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Juillet 1997

Sexe et voyages internationaux

Les patients se présentant dans deux centres de MST de Glasgow ont fait l'objet d'une enquête systématique. 325 de ces patients avaient effectué un voyage international au cours des trois mois précédant leur MST : 112 femmes, 213 hommes, dont 28 homosexuels. 19,6% de ces femmes, 31% de ces hommes hétérosexuels, et 42% de ces homosexuels avaient eu effectivement un ou plusieurs rapports avec un nouveau partenaire dans le pays de destination. Plus de la moitié d'entre eux, tous confondus, avaient peu ou pas du tout utilisé de préservatifs. L'étude fait également ressortir que les voyageurs à titre professionnel sont particulièrement exposés aux MST et au SIDA. Les auteurs concluent à l'impérieuse nécessité d'une meilleure information des voyageurs internationaux.

Carter S. et al. The sexual behaviour of international travellers at two Glasgow GUM clinics. Int. J.Sp AIDS. 1997 ; 8 : 336-8.

Bonne tolérance des vaccins chez les voyageurs

Les auteurs allemands de cette étude ont analysé la tolérance de vaccins contre la fièvre jaune, la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, et la fièvre typhoïde, ainsi que leurs combinaisons, dans une cohorte prospective de 3.488 voyageurs internationaux. Le vaccin amaril est aussi bien toléré que les autres, contrairement à ce que peuvent imaginer les voyageurs ; mais son association à d'autres vaccins effectués le même jour produit un peu plus de réactions locales et générales. Mais quelles que soient les combinaisons vaccinales, l'âge, le sexe, les effets indésirables restent rares et bénins : aucun des 3.488 sujets n'ayant eu recours à une consultation médicale en raison de ces vaccinations.

Philipps. J. Side effects of travel vaccinations. Data collection via telephonesurvey in Berlin. Wiener Klinische Wochenschrift. 1997 ; 108 : 615-20.

Inquiétudes sur la bilharziose chez les voyageurs

- Des auteurs australiens ont étudié 360 voyageurs qui les avaient consultés avant un voyage au Malawi, Zimbabwe ou Botswana. Sur les 325 sujets inclus dans cette étude, 51% estimèrent avoir été exposés à une situation susceptible d'entraîner une contamination bilharzienne. Ces 117 sujets bénéficièrent d'une sérologie (immunoagglutination indirecte) : celle-ci se révéla positive, attestant selon les auteurs de l'infestation bilharzienne, chez 10 de ces voyageurs (8,5%). Les auteurs concluent que de nombreux Australiens voyageurs sont des bilharziens qui s'ignorent et qu'il conviendrait de dépister et traiter.

Hippgrave D.B. et al. Schistosomiasis in Australian travellers to Africa.Med. J. Australia. 1997 ; 166 : 294-7.

- Même plaidoyer de la part d'auteurs d'Irlande du nord qui s'étonnent que l'on ne porte pas plus d'attention à l'histoire géographique des patients, quel que soit leur motif de consultation : attitude qui leur a permis de dépister cinq cas de bilharziose en trois ans.

Ingram P.J. et al. Experience with schistosomiasis in Northern Ireland.Ulster Medical Journal. 1997 ; 65 : 123-5.

- Des auteurs allemands ont convoqué 62 voyageurs qui avaient contracté une bilharziose et ont analysé les circonstances de leur contamination. Le pays de contamination était africain dans 95% des cas, et majoritairement africain de l'ouest (45%). La plupart des patients avaient connaissance de l'existence de la bilharziose dans le pays qu'ils visitaient mais n'avaient pas d'idée précise sur les conduites à risque. Seule une petite minorité avait conscience de ce risque et l'avaient jugé inévitable. Les auteurs concluent à la nécessité d'une meilleure information des voyageurs allemands sur les risques liés aux contacts hydriques cutanés.

Jelinek T. et al. Epidemiology and clinical aspects of imported schistosomiasis.Medizinische Klinik. 1997 ; 92 : 7-12.

NDLR. Quels que soient l'intérêt scientifique, et le zèle méthodologique de ces auteurs allemands et anglo-saxons, il n'en demeure pas moins que la bilharziose ne constitue pas un enjeu de santé publique majeur pour les voyageurs tropicaux. Il ne faudrait pas, à notre avis, focaliser l'attention des voyageurs sur cette célèbre maladie au détriment de bien d'autres plus graves, moins émotionnelles et beaucoup plus fréquentes.

Survivre à un " crash " aérien

Les deux tiers des accidents d'avion surviennent lors du décollage ou de l'atterrissage. Pendant ces phases la vitesse de l'aéronef est réduite : de ce fait les auteurs américains de ce rapport concluent que l'on peut donc survivre, que l'on doit donc survivre. L'étude rétrospective analytique des accidents d'avion montre que 45% des passagers survivent à un " crash " ; bon nombre de passagers qui survivent au traumatisme meurent en fait du feu ou par asphyxie. Les auteurs s'interrogent également sur la place la plus sûre à l'intérieur de la cabine en cas d'accident. La queue est très souvent épargnée, mais soumise à de violents mouvements et chocs. Les auteurs disent préférer la partie située au-dessus des ailes, qui est semble-t-il la plus solide. Dans tous les cas la localisation la plus sûre est celle qui se trouve le plus près d'une porte de secours ; à charge de chacun de s'évacuer le plus rapidement possible après le " crash " en suivant les instructions des personnels de cabine.

Travel Health Information and Referral Service. Air travel and your health. Surviving the crash. Trav. Health Inf. 9 March 1997.