ans revenus malades. La diarrhée était prédominante (25%, particulièrement dans la tranche 0-4 ans), suivie par les problèmes dermatologiques (21%), maladies fébriles (20%), troubles respiratoires (8%). (classement quasi identique entre les deux études Ndlr).
  Les dix maladies infectieuses les plus fréquentes étaient: giardiase (8%), bilharziose (4%), surinfection de piqûres d’insectes (4%), infection à S. enteritidis (4%), larva migrans cutanée (3%), amibiase (3%), dengue (2%), MNI (2%) et paludisme (2%).
  Toutes maladies confondues, la destination Afrique sub-Saharienne apparaît la plus à risque (2).

(1) HAGMANN S et al. Illness in children after international travel: analysis from the Geosentinel Surveillance Network. Pediatrics 2 - 010; 125; e 1072-80. (2) HERBINGER KH et al. Spectrum of imported infectious diseases among children and adolescents returning from the tropics and subtropics. J Travel Med 2 - 012; 19: 150-7.

Un risque de ne pas voyager

  Dans l’étude nationale ENNS (2006-7), la vitaminémie D (25(OH)D) a été dosée chez 1.587 adultes ne prenant pas de traitement médicamenteux à base de vitamine D.
  La concentration moyenne était de 23,0 ng/ml (22,3-23,6) ; 80,1% (77,0-82,8) présentaient une insuffisance (<30 ng/ml), 42,5% (39,1-45,9) un déficit modéré à sévère (<20 ng/ml), et 4,8% (3,6-6,3) un déficit sévère (<10 ng/ml).
  Le risque de déficit modéré à sévère était associé au fait d’être né hors d’Europe (OR=2,1, p<0,02), de ne pas partir en vacances (OR=1,7, p<0, - 01), d’avoir un niveau d’activité physique bas (OR=1,9, p<0, - 01), d’être sédentaire (OR=1,6, p<0, - 01) et de résider dans une zone à faible ensoleillement (OR=2,7, p<0, - 01). Le risque de déficit sévère était associé au fait d’être né hors d’Europe (OR=10,7, p<10-3), de vivre seul (OR=2,8, p<10-3) et de ne pas partir en vacances (OR=4,6, p<10-3).

VERNAY M et al. Statut en vitamine D de la population adulte en France : l’Étude nationale nutrition santé (ENNS, 2006-2007). BEH 2 - 012 ; 16-17 : 189-194.

NDLR. Conclusion: partez aussi souvent que possible en vacances dans des zones ensoleillées, en couple si possible, et amusez-vous avec toutes les activités physiques disponibles ! Ceci pose le problème de la protection solaire maximaliste (« soleil=ennemi ») dont les très nombreux tenants devraient assouplir leur position.

Paludisme vs grippe

  Parmi les nombreux algorithmes qui existent pour définir les cas de grippe, les auteurs ont retenu le référentiel UKpH1N1/09. Ils l’ont appliqué à deux groupes de sujets.
- Ceux exposés à la grippe. Valeur prédictive positive 0,38 (95%CI 0,06-0,60), négative 0,27 (0,02-0,51).
- Ceux exposés au paludisme à P. falciparum. Sur les 11 sujets, 8 auraient abouti au diagnostic de grippe. La seule différence était l’absence de toux et de symptômes nasaux, éléments néanmoins non suffisants pour faire sortir ces sujets du diagnostic de grippe.

LILLIE PJ et al. Distinguishing malaria and influenza: early clinical features in controlled human experimental infection studies. Travel Med Infect Dis 2 - 012 Apr 22 (Epub ahead of print).

NDLR. Les auteurs concluent: “catastrophic misdiagnosis of a life-threatening infection”. Il est donc vital de rester sur nos vieux concepts: interrogatoire “géographique” systématique devant toute fièvre, et diagnostic de paludisme a priori chez tout patient qui a voyagé en zone impaludée par P. falciparum pendant au moins les trois derniers mois.

Pathologies des voyageurs âges

  Gigantesque étude du réseau Geosentinel. Comparaison de 7.034 voyageurs de plus de 60 ans avec 56 042 âgés de 18 à 45 ans, tous revenus malades d’un voyage international.
Les voyageurs âgés sont globalement plus fréquemment

malades; en particulier ils souffrent plus d’infections respiratoires basses, mal aigu des montagnes, phlébites et embolies pulmonaires, piqûres d’arthropodes, paludisme grave, rickettsioses, ulcères gastriques, oesophagite et reflux, infections urinaires, problèmes cardiaques, blessures et autres traumatismes ; et ils sont plus nombreux à mourir.
  En revanche, ils présentent moins que les jeunes de diarrhées aiguës, infections respiratoires hautes, infections « virales », paludisme, dengue, IST.

GAUTRET P. et al. Travel-associated illness in older adults (>60 y). J Travel Med 2 - 012; 19; 169-177.