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Avril 2013

Conduite automobile et café

Nous avons tous fait des trajets automobiles trop longs, avec perturbations du rythme circadien, et avons usé ou abusé du café. Etait-ce pertinent ' Profitons d’une étude menée chez les routiers (Ndlr).
Australie, cas-témoins : 530 routiers victimes d’un accident (cas) vs 517 autres sans accident au cours des 12 derniers mois (témoins). Ont consommé du café ou autres boissons contenant de la caféine 43% d’entre eux. Les données ont été ajustées, pour les cas et les témoins, sur âge, pathologies, rythme du sommeil, symptômes de somnolence, nombre d’heures de sommeil, pauses, conduite nocturne, kilomètres parcourus, stimulants illicites. Il apparaissait alors que les routiers consommateurs de café avaient une réduction du risque d’accident de 63% par rapport à leurs collègues non consommateurs (OR 0,37, CI95% 0,27-0,50).

SHARWOOD L N et al. Use of caffeinated substances and risk of crashes in long distance drivers of commercial vehicles: case-control study. BMJ 2 - 013; 346 (Epub ahead of print).

La détection de la grippe aux frontières

On risque d’en entendre bientôt parler (Ndlr). Les auteurs ont soumis à la détection classique -telle qu’elle se déroule en période pandémique dans certains pays- les passagers internationaux (n=15 976) débarquant à l’Aéroport international Christchurch, Nlle-Zélande. Ils remplirent un questionnaire médical standardisé. Parmi ceux-ci, 17% rapportaient au moins un symptôme grippal, les plus courants étant rhinorrhée (10%) et toux (8%). Des prélèvements respiratoires obtenus chez 3 769 voyageurs permirent de déterminer une prévalence de la grippe de 1,1% (4,0% chez des sujets symptomatiques, 0,2% chez des asymptomatiques). Pour une température de 37°8 et plus, la sensibilité du test diagnostique de grippe était de 3,0% ; pour les autres symptômes ou signes, la sensibilité était également très faible, de même que la valeur prédictive positive.

Conclusion des auteurs: la mesure de la température corporelle et la déclaration de symptômes sont inefficaces.

PRIEST P C et al. Effectiveness of border screening for detecting influenza in arriving airline travelers. Am J Public Health 2 - 012 Dec 13 (Epub ahead of print)

NDLR. C’est la première fois qu’une étude aussi vaste et précise est menée. Ses conclusions sont définitives. Pourtant il est à prévoir que, lors d’une prochaine pandémie, ces mesures seront mises en œuvre dans certains pays. Elles aboutiront à mettre en quarantaine confinée les voyageurs ainsi détectés, parmi lesquels les nombreux sujets indemnes (faux positifs) se contamineront peut-être au contact des rares sujets infectés.

Encéphalite japonaise: couverture vaccinale

La proportion des voyageurs nord-américains qui appliquent les recommandations officielles (ACIP) concernant la vaccination par le vaccin JE est inconnue. Les auteurs ont interrogé des résidents américains de 18 ans et plus embarquant à destination d’une zone à risque (38 vols directs, randomisés, en 3 aéroports différents). Les détails des voyages prévus furent notés. Les voyageurs partant plus de 30 jours en Asie ou passant au moins la moitié de leur séjour en zones rurales étaient considérés comme à risque JE élevé justifiant la vaccination.
Sur 2341 sujets inclus, 1691 (72%) complétèrent l’ensemble du questionnaire. Parmi ceux-ci, 415 (25%) étaient à risque élevé comme défini ci-dessus. Seulement 47 (11%) avaient reçu une ou deux doses vaccinales. Parmi les 164 voyageurs à haut risque et non vaccinés, 113 indiquèrent qu’il n’avaient jamais entendu parler de ce vaccin ou que le professionnel de santé éventuellement consulté avant le départ ne le leur avait pas proposé.

DUFFY M R et al. A survey of US travelers to Asia to assess compliance with recommendations for the suse of japanese encephalitis vaccine. J Travel Med 2 - 013 8 Mar (Epub ahead of print).

NDLR. A notre avis on trouverait des chiffres similaires chez les voyageurs français, avec sans doute en plus un frein pécuniaire: les CVI vendent généralement la dose de Ixiaro® à 90 – 100€ ; et il en faut deux. Il est d’un autre côté évident que cette vaccination est proposée par excès, faute d’une connaissance insuffisante de sa répartition géographique précise -que nos lecteurs trouveront en page 3. Et aussi parce qu’elle est prescrite inutilement pour certains séjours courts, comme le montre l’étude suivante.

Les auteurs ont étudié 387 voyageurs australiens ayant effectué des séjours courts en Asie (2007-2 - 010). Comme l’infection JE est souvent inapparente ou peu symptomatique, ils ont dosé les anticorps avant le voyage et au retour: aucun dosage ne s’est révélé positif.

RATNAM I et al. Low Risk of Japanese Encephalitis in Short-Term Australian Travelers to Asia. J Travel Med 2 - 013 8 Mar (Epub ahead of print).

Migrants en voyage, déjà malades

Ils vont rendre visite à leurs famille et amis restés au pays et sont porteurs d’une maladie chronique. Les auteurs, américains, ont mené une étude rétrospective sur 110 d’entre eux.
Etaient partis en Afrique 48, en Asie 62, pour une durée moyenne de 59 (21-303) jours. Au retour, 63 sujets (57%) rapportèrent un ou plusieurs problèmes de santé survenus pendant leur séjour. Parmi eux, 35 avaient présenté au moins un problème médical lié à leur pathologie chronique.
Rapportèrent un tel problème 63 patients (57%) pour lequel 10 d’entre eux durent consulter localement. Pour 35 d’entre eux, il s’agissait d’une déstabilisation de leur pathologie chronique -le plus souvent, celle d’un diabète-, aggravation d’un état gastro-intestinal, d’un état algique, de troubles psychiatriques, d’HTA… Chez ces derniers, par exemple, une augmentation moyenne de la diastolique de 3,6 mmHg avait été constatée.
Soixante p. cent de ces patients étaient devenus inobservants pendant leur séjour. Deux d’entre eux durent être hospitalisés dès leur retour.

GURGLE H E et al. Impact of traveling to visit firiends and relatives on chronic disease management. J Travel Med 2 - 013; 20: 95-100.