News

Décembre 2012

Du danger d’être piéton ou piétonne

En voyage, la traumatologie est la première cause de morbidité, de mortalité et de rapatriement sanitaire. Et en voyage, on marche beaucoup. Résultats d’une étude américaine (NDLR).

Sur les 1,2 million de décès mondiaux annuels de la voie publique, les piétons comptent pour un tiers (« marchez, c’est bon pour la santé » qu’ils disaient… Ndlr). Les hommes sont sur-représentés par rapport aux femmes. Les chiffres fournis par l’US Fatality Analysis Reporting System ont été analysés sur une période de deux ans (2008-9), à partir de l’âge de 5 ans.

Le taux de mortalité personne-année est 2,3 fois plus élevé chez l’homme que chez la femme. Il se décompose comme suit. 0,995 pour la marche simple, 1,191 pour le risque de collision avec un véhicule, 1,976 pour le décès; soit une contribution relative respectivement de 1%, 20% et 79%. L’excès de mortalité masculine est lié à une très nette prédominance des décès par collision, les deux autres postes étant identiques chez l’homme et la femme.

ZHU M et al. Why more male pedestrians die in vehicule-pedestrian collisions than female pedestrians: a decompositionnal analysis. Inj Prev 2 - 012 Nov 29 (Epub ahead of print).

Voyages et risques d’IST

Le réseau mondial GeoSentinel a analysé les dossiers médicaux de 112.180 voyageurs malades (64.335 au retour, 38.287 pendant le voyage, et 9.558 immigrants; juin 1996-nov 2 - 010). La morbidité proportionnelle IST a été calculée dans chacun des trois groupes et l’analyse en régression logistique a permis d’évaluer l’association entre IST et variables démographiques, géographiques et de voyages.

Sur l’ensemble des voyageurs malades, le diagnostic d’IST fut porté chez 974 d’entre eux (0,9%) –10 - 01 IST diagnostiquées. La morbidité proportionnelle était, dans les trois groupes, respectivement, de 6,6, 10,2 et 16,8 p. 1000.
- Chez les patients au retour de voyage: 30,2% d’urétrites non gonococciques et 27,6%  d’infection VIH aiguë.
- Chez les patients pendant le voyage: 21,1% d’urétrites non gonococciques, 15,2% d’épididymites, 12,3% de cervicites.
- Chez les immigrants: 67,8% de syphilis.

Pour les patients diagnostiqués au retour de voyage, association significative avec: sexe masculin, visite à des amis ou parents, durée du séjour de moins d’un mois, absence de consultation pré-voyage. Les auteurs invitent ces voyageurs à consulter prioritairement et de manière systématique à leur retour.

MATTEELI A et al. Travel-associated sexually transmitted infections : an observational cross-sectional study of the GeoSentinel surveillance database. Lancet Infect Dis 2 - 012 Nov 22 (Epub ahead of print).

Ce n’était pas une candidose buccale

Patiente afro-américaine de 26 ans, sans antécédents ni voyage hors des Etats-Unis; est traitée pour une candidose buccale, sans succès. Elle se plaint de taches blanches « qui bougent ». Les médecins sont dubitatifs. La patiente prend alors avec son téléphone cellulaire une succession de photos convaincante. On distingue même une lésion serpigineuse. Son excision permet d’extraire un ver de 3 cm: Gongylonema pulchrum. Ce nématode infeste habituellement les gésiers des oiseaux ou les panses des ruminants. L’homme peut se contaminer par ingestion d’eau souillée ou par ingestion accidentelle d’un insecte (bousier, coléoptère coprophage ou blatte). Chez la patiente, un test de sensibilisation s’est révélé positif aux antigènes de blatte.

AYALA M A et al. Gongylonema: a parasitic nematode of the oral cavity. Arch Oyolaryngol Head Nec 2 - 012; 138: 1082-4.

NDLR. Cette patiente a échappé de peu à une prise en charge psychiatrique, grâce à son téléphone.

PALU PNC PNT US INTERNATIONAL KO

Quoi de pire scénario de film catastrophe que celui d’un pilote de ligne en accès palustre quand le copilote commence à alterner frissons chaleur et sueurs ! (Ndlr).

En 2 - 010, cinq accès palustres se déclenchèrent en vol chez des personnels de bord de la compagnie américaine Airline A. Les auteurs ont interrogé 217 pilotes (P) et 220 hôtesses et stewards (PNC) de la compagnie sur leur connaissance du paludisme. Ceux-ci savaient que les médicaments antipaludiques existaient et connaissaient leur utilité préventive (91% PNC, 95% P); de même pour les répulsifs cutanés (96% PNC, 96% P).

Sur les destinations « malaria intense », une chimioprophylaxie était prise par 40% des pilotes, 4% des PNC. La plupart passaient plus de 30 minutes à l’air libre après le coucher du soleil (71% PNC, 66% P). Mais moins de la moitié d’entre eux utilisaient des répulsifs (46% PNC, 47% P). Beaucoup ne savaient pas du tout comment se procurer des médications antipaludiques (52% PNC, 30% P); idem pour les mesures personnelles de protection anti-vectorielle.

SELENT M et al. Malaria Prevention Knowledge, Attitudes, and Practices (KAP) Among International Flying Pilots and Flight Attendants of a US Commercial Airline. J Travel Med 2 - 012; 19: 366-72.

Voir Venise et…

Le 1er juillet 2 - 011, deux touristes australiens (H) de 25 et 26 ans, sans antécédents particuliers, sont admis aux Urgences de l’hôpital Careggi à Florence. Depuis une semaine ils se plaignent de fièvre, myalgies, nausées, vomissements et diarrhée. A l’examen, identique pour les deux patients: ictère, hyperhémie conjonctivale, sensibilité musculaire. Insuffisance rénale et désordres hépatiques. ECG, échographie abdominale, RX thorax normaux.

Reprise de l’interrogatoire. Les deux patients étaient en camping à Venise: souffrant de la chaleur, ils s’étaient baignés deux semaines plus tôt dans un canal de la ville (pont de Rialto); ils n’ont pas absorbé d’eau et ne présentaient aucune lésion cutanée. Diagnostic (PCR): leptospirose à L. icterohaemorrhagiae et L. copenhageni. Après deux semaines, les touristes quittaient l’hôpital.

LAGI F et al. Leptospirosis Acquired by Tourists in Venice, Italy. J Travel Med. Dec 2 - 012 (Epub ahead of print).