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Février 2006

Hépatite A : quantification du risque

Le réseau de surveillance suisse a montré (1988-2004) une nette diminution du nombre de cas importés depuis la mise sur le marché des vaccins : -75%. Actuellement, le risque global est de 3 à 11 pour 100.000 voyageurs et par mois. Pour les voyageurs présumés non immunisés, il est de 6 à 28 p. 100.000 et par mois. Chez les voyageurs rendant visite à la famille ou des amis, on assiste à une augmentation relative du nombre de cas, surtout lorsqu'il y a avec eux des enfants : +28,2%.
De plus en plus souvent, enfin, l'infection est contractée dans des pays d'endémicité moyenne (Mexique, Turquie...), les destinations jugées les pires faisant l'objet d'une couverture vaccinale de plus en plus correcte.

MUTSCH M et coll. Hepatitis A virus infections in travelers, 1988-2004. Clin Infect Dis 2006 ; 42 : 490-7.

Allemagne, Egypte et hépatite A

Les auteurs ont fait le point sur l'énorme contamination de touristes européens qui survint en Egypte en août 2004. C'était un grand hôtel, comme les autres, sur la Mer Rouge. L'enquête cas-témoins démontra très vite que c'étaient les jus de fruits qui étaient contaminateurs. Les auteurs tentèrent de contacter tous les clients, originaires de 8 pays européens ! Ils purent identifier 351 cas : 271 (et 7 cas secondaires) en Allemagne, 60 (et 13 secondaires) éparpillés dans le reste de l'Europe.
Or la population allemande fréquentant l'hôtel était bien inférieure à celle d'autres pays, Hollande et Autriche en particulier. Les auteurs concluent que l'information sur l'hépatite A et sa vaccination sont bien inférieures à celle véhiculée dans les autres pays d'Europe et que, encore une fois, les pays d'endémicité intermédiaire sont négligés.

WARD M et coll. Hepatitis A vaccination policy for travellers to Egypt in eight European cointries, 2004. Eurosurveillance 2006; 11(1).

Mouchard à méfloquine

Des paludismes se déclarent régulièrement au retour de zones dans lesquelles la résistance à la méfloquine (Lariam®) n'existe pas et chez des voyageurs à qui on a dûment prescrit ce produit. Les auteurs ont voulu savoir quelle était la part de la mauvaise observance. Ils ont ainsi remis à des voyageurs leur Lariam dans des piluliers électroniques (MEMS) qui gardent en mémoire le jour et l'heure de toutes les ouvertures.
Résultats. Seulement 28 voyageurs sur 81 (32,1%) ont eu une observance parfaite ; 19 (23,5%) ont pris les comprimés à un jour près ; 8 (9,9%) ont pris tous les comprimés mais n'importe comment, de façon que les auteurs qualifient d'aléatoire ; les 20 derniers 24,7%) ont raté des prises, principalement après leur retour. Les auteurs avaient parallèlement procédé à une enquête par questionnaire au retour : d'après celui-ci, 48,0% des sujets auraient été considérés comme parfaitement observants, alors que le pilulier n'en recensait que 32,1%.
Il convient donc à l'avenir de se méfier des études par questionnaire.

LANDRY P et coll. Do travelers really take their mefloquine malaria chemoprophylaxis ' J Travel Med 2006; 13: 8-14.

Grossesse et voyages aériens

Il est écrit un peu partout que les voyages aériens n'interfèrent avec sur une grossesse normale. Comme cela ne repose pas sur des preuves, les auteurs ont mené une étude rétrospective cas-témoins chez 992 parturientes.
Le premier groupe était composé de 546 femmes (55%), primipares pour 57%, et ayant effectué au moins un vol aérien pendant leur grossesse. Dans le second, 447 femmes (45%), primipares pour 54%, n'ayant pas pris l'avion.
Il apparaît dans le premier groupe un risque d'accouchement prématuré : 34 vs 37 semaines (OR 1,5, IC 1,2-1,8) ; ce risque persiste en analyse multivariée. Le poids de naissance est significativement plus bas dans le premier groupe : 2.684 g vs 3.481.
Conclusion : ce problème est suffisamment important pour justifier maintenant de larges études multicentriques.

CHIBBER R et coll. Adverse outcome of pregnancy following air travel : a myth or a concern ' Aust N Z J Obstet Gynaecol 2006; 46: 24-8.

Dengue : facteurs précoces de gravité

On ne sait pas très bien, en dehors des cas flagrants de gravité immédiate, hémorragique en particulier, comment orienter un patient chez qui on vient de faire le diagnostic de dengue : retour à domicile, hospitalisation simple, réanimation '
Les auteurs ont étudié 891 patients consultant aux urgences de l'hôpital universitaire de Santader (Colombie). Les résultats suivants proviennent d'études multivariées et peuvent être considérés comme autant de facteurs précoces de gravité évolutive de la dengue.
- Existence de vomissements (OR 1,98 ; p=0,00 - 01)
- Gingivorragies (OR 1,55; p=0, - 01)
- Epistaxis (OR 1,78; p=0,0 - 01)
- Hépatomégalie (OR 2,56; p<0,00 - 01)
- Hématurie microscopique (0R 2,33 ; p=0,002)
- Rash cutané (OR 1,36 ; p=0,02).
Les patients qui présentent à l'entrée un ou plusieurs de ces signes doivent être hospitalisés en réanimation ou, au minimum, en unité de soins intensifs.

Diaz-Quijano F A et coll. Early indicators of severity in dengue virus infection. Enferm Infect Microbiol Clin 2005; 23: 529-32.