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Décembre 2010

Hadj et vaccination dTP
 
Les pèlerins français se rendant chaque année à la Mecque sont au nombre de 35 000, pèlerinage qui attire 3,2 millions de fidèles. Immense brassage de la population mondiale, pratiques particulières, traumatismes et plaies très fréquents etc (Ndlr).
Les auteurs ont étudié 580 pèlerins qui s’étaient rendus dans un centre marseillais pour y chercher l’obligatoire vaccin méningococcique ACYW135. Etaient dûment vaccinés contre le tétanos 18,9% d’entre eux, 14,7% contre la diphtérie et 15,0% contre la poliomyélite.
L’appartenance à des catégories socio-professionnelles inférieures, les difficultés linguistiques, les croyances culturelles et religieuses (fatalité, accès direct au paradis en cas de décès sur les sites saints…Ndlr) font de ces pèlerins un groupe à haut risque de maladies pourtant évitables par une vaccination simple faisant partie du calendrier vaccinal de base français.

GAUTRET P et al. Determinants of tetanus, diphtheria and poliomyelitis vaccinations among Hajj pilgrims, Marseille, France. Eur J Public Health. 2 - 010; 20; 438-42.

Typhoïde autochtone

Le 10 juin 2009, le Centre national de référence (CNR) des Salmonella identifiait deux souches de S. Typhi provenant d’Ille-et-Vilaine et présentant un profil de résistance aux antibiotiques spécifique de souches d’Afrique Noire. Les patients atteints de fièvre typhoïde n’avaient pas voyagé mais avaient participé à un même repas festif africain le 28 mars. Un troisième cas sera considéré comme probable.
La consommation de poulet (p=0,02) et de tiep (p=0, - 01) est incriminée; tous les ingrédients avaient été achetés en France. Force est donc de conclure que l’un des cuisiniers était porteur asymptomatique de S Typhi, lequel n’a pas été retrouvé.

LOURY P et al. Cas groupés de fièvre typhoïde autochtone en Ille-et-Vilaine (France), avril 2009. BEH 2 - 010 ; 44 : 446-8.

NDLR. En 1997, 4 cas groupés de typhoïde sont identifiés à la suite d’un repas pris en commun à Utelle (Alpes Maritimes). En 1998, c’est une véritable épidémie (27 cas) à la suite d’un repas-zouk sur une péniche à Villeneuve St-Georges (Val de Marne). En 2003, ce sont les salades composées d’une sandwicherie parisienne qui contaminent 7 consommateurs. Gardons en mémoire que, si la plupart des cas de typhoïde surviennent chez des voyageurs (non vaccinés), la salmonelle voyage aussi et vient rendre visite à des Français autochtones et sédentaires qui n’ont aucune raison d’être vaccinés.

Voyageurs US vs UE, Cusco, Pérou

Les auteurs ont comparé des touristes américains (n=1.612) et européens (3.590) venus passer des vacances à Cusco. Questionnaires standardisés portant sur la perception des risques et les mesures de prévention.

Les Américains sont plus âgés, restent plus longtemps et sont moins habitués que les Européens aux voyages dans les pays en développement (p<0, - 01). Globalement ils sont plus souvent malades que les Européens (59 vs 48%, p<0, - 01). La diarrhée est plus fréquente (55,6 vs 46,7%, p<0, - 01) ainsi que le mal aigu des montagnes (52,8 vs 35,2%, p<0, - 01).
Avant le départ, les Européens ont plus souvent que les Américains consulté leur médecin (67,1 vs 52,0%, p<0, - 01) ou un spécialiste en médecine des voyages (45,8 vs 37,0%, p<0, - 01). Le nombre des vaccinations à jour est inférieur chez les Américains (p<0, - 01). En ce qui concerne l’information sur le « safe sex » et la consommation d’alcool, les deux groupes sont ex æquo.
Les auteurs, américains, concluent qu’il y a des efforts à faire du côté US (c’est très original Ndlr).

CABADA M M et al. Pre-travel preparation for Cusco, Peru : a comparison between European and North American travelers. J Travel Med 2 - 010; 17: 382-6.

NDLR. Une autre étude, publiée dans le même journal (LaRocque RC et al: 387-91) apporte des éléments étiologiques plus intéressants. Ayant interrogé 1 254 voyageurs en partance de Boston vers des destinations tropicales, ils montrent que 46% n’ont cherché aucun avis (vraiment aucun): ils expliquent clairement qu’ils « do not feel concerned about health issues related to travel ». Parmi ceux qui se sentent plus ou moins concernés, la majorité s’est contentée d’aller farfouiller sur internet. Problème culturel certain, mais à notre avis aussi, parce qu’il n’y a pas de consultation médicale à moins de 100 $, problème de pognon.