Risques et situations

Voyageurs âgés

Les seniors voyagent de plus en plus, de plus en plus loin.
Dans la mesure du possible, les voyages doivent être encouragés, considérés comme un bienfait : stimulations, retour de l'esprit d'initiative, d'organisation, de découverte…
Le médecin généraliste a un rôle clef dans le bon déroulement des voyages des seniors : lui seul a la connaissance de son patient souvent polypathologique et polymédicamenté. Sa consultation doit être systématique, si possible plus d'un mois avant le départ. Le patient devra apporter tous documents utiles détaillant le tour prévu.

Contre-indications, limite

Rares aujourd'hui. Le plus souvent une adaptation pourra être trouvée en modifiant les modalités ou la destination du voyage. C'est le bon sens qui devra primer. Porter une attention particulière à :

  • durée et pénibilité des transports
  • altitude et climat des zones visitées
  • intensité du programme des tours, des marches
  • qualité et durée des temps de repos
  • ressources de l'encadrement et/ou des autres membres du groupe, du conjoint
  • ressources médicales du pays visité

Exemple de contre-indications évidentes les moins rares : Alzheimer débutant, chutes fréquentes (plus de 2 dans l'année ?), pathologie cardiovasculaire non stabilisée, traitement anticoagulant instable, insuffisance respiratoire grave.

Vaccination

  • Remise à jour dTP (Revaxis®).
  • Hépatite B : rappel éventuel ; discuter primovaccination (pays, durée et modalités du séjour, possibilité de soins médicaux sur place, niveau de connaissance du patient du risque…).
  • Fièvre jaune : aucune particularité liée à l'âge.
  • Typhoïde : très recommandé (maladie de gravité accrue en cas de pathologies sous-jacentes, cardiovasculaire en particulier).
  • Hépatite A : anticorps naturels d'autant plus fréquents que le sujet est âgé, mais gravité croissante de la maladie avec l'âge ; intérêt du titrage des Ac totaux anti-VHA.
  • Rage : moins fréquemment indiqué que chez le sujet jeune, plus aventureux : conseillé si séjours longs, loin de la capitale, ou si contacts animaux.
  • Encéphalite japonaise : rarement indiqué (séjours asiatiques ruraux > 1 mois).
  • Encéphalite à tiques : pas de limitation liée à l'âge.
  • Grippe, pneumocoque : les indications retenues en France doivent être strictement appliquées, étant sans doute encore plus pertinentes pour le voyageur (contacts interhumains, promiscuité dans les avions et cars, air sec en cabine…).

Paludisme

Les mesures habituelles doivent être encore plus strictement appliquées : moustiquaire imprégnée, répulsifs, vêtements recouvrants, chimioprophylaxie.
Attention aux interférences des médicaments cardiovasculaires avec méfloquine (Lariam®) et halofantrine (Halfan®).

Divers points particuliers

En sus des mesures applicables pour l'ensemble des voyageurs :

  • Révision éventuelle des traitements du fait de la chaleur (diurétique), de l'ensoleillement, de l'éventualité d'une diarrhée…
  • Les problèmes cardiovasculaires viennent en tête chez le voyageur âgé. Emporter ECG récent, descriptif de l'état de santé (au mieux en anglais) et double des ordonnances (génériques).
  • Stock de médicaments double de celui a priori nécessaire, réparti en deux sacs emportés séparément.
  • Prévention des phlébites lors des transports : proscrire l'immobilité, bonne hydratation, bas ou chaussettes de contention, aspirine ? HBPM ?
  • Eventuelle consultation d'un pédicure.
  • Assurance assistance internationale (vérification des clauses d'exclusion).

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