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Mai 2011

 

Fréquence de la dengue chez les voyageurs

Les auteurs, néerlandais, ont étudié de manière prospective 1 207 adultes voyageurs de courte durée vers des zones où la dengue est endémique. Ils se sont prêtés à des dosages sanguins des anticorps anti DENV avant et après leur voyage.
Une séroconversion est survenue chez 14 d’entre eux (1,2%). Cinq de ces 14 voyageurs développèrent une dengue clinique. Le taux d’incidence s’établit à 14,6 p. 1000 personnes-mois. Ce taux est significativement plus élevé en cas de voyage en périodes pluvieuses.
Le risque d’infection par le virus de la dengue chez les voyageurs de courte durée est «substantial».

BAATEN GG et al. Travel-related dengue virus infection, the Netherlands, 2006-2007. Emerg Infect Dis 2 - 011; 17: 821-8.

NDLR. Notons que cette étude –difficile à réaliser- a été conduite en 2006-7, c’est-à-dire au début de l’explosion mondiale massive de la dengue.

Notons également qu’une étude rétrospective de cohorte a montré que le nombre d’hospitalisation pour dengue, aux Etats-Unis, a plus que triplé entre 2000 et 2007 (p<0,00 - 01)

STREIT JA et al. Upward Trend in dengue incidence among hospitalized patient, United States. EID J Home 17


Paludisme importé sévère: facteurs de risque

La plupart des études, dans tous les pays d’importation, portent sur moins de 200 patients, si bien qu’aucune ne dégage des facteurs de risque statistiquement significatifs. Les auteurs, français, ont mené une étude rétrospective à partir des données du réseau national du paludisme (1996-2003) et ont ainsi pu colliger 21 888 cas. Parmi eux-ci, 832 présentaient un paludisme grave. La létalité globale fut de 0,4%.
Les facteurs de risque de sévérité identifiés furent : âge élevé, origine européenne, voyage en Afrique de l’Est, absence de chimioprophylaxie, consultation initiale d’un médecin généraliste (désolés, Confrères, nous n’y sommes pour rien ; d’ailleurs, à cette époque, VISA était moins lu qu’aujourd’hui Ndlr), diagnostic porté entre 4 et 12 jours, et démarche diagnostique faite pendant l’hiver.

SERINGE E et al. Severe imported Plasmodium falciparum malaria, France, 1996-2003. Emerg Infect Dis 2 - 011 ; 17 : 807-13.

Paludisme importé sévère: traitement

Plusieurs essais cliniques menés en Asie du Sud-Est ont montré que le traitement par artésunate IV améliorait très significativement la survie des patients atteints de paludisme grave, en particulier ceux à parasitémie élevée.
Cette amélioration de la survie peut-elle concerner les voyageurs à leur retour en Europe ' C’est ce qu’ont cherché à savoir les auteurs par l’étude rétrospective de 25 voyageurs gravement impaludé au retour de diverses destinations, et ayant été traité par artésunate. Mortalité nulle. Une hémolyse survint chez 6 d’entre eux, alors même que la parasitémie avait été réduite : ces patients avaient reçu une dose d’artésunate plus élevée que les autres.
Les auteurs concluent que l’artésunate IV pourrait être utilisée, sans doute avec bénéfice, à la place de la quinine IV. D’autant que la quinine n’est pas dépourvue d’effets secondaires parfois graves (cardiotoxicité, hypoTA, cinchonisme…).

ZOLLER T et al. Intravenous artesunate for severe malaria in travelers, Europe. EID J Home 2 - 011; 17 (e-pub).

NDLR. L’artésunate IV est recommandé par l’OMS comme le traitement de première intention du paludisme grave. Malheureusement ce médicament, fabriqué généralement en Asie, ne passe pas, dans sa forme IV, les normes européennes des bonnes pratiques de fabrication. A notre avis, ce n’est pas demain qu’une industrie pharmaceutique se lancera à la conquête d’un marché aussi microscopique.

Eosinophilie, à quoi bon '

Les auteurs ont évalué, de manière prospective, la survenue de signes cliniques et paracliniques de bilharziose, d’anguillulose, de filariose et de toxocarose chez des voyageurs de courte durée revenant de zones de forte présence d’helminthes. Ils ont alors chiffré l’éosinophilie sanguine chez les patients contaminés. Tous les sujets avaient bénéficié des sérologiques respectives et de la mesure de l’éosinophilie avant leur voyage.
Sur les 1 207 voyageurs, 112 avaient une infection antérieure: 2,7% (bilharziose), 2,4% (anguillulose), 3,4% (filariose), 0,08% (toxocarose), avec un taux d’incidence respectif de 6,4, 3,2, 1,1 et 1,1 p. 1000 personnes-mois. Chez ces sujets, une hyperéosinophilie était présente dans 15% des cas. Pour les sujets néo-infestés, aucune hyperéosinophilie ne fut constatée.
Les auteurs, eux-mêmes surpris de ces résultats, dans une étude pourtant bien menée, suggèrent que celle-ci soit répétée sur de plus larges cohortes.

BAATEN GG et al. Travel-related schistosomiasis, strongyloidiasis, filariasis and toxocariasis: the risk of infection and the diagnosis relevance of blood eosinophilia. BMC Infect Dis 2 - 011; 11: 84.

NDLR. Etude effectivement surprenante. On peut admettre l’absence d’hyperéosinophilie immédiatement après infestation par des maladies d’accumulation ou liées à certains parasites à fort tropisme tissulaire profond, à une maladie comme l’anguillulose dont la variabilité du taux d’éosinophiles est bien connue. Mais le comptage des éosinophiles, à notre avis, ne doit pas être remis en question sur cette seule étude.