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Mai 2009

Secouristes: au secours !

Pendant l'été 2008, 35 vacanciers ont fait un choc anaphylactique sur les plages de Crête. Les principales causes étaient les piqûres d'hyménoptères, les envenimations par méduses et l'allergie alimentaire. Les auteurs ont voulu savoir si les maîtres nageurs sauveteurs avaient les connaissances et le moyens nécessaires pour faire face à ces urgences vitales.
Furent recrutés 50 sauveteurs titulaires ; ils durent remplir un questionnaire standardisé. La première question demandait de définir pratiquement l'anaphylaxie : 20% échouèrent totalement. Aucun ne savait que le traitement de première intention des formes graves (choc) reposait sur l'adrénaline ; pour 60% d'entre eux, le traitement devait reposer sur les seuls corticostéroïdes. De toutes façons aucun ne possédait ces produits dans sa trousse de premiers soins.

KARATZANIS A D et al. Anaphylactic reactions on the beach. A cause for concern ' J travel Med 200916 : 84-87.

Vaccination rabique préventive et voyageurs tropicaux

La pratique de la vaccination rabique chez les voyageurs tropicaux a du mal à décoller. Le vaccin est pourtant parfaitement toléré, n'ayant vraiment plus rien à voir avec celui, héroïque, qui sauva Joseph Meister. Une petite étude marseillaise apporte quelques pistes (NDLR).
Les candidats à un voyage tropical (n=300) ayant consulté au CVI de l'Hôpital Nord ont rempli un questionnaire visant à quantifier leurs connaissances du risque rabique.
Bien que se rendant dans des pays objectivement à haut risque, 40,1% des voyageurs considéraient leur destination comme « à risque faible ou modéré ». Si la contamination par morsure de chien était largement connue, celle par d'autres animaux était rarement rapportée : chats (23,7%), renards (28,3%), singes (10,3%), chauves-souris (5,0%). La transmission par morsure était avérée, mais pas celles liées au léchage sur peau lésée ou souillure salivaire des muqueuses (10,0%), ou par griffure (0,7%). Pire, le lavage immédiat, ne serait-ce qu'au savon (de leur ville), n'était mentionné que par 3,0% des sujets.
De toutes façons, 57,6% des candidats au voyage se présentèrent au CVI beaucoup trop tard pour envisager la vaccination rabique.

ALTMANN M et al. Knowledge, attitudes, and practices of Franch travellers from Marseille regarding rabies risk and prevention. J Travel Med 2009; 16: 107-111.

Asie sud-est, routards et paludisme

Les auteurs ont interrogé 434 routards (backpackers) qui, à partir de Bangkok, se préparaient à faire la route dans des zones impaludées du sud-est asiatique. La moyenne d'âge était de 25 ans, avec 55% de sujets masculins.
La quasi-totalité des routards (94%) étaient conscients du risque de paludisme, et 92% savaient parfaitement que la malaria est une maladie grave et potentiellement mortelle. Mais seulement 22% d'entre eux avaient décidé de prendre une chimioprophylaxie, et 33% de mettre en 'uvre des mesures personnelles de protection contre les piqûres nocturnes de moustiques. En bref, 40% n'auraient aucune prévention anti-paludique.
Nonchalance, croyance que son sort est déterminé par son karma personnel, que la sérénité et la méditation mettent à l'abri des maladies ' Sans doute, mais pas seulement : en effet 35% des routards pensaient que la paludisme était lié à une nourriture contaminée !

PIYAPHANEE W et al. Knowledge, attitudes, and practices among foreign backpackers toward malaria risk in Southeast Asia. J Travel Med 2009; 16: 1 - 01-6.