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Février 2008

Le paludisme à Mayotte

Entre janvier 2005 et décembre 2006, les médecins ont signalé les cas de paludisme répondant à la définition clinique et présentant un test antigénique positif. Les cas hospitalisés ont été également étudiés.

Ont été rapportés 996 cas, soit une incidence annuelle de 3,1 p.1000 habitants ; 81% des cas sont autochtones, 19% importés, principalement des autres îles des Comores ; 111 hospitalisations, un décès.

SOLET JL et coll. Situation épidémiologique du paludisme à Mayotte, France, en 2005 et 2006. BEH 2007 ; 48-49.

NDLR. Les données chiffrées du paludisme à Mayotte sont rares. Il s'agit d'un paludisme de zone 3, qui demeure un problème de santé publique, en légère diminution semble-t-il au cours de la dernière décennie. Mayotte est la seule île française dans laquelle le paludisme est encore présent.

Voyages, sexe, conseils

Les voyageurs (n=1907) s'étant rendus au CVI de l'Institut de Médecine tropicale d'Anvers ont reçu après leur voyage un questionnaire sur leur activité sexuelle et la prévention des IST ( - 01.06 à 31.08.2005).
Seulement 4,7% des voyageurs (taux de réponse : 55%) ont eu des rapports avec un nouveau partenaire, dont 36,9% avec des habitants du pays de destination (le reste avec leurs compagnons de voyage).
Les facteurs de risque de rapports sont : voyager sans son partenaire habituel (OR 14,4), souhaiter de tels rapports (9,2), avoir déjà des contacts intimes dans le pays (2,4), motif non touristique du voyage (2,2), sujet masculin (2,1).
L'absence d'usage systématique de préservatifs concernait 30,9% des sujets ; 41,0% n'étaient pas protégés contre l'hépatite B.

CROUGHS M et coll. Sexual risk behavior of travelers who consulted a pretravel clinic. J Travel Med 2008 ; 15 : 6-12.

NDLR. On peut certainement s'interroger sur l'efficacité de nos prestations préventives, en particulier sur l'insuffisance de vaccination contre l'hépatite B qui est une mesure simple, passive, définitive. Mais les auteurs notent que 52,4% des sujets n'avaient pas prévu ces rapports. Ceci plaide fortement pour la vaccination systématique des voyageurs se rendant en zone de forte prévalence de l'hépatite B.

L'hépatite E arrive '

Normalement l'hépatite E n'existe que dans les pays à basse hygiène fécale et chez les voyageurs qui s'y rendent. Sur une période de 13 mois, 13 cas d'hépatite E aiguë ont été identifiés dans un seul centre du sud du New Hampshire, Grande Bretagne. Il s'agissait d'adultes d'âge moyen et de sujets âgés, sans notion de voyage récent, n'ayant pas mangé de porc mal cuit ni fréquenté de cochons dans les deux mois précédents.
Les auteurs suggèrent, devant une hépatite autochtone, de ne plus limiter la recherche du virus HE aux seuls voyageurs mais de rendre celle-ci systématique, au même titre que les autres HA, HB, HC.

DE SILVA EN et coll. Unexpectedly high incidence of indigenous acute hepatitis E within South Hampshire : time for routine testing ' J Med Virol 2008 ; 80 : 283-8.

Encéphalite à tiques

Les auteurs ont tenté de colliger des faits objectifs sur cette maladie qu'ils jugent mal connue, tant par les médecins que par le grand public.
L'encéphalite à tiques est endémique dans 27 pays européens, où elle atteint au moins 13.000 sujets par an (10.000 hospitalisations) avec une létalité de 1-2%. Les chiffres sont incertains car la maladie est sous-diagnostiquée. De plus, des voyageurs de plus en plus nombreux se rendent dans ces zones d'endémie : voyages banals, intra-européens, que les patients ne signalent pas à leurs médecins. De nouveaux foyers sont en permanence identifiés, dans le nord de l'Europe en particulier, dès qu'on les recherche (et peut-être aussi en raison du réchauffement climatique).
Le pays au risque le plus élevé est l'Autriche, suivi de près par la Suisse ; mais après de vastes campagnes de vaccination, l'incidence a été réduite de sept fois en Autriche (chez les habitants ; le risque reste majeur chez les voyageurs non vaccinés). Les pays à la plus forte croissance sont la Tchéquie et l'Allemagne.

International Scientific Working Group on Tick-Borne Encephalitis, February 1st, 2008.

NDLR. Vacciner des voyageurs est sans doute une bonne intention, mais n'est pas aisée : première injection, deuxième 1-3 mois plus tard, troisième 5 à 12 mois plus tard. Pour qu'un touriste de printemps soit protégé, il faut commencer la vaccination en hiver.