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Février 1998

Les plaies d'Egypte sont descendues au Kenya

- L'épidémie de choléra continue et s'aggrave : elle a atteint la capitale Nairobi, y compris dans ses endroits les plus fermés : les principales prisons de la ville ont dû envoyer plusieurs dizaines de détenus malades du choléra dans les hôpitaux déjà engorgés. On prédit une flambée ("cholera crisis") à la levée du jeûne du Ramadan.

- L'épidémie de fièvre de la Vallée du Rift a déjà fait plusieurs centaines de morts et échappe actuellement à tout contrôle, de l'aveu même des autorités. L'extension géographique est fulgurante : en un mois, l'épidémie s'est étendue du nord-est au centre et à la région côtière, et même en dehors des frontières (Somalie).

- Les gravissimes inondations et les pluies torrentielles, partiellement ou entièrement responsables des épidémies, font à elles seules plusieurs dizaines (centaines ') de victimes chaque jour. Les routes sont creusées ou ont tout simplement disparu, les égouts régurgitent par toutes leurs issues'- Que la pluie s'arrête, ce sont des nuées de mouches qui sèment la panique, y compris à Nairobi : si l'on en touche ou écrase une, il faut s'attendre à de douloureuses phlyctènes dans les heures qui suivent.- On s'attend à une pénurie alimentaire grave, les cultures ayant été dévastées et les troupeaux décimés, à la fois par les inondations et le virus de la fièvre de la Vallée du Rift.- Quant aux épidémies " conventionnelles ", bien qu'on n'en parle même plus, elles sont bien évidemment en pleine flambée, le paludisme au premier plan, et aussi sans doute toutes les maladies véhiculées par les arthropodes et celles transmises par voie hydrique ou liées aux mauvaises conditions d'hygiène.

Sources : International Red Cross, OMS, ONU, CDC, KMA, KMRI

NDLR. Aucune organisation n'a à ce jour déconseillé aux voyageurs de se rendre au Kenya. On comprend bien que la principale ressource économique du pays est le tourisme et que bien des " tour-opérateurs " génèrent une grande partie de leur chiffre d'affaire avec le Kenya.Mais disons-le clairement : il ne nous paraît pas raisonnable d'aller actuellement dans ce pays ; nous doutons fort d'ailleurs que les touristes y passent en ce moment des vacances de rêve tant règnent la désorganisation et la panique. Pour ceux qui persisteront à consommer leur " tour " déjà payé et non remboursable, répercutons-leur les conseils de l'OMS : porter des chemises à manches longues et pantalons fermés aux extrémités, utiliser abondamment des répulsifs anti-moustiques, ne dormir que sous moustiquaire imprégnée d'insectides. Et qu'ils soient vaccinés contre tout ce qui est vaccinable'

Hong-Kong : après les poulets, on ne mange plus de poissons

Depuis le milieu du mois de janvier, à Hong-Kong, plusieurs dizaines de patients ont été hospitalisés, victimes de la ciguatera. Dès l'annonce de ces faits par les autorités, la consommation de poissons a chuté dans la nouvelle " région administrative " de la Chine. Les puissantes organisations de pêcheurs hurlent à l'incompétence des autorités et leur proposent ironiquement de procéder à un massacre des poissons similaire à celui des poulets.

Source : ProMED.

NDLR. La ciguatera (ou " gratte " ou ichtyosarcotoxisme), dont nous parlions dans le précédent numéro de VISA, est une intoxication liée à l'ingestion de poissons tropicaux porteurs d'une toxine qui résiste à la cuisson. Habituellement, les poissons à risque sont reconnus par les professionnels, pêcheurs ou restaurateurs : d'où le risque quasi nul pour les voyageurs qui se contentent de manger dans les restaurants. Mais dans le cas présent à Hong Kong, rien ne fut dépisté ; et il ne s'agit pas de malveillance car un restaurateur lui-même est actuellement hospitalisé.

Obligations vaccinales pour le pèlerinage à La Mecque

1) Pèlerins en provenance du monde entier. Vaccination contre la méningite A+C datant de moins de 3 ans et de plus de 10 jours.

2) Tous les voyageurs en provenance d'un pays d'endémicité amarile (cf VISA n°5): vaccination fièvre jaune datant de moins de 10 ans et de plus de 10 jours.

3) Tous les voyageurs en provenance de l'ex-URSS : vaccination contre la diphtérie et certificat attestant qu'ils ont reçu une dose de benzathine pénicilline.

Source : OMS

NDLR. Ces dispositions, unilatéralement prises par les autorités saoudiennes, sont rapportées par l'OMS qui en prend acte mais ne les cautionne pas. Les médecins amenés à voir les candidats pèlerins doivent veiller à rédiger très minutieusement leur certificat (seulement en arabe, en anglais ou -merci !- en français) car, disent les textes saoudiens, si l'authenticité du certificat de vaccination prête au doute, le titulaire du document sera revacciné. Le détail de ces dispositions est donné par le Relevé épidémiologique hebdomadaire de l'OMS (1998 ; 1/2 : 4-6).Le pèlerinage (Hadj) commencera au début du mois de mars.