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Juin 1999

Voyageurs négligents: un seul rappel DTP ne suffit pas

Il n'est pas rare que des voyageurs consultant dans un Centre de Vaccinations Internationales n'aient eu aucun rappel DTP depuis plus de 20 ans. Or ils partent très bientôt. Les auteurs zurichois ont étudié 40 de ces voyageurs indisciplinés pour déterminer quel était l'effet d'un seul rappel DTP. Un titrage des anticorps fut fait 4 à 8 semaines après ce simple rappel.

Le taux protecteur d'anticorps fut atteint dans 100% des cas pour le tétanos, dans 85% des cas pour la diphtérie et dans 65% des cas pour l'ensemble des trois sérotypes de la polio.

SCHARER M. et coll. Diphtheria, tetanus and polio boostering after a prolonged interval of more than 20 years. 6th Conference of the International Society of Travel Medicine. June 6-10, Montréal, Canada.

NDLR. Chez les voyageurs, on est le plus souvent dans l'impossibilité de procéder à deux injections à un mois d'intervalle, comme il conviendrait de le faire chez ceux qui ont oublié leurs rappels pendant 20 ans ou plus. Ils ne partiront ainsi au mieux qu'avec un seul rappel, ce qui est donc insuffisant pour la diphtérie et la polio. La seule solution est ainsi de convaincre la population générale -et leurs médecins- de procéder aux rappels décennaux recommandés dans la plupart des pays industrialisés.

Grâce à la vaccination, hépatite A et typhoïde en baisse chez les voyageurs anglais

Les auteurs ont étudié l'évolution sur 5 ans des cas d'hépatite A et de typhoïde importés au Royaume Uni par les voyageurs internationaux. Cette morbidité a été rapportée à l'augmentation du nombre des voyageurs en zone d'endémie HA-Typh (+88%) puis comparée à l'évolution de la couverture vaccinale.

- Le nombre de cas d'hépatite A a chuté de 71% : la couverture vaccinale avait augmenté dans le même temps de 190%.

- Le nombre de cas de typhoïde a chuté de 51% : la couverture vaccinale avait augmenté dans le même temps de 86%.

Malgré l'augmentation des voyages à risque, une politique vaccinale soutenue a permis de diminuer considérablement les cas de typhoïde et d'hépatite A.

BEHRENS R.H. et coll. Travel trends ; malaria, typhoid and hepatitis A : morbidity and prophylaxis use against imported infections in the UK : the change between 1991 and 1996.6th Conference of the International Society of Travel Medicine. June 6-10, Montréal, Canada.

Pharmacovigilance de la Savarine®

C'est la première fois que l'on bénéficie de données sur l'association chloroquine-proguanil, la pharmacovigilance pouvant désormais porter sur un seul médicament contenant les deux principes actifs. Pour 532.000 patients traités (29.771.000 jours de traitement), 300 patients ont été signalés pour avoir souffert d'un ou plusieurs effets secondaires (0,056%). Effets secondaires classés comme "non sérieux" pour 266 patients : essentiellement gastroentérologiques et cutanés bénins. "Sérieux" chez 34 patients: la Commission nationale de Pharmacovigilance statuant sur l'imputabilité a reconnu comme probables polyradiculonévrite, HTA avec céphalées et vomissements, comme possibles deux toxidermies, un cas de fièvre avec diarrhée et thrombopénie, un cas de gingivorragie et purpura pétéchial avec thrombopénie. Les autres cas ont été considérés comme douteux.

FISCH A. et coll. Clinical experience and pharmacovigilance data with the use of Savarine® in France.6th Conference of the International Society of Travel Medicine. June 6-10, Montréal, Canada.

NDLR. Il y a certainement une sous-notification des effets secondaires bénins car, pendant la période couverte, les patients pouvaient acheter les antipaludiques sans ordonnance (sauf le Lariam®) ; d'autre part, le voyage, lié par essence à la prise de Savarine®, n'est guère favorable au signalement des effets indésirables. Pour les effets secondaires "sérieux", cette sous-déclaration est sans doute moindre, voire inexistante.