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Juin 2004

Pneumopathies des voyageurs

L'équipe d'Eric Caumes (Pitié Salpêtrière, Paris) a eu la bonne idée d'étudier l'étiologie des pneumopathies survenues au retour de voyages pendant un an. Furent ainsi inclus dans cette étude 17 patients (9 hommes, 8 femmes ; âge moyen 44 ans). Chez 13 d'entre eux, l'agent infectieux fut identifié : pneumocoque (n=2), Mycoplasma pneumoniae (2), légionelle (1), Coxiella burnetti (1), leptospire (1), BK (3) ; histoplasmose (1), schistosomiase (1), dengue (1).

ANSART S et coll. Pneumonia among travelers returning from abraod. J Travel Med 2004 ; 11 : 87-91.

NDLR. Cette étude, bien petite, a néanmoins le mérite d'être une des premières à s'intéresser à ce sujet. Il serait pertinent qu'elle soit l'embryon d'une enquête multicentrique prospective. Car le problème est d'importance : lorsqu'une grippe aviaire ou un SRAS débarquera, il sera vital de pouvoir le situer dans ce vaste champ épidémiologique de l'infection respiratoire basse du voyageur.

Prévalence de la dengue à Singapour

La dengue est très présente en Asie du Sud, même dans la ville-Etat de Singapour. Les auteurs ont voulu quantifier ce poids épidémiologique en réalisant des titrages d'anticorps (PanBio Dengue) dans la population générale, ce qui n'a qui n'a quasiment jamais été réalisé sur le continent asiatique.

L'âge 298 sujets testés avaient un âge compris entre 18 et 45 ans. Résultat : 133 sujets (45%) étaient porteurs d'anticorps. L'odds ratio augmentait de 4,3 par décennie d'âge. La dengue est un problème constant et permanent à Singapour, même si les habitants vivent et travaillent dans des buildings climatisés.

WILDER-SMITH A et coll. Seroepidemiology of dengue in the adult population of Singapore. Trop Med Int Health 2004; 9: 305-8.

Alcool et diarrhée du voyageur

Problème intéressant, complexe et trop peu étudié. Les auteurs ont suivi 171 étudiants nord-américains lors d'un stage d'été de 2 mois à Guadalajara, Mexique, notant leur consommation alcoolique et leur nombre de selles non moulées quotidiennes.

Résultats : Seulement 13 sujets étaient totalement abstinents. Les autres furent classés en buveurs modérés (1 à 5 verres/j) et excessifs (>5,1 verres/j). Les hommes étaient plus présents dans cette dernière catégorie que les femmes (p<0,0 - 01).
La fréquence de la diarrhée, pour l'ensemble du séjour, fut de 53% chez les buveurs modérés, de 79% chez les excessifs.
Chez ces derniers, il y avait aussi des femmes, mais qui, à consommation équivalente, souffraient beaucoup moins de diarrhées que les hommes (p=0, - 01).

HUANG D B et coll. United States male students who heavily consume alcohol in Mexico are at greater risk of travelers' diarrhea than their female counterparts. J Travel Med 2004; 11: 143-7.

NDLR. Cette étude met le doigt sur un problème évident mais non encore résolu: on accouple en effet trop vite le mot 'gastro-entérite' aux mots « voyage, tropique, colibacille, salmonelle, staphylocoque' ». Si bien qu'un touriste bien alcoolisé, et de ce fait diarrhéique se verra prescrire une fluoroquinolone !