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Février 2002

Connaissance du paludisme chez les voyageurs français

Le centre de vaccination antiamarile de Brest a mené une enquête visant à déterminer la perception de ses voyageurs consultants sur le paludisme. Ils furent 641 à être interrogés, les réponses sont les suivantes:

- Transmission du paludisme. Moustique: 77,8%; mais les mouches interviennent dans 6,1% des cas et l'eau dans 8,4%; les autres avouent qu'ils ne savent pas.
- Clinique. La fièvre n'est citée qu'à hauteur de 57,9%.
- Gravité. Elle est inconnue par 12,0% et niée par 2,7% des sujets.
- Prophylaxie. Pour près de 40%, la notion de chimioprophylaxie n'est pas citée ; pour 6,4% des sujets, la prévention du paludisme repose sur le vaccin !

NICOLAS X. et coll. Le paludisme, un mythe ou réalité pour le voyageur.
Presse Méd. 20 - 01 ; 30: 1880-1.

NDLR. Et pourtant ce type d'étude, menée sur des sujets faisant une démarche de consultation, comporte un biais de sélection. Quels seraient les résultats d'une telle enquête chez tous les voyageurs qui ne consultent pas '..

Vaccin méningococcique A+C du voyageur adulte

En dehors du cas particulier des pèlerins de La Mecque (vaccin ACYW135), c'est le vaccin A+C qui est recommandé aux voyageurs tropicaux; la recommandation officielle (BEH 20 - 01; 28) concerne "les jeunes adultes et les enfants à partir de 18 mois, en cas de séjour prolongé, en cas de forte promiscuité et en période épidémique". Cette tranche d'âge peut-être remise en question, notamment sa limite supérieure. Si au-delà de 25-30 ans le risque diminue, il ne disparaît pas: en effet 25% des souches adressées en 2000 au CNRM concernaient des patients de plus de 25 ans. Les militaires ne reconnaissent pas de limite d'âge supérieure à la vaccination appliquée à leurs expatriés et à leur famille.

REY M. La vaccination anti-méningococcique des voyageurs.
Quelles indications raisonnables aujourd'hui. Lettre SMV 20 - 01 ; 4 : 7.

NDLR. En sus des militaires, on pourrait ajouter les personnels de santé et entourages contacts de patients, à qui on recommande officiellement une chimioprophylaxie quel que soit leur âge. Sur quel fait scientifique repose aujourd'hui cette vieille notion qui voudrait que, lorsqu'on est vieux, on soit protégé contre la méningococcie '

Boire ou naviguer

La navigation de plaisance connaît un essor constant: ses accidents également. Pour déterminer si l'alcool jouait ici un rôle, comme dans les autres moyens de transports, les auteurs ont mené une étude cas-témoins: ils ont mesuré les alcoolémies de

plaisanciers décédés en mer (n=221) et de plaisanciers revenus vivants (n=3943).
Dès le taux d'alcoolémie de 0,1 g/l, un risque statistique létal apparaît (OR: 1,3). Cet odds ratio passe à 52,4 pour une alcoolémie de 2,5 g/l.

SMITH G.S. et coll. Drinking and recreational boating fatalities.
JAMA 20 - 01 ; 286 : 2974-80.

Le bon Samaritain en avion

La Medical Defence Union nous donne quelques conseils au cas où nous serions amenés à donner des soins d'urgence, loin de notre lieu d'exercice. La crainte de ne pas être couvert par son administration ou par son assurance obsède de nombreux confrères anglo-saxons et inciterait certains à ne pas révéler leur qualité de médecin. Ci-après quelques conseils pour d'éventuelles interventions lors d'un voyage aérien:

- Comme pour tout acte clinique, une observation en bonne et due forme doit être prise.
- Les coordonnées du médecin intervenant doivent être remises au personnel de bord autorisé, le commandant de bord si possible.
- Dans tous les cas le secret médical doit être préservé.
- Attention aux récentes mesures de sécurité qui peuvent interférer avec l'embarquement de bistouris, aiguilles etc: demander une autorisation au plus tard la veille du départ.
- Si un confrère a priori plus qualifié se propose d'intervenir, lui laisser la place et se mettre en position d'assistant.
- Si le praticien a bu quelques verres de trop (cas très fréquent en vol), qu'il garde suffisamment de lucidité pour déterminer s'il est encore capable d'intervenir !'
Enfin, quoi qu'il arrive, ne pas s'attendre a priori à une quelconque rémunération ou gratification de la part de la compagnie aérienne.

KIRKPATRICK A. Good Samaritan acts. BMJ 2002; 324: 29S.