News

Janvier 2005

TSUNAMI

Le mot, désormais international, vient du japonais « tsu », port, et « nami », vague. Il fut créé par les pêcheurs japonais qui, après une journée en mer calme, retrouvaient leur port d'attache dévasté. Il est préféré au mot français « raz de marée » en raison du caractère inadapté de « marée » ; « raz » en revanche est adéquat, provenant du viking et passé au breton (Pointe du Raz) et signifiant vitesse ; il a également donné « race » (course) en anglais. L'onde a en effet une vitesse de propagation variant de 500 à 800 km/h.
Le récent tsunami est sans doute le plus meurtrier de l'histoire humaine. Et pourtant, au XVII av JC, en Grèce, l'éruption du volcan de Santorin entraîna un tsunami qui aurait fait disparaître la civilisation crétoise minoenne. Lisbonne fut dévastée à 80% et 90.000 personnes périrent le 1er novembre 1775. Le record du monde de hauteur de la vague, 500 m, fut atteint en Alaska le 9 juillet 1958.
C'est l'océan Pacifique qui tient le record de fréquence des tsunamis : près de 60 par an.
En Asie du Sud-Est, c'est en 1782 qu'était survenu le tsunami le plus meurtrier : 40.000 décès. En fait celui-ci aurait fait beaucoup plus de morts que celui de 2004 si le peuplement des côtes avait été équivalent.

En pratique, collectivement
Après un tel cataclysme, les rivalités nationales devraient s'estomper et permettre la mise en place d'un système commun d'alerte tel qu'il existe pour les côtes du Pacifique : balises immergées, balises flottantes émettant vers des satellites, information des autorités en temps quasi réel, alerte des populations ; balisage terrestre des routes et chemins permettant l'évacuation optimale vers des zones d'altitude ou les plus reculées à l'intérieur des terres. Malheureusement ce système sera peu efficace pour des petites îles sans relief comme les Andaman ou Maldives.

En pratique, individuellement.
Un brusque retrait de la mer ou la visualisation lointaine d'une grande vague ne doivent pas inciter à sortir son appareil photo.
Il faut immédiatement, et dans le calme gravier tout relief, gagner les parties hautes des habitations modernes ; mais ne jamais se réfugier dans les bâtiments de bois, même élevés, du bord de mer. Une fois dans l'immeuble, préférer les pièces donnant sur l'intérieur des terres.
De même que le bord de mer, il faut évacuer les bordures des rivières, sur la totalité de leur parcours.
Une fois la vague passée, rester en altitude ou même, continuer à progresser ; ne jamais redescendre après le reflux : d'autres ondes peuvent suivre. Attendre secours et instructions.
Arrimer solidement avec une amarre longue les embarcations ne pouvant être menées au large. A l'opposé, celui qui est en mer devra naviguer au plus vite vers le large : le tsunami est une onde sous-marine qui ne devient dangereuse que lorsque la profondeur diminue : et ne jamais regagner la côte avant que l'alerte ne soit levée : rester à l'écoute de la radio.

Maladies infectieuses post-tsunami

Dans un premier temps, il faut craindre les maladies féco-orales, liées au croisement de la chaîne de l'eau potable et celle des excréments humains: choléra (là où il y en avait antérieurement), typhoïde et autres salmonelloses, shigellose, maladies liées à E. coli, amibiase, giardiase, hépatites A et E, infections à entérovirus, rotavirus...
Dans un second temps, ce seront les maladies vectorielles ou à hôtes intermédiaires : paludisme, dengue et autres arboviroses liées à la prolifération des moustiques ; leptospirose, hantavirose, peste, liées à la prolifération des rongeurs.

 

Vaccin choléra

Le vaccin Dukoral® a été mis sur le marché français le 30 décembre. Produit par les laboratoires suédois SBL, distribué en France par les laboratoires Chiron Vaccines, il n'est pour l'instant disponible que dans les Centres de Vaccinations Internationales. Prix public conseillé : 37 ': non remboursé SS.
Il est composé de vibrions inactivés et de toxine B recombinante. Vaccin oral, à dissoudre avec son tampon dans un verre d'eau, à jeun. Après la première dose, une seconde sera prise une semaine plus tard. Efficacité similaire à celle du vaccin typhoïdique : environ 15 jours après la première dose, protection de 3 ans.
Principale indication : sujets particulièrement exposés comme les personnels de santé, humanitaires, militaires... se rendant en zone épidémique.

NDLR. Cette indication et la date de mise sur le marché pourraient faire croire à un lancement de circonstance par rapport au tsunami. Il n'en est rien, cette date ayant été prévue il y a plusieurs mois. En revanche, d'après nos informations, une rupture de stock est à craindre, en raison justement de la catastrophe d'Asie du Sud.