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Février 2002

Sénégal: fièvre jaune

Dix huit cas ont été officiellement notifiés dans les régions de Ziguinchor et de Diourbel (OMS).

NDLR. Les épidémiologistes l'attendaient avec angoisse depuis deux décennies, sans pour autant avoir été écoutés. Et les entomologistes pas plus, même lorsqu'ils signalèrent il y a trois ans que des Aedes aegypti porteurs du virus circulaient en Casamance.
Rappelons que les autorités aéroportuaires sénégalaises n'exigent pas de certificat de vaccination pour les voyageurs en provenance d'Europe; ces voyageurs considèrent donc souvent que la vaccination est de ce fait inutile. Rappelons également que, historiquement, la fièvre jaune a pu remonter jusqu'à la latitude de M'Bour, à une centaine de km de Dakar, au sud de la Petite Côte; laquelle connaît actuellement un boom touristique sans précédent.

Quelques nouvelles du Kenya

Les autorités dénoncent la présence de gibier, de singes en particulier, au menu de nombreux hôtels, ainsi que la circulation courante de ces viandes dans les boucheries ; elles estiment qu'il existe un risque sanitaire élevé pour les consommateurs, de fièvre d'Ebola, d'autres FHV et d'anthrax en particulier (AllAfrica.com).

Au moins 3 millions de cas de filariose lymphatique rien que sur la côte du pays (East African). Pas de risque pour les voyages de courte durée (NDLR).

Prévalence sans doute historique de la bilharziose urinaire autour du lac Victoria (UN).

Devant des taux historiques de paludisme, les autorités se trouvent dans l'impasse : après avoir interdit la chloroquine (1999) et misé toute leur politique chimiothérapique sur le Fansidar®, elles sont désormais confrontées à une résistance généralisée à ce médicament (ProMED).

Récentes attaques nocturnes contre des touristes sur l'autoroute reliant l'aéroport à la capitale (MAE).

Il manque 2500 infirmières dans les hôpitaux publics kenyans (AllAfrica.com). Pas de problème, donc: c'est comme chez nous (NDLR).

Echecs thérapeutiques de l'atovaquone-proguanil (Atovaquone-proguanil®)

- Revenant du Nigeria, sans chimioprophylaxie, un patient fait en Angleterre un accès à P. falciparum ; il est traité par Atovaquone-proguanil®. Devant une rechute, le parasite est étudié in vitro: il présente une résistance à l'atovaquone (mutation du gène codant pour le cytochrome B).

- Deux Suédois, de retour de Côte d'Ivoire, font un accès à P. falciparum malgré la prise de chloroquine (300 mg/sem-proguanil): ils sont traités par Atovaquone-proguanil®. Le premier patient voit néanmoins sa parasitémie augmenter: mis sous méfloquine au 3ème jour, il guérira. Le second patient est considéré comme guéri lorsque réapparaissent fièvre et parasitémie 28 jours plus tard.

Dans les deux cas, les taux sanguins d'atovaquone et de proguanil/cycloguanil étaient considérés comme adéquats.

Source : TropMedEurope/ProMED, T. Jelinek

Divers

- Ebola Gabon/Congo: 42 cas confirmés, 34 décès. Ces chiffres sont peut-être loin de la réalité car les équipes sanitaires ont beaucoup de mal à travailler: elles ont été chassées de plusieurs zones, leurs procédures interférant gravement avec les rituels mortuaires traditionnels (OMS).

- Un bébé finlandais de 3 mois, non vacciné, est décédé de diphtérie. Sa s'ur, 7 ans, s'est révélée porteuse asymptomatique et fut immédiatement vaccinée. Dans l'entourage proche, plusieurs personnes avaient voyagé en Russie (Eurosurveillance).

- C'est officiel, et tout au moins certain pour les spécialistes: Cuba est confronté à la plus grave épidémie de dengue depuis au moins vingt ans. Fidel Castro a lancé un gigantesque plan de fumigations avec le mot d'ordre "guerre à la mort". Selon des médecins cubains "si Fidel s'engage personnellement, cela veut dire que c'est très grave" (ProMED).

- L'éradication de la dracunculose (filaire de Médine) est en bonne voie: proche pour le Bénin et la Mauritanie, après le Burkina Faso et le Niger, l'éradication connaît encore trois mauvais élèves: Ghana, Nigeria et Soudan (OMS).

- Le Ministère de la Santé des Pays-Bas recommande désormais la vaccination méningococcique C pour tous les enfants et adolescents de moins de 18 ans (BMJ).

Intervalle QT: mise en garde de l'AFSSAPS

"Une enquête de pharmacovigilance a permis d'établir une liste de 12 neuroleptiques susceptibles de prolonger l'intervalle QT et d'entraîner des torsades de pointe en clinique: chlorpromazine, cyamémazine, lévomépromazine, thioridazine, trifluopérazine, amisulpiride, sulpiride, sultopride, tiapride, dropéridol, halopéridol, pimozide".

NDLR. L'halofantrine (Halfan®) est un antipaludique qui allonge l'intervalle QT: il est donc formellement déconseillé de l'associer à tout autre médicament ayant le même effet, les sus-cités en particulier. Le problème est délicat car, si la méfloquine (Lariam®) n'a pas cet effet arythmogène, elle est contre-indiquée chez toute personne qui, par son état psychiatrique, prend de fait ces médicaments. Peut-être y a-t-il là une indication particulièrement pertinente de l'association atovaquone-proguanil (Atovaquone-proguanil®).