Risques et situations

Voyages aériens : précautions

Les voyages aériens connaissent une croissance exponentielle ; tout problème de santé individuellement rare devient de ce fait fréquent et peut prendre une dimension de santé publique.

Contre-indications

Elles sont de plus en plus rares.

  • Toute personne ayant des difficultés à monter 1-2 étages ou marcher 100-200m.
  • Pathologie évolutive ou intervention chirurgicale récente ophtalmologique ou ORL.
  • Infection respiratoire haute du nourrisson.
  • Grossesse à partir du 8ème mois (sauf avis favorable écrit de l'obstétricien).
  • Toute personne pouvant avoir besoin de soins vitaux urgents à tout moment.
  • Maladie contagieuse, en particulier par voie respiratoire.
  • Troubles psychiatriques non stabilisés.Tout voyage aérien entraîne un stress psychologique et peut dévoiler ou aggraver diverses névroses ; départ du domicile et de ses repères, cohue, incertitude permanente, longs couloirs et grands espaces, confinement en cabine, peur de l'altitude, stress de l'arrivée en environnement mal connu ou redouté. Les problèmes psychiatriques sont la première cause de recours aux services médicaux aéroportuaires.

Décollage et atterrissage

Périodes pendant lesquelles se produisent de rapides variations de pression : environ 2.000m d'équivalent altitude.

  • Risque "d'otite" barotraumatique, en particulier en cas d'infection ORL, de catarrhe tubaire. Prévention : traiter préalablement ces infections (antiinflammatoires, antibiotiques…) ; mobilisation de l'articulation temporo-mandibulaire, mouchage, et surtout manœuvre de Valsalva ("mouchage" à narines fermées) ; si risque important chez l'adulte, spray vasoconstricteur (type Déturgylone®) avant la montée et la descente.
  • Douleurs dentaires possibles (obturations imparfaites, abcès…) : traiter préventivement.
  • Ballonnements abdominaux : éviter excès de boissons gazeuses, cassoulet…
  • Débrancher prothèses auditives.
  • Il est déconseillé de prendre l'avion dans les 12 heures qui suivent une plongée avec bouteille.

En vol

L'air d'une cabine est très sec (hygrométrie @ 10%).

  • Assurer une bonne hydratation : 1 litre par 4-5 heures de vol quel que soit l'état de soif ressentie ; éviter les boissons alcoolisées (qui ne réhydratent pas mais au contraire sont diurétiques), qui sont néanmoins surconsommées en raison du stress.
  • Eviter les lentilles de contact sur les vols longs courriers.

Espace restreint, mobilité réduite, déshydratation, pression atmosphérique et PaO2 basses peuvent conduire à la phlébite, et à l'embolie pulmonaire à l'arrivée (syndrome de "la classe économique").

  • Allonger, contracter, surélever les membres inférieurs chaque fois que possible ;
  • Marcher dans les allées au moins 10 minutes par heure de vol ;
  • Porter des vêtements amples, sans ceinture ni gaine serrées, ne gênant pas la circulation de retour ;
  • Maintenir une bonne hydratation ;
  • Eventuellement port de chaussettes ou bas de contention veineuse (type Ganzoni®).
  • Chez les sujets à haut risque, on peut proposer l'aspirine, l'association aspirine-dipyridamole voire une héparine de bas poids moléculaire.

Mal des transports (mal de l'air)

De plus en plus rare : moins de 1% des passagers ; chez ces derniers, proposer les mesures suivantes.

  • Choisir une place au centre de l'aéronef (éviter la queue).
  • Choisir une zone non fumeur.
  • Eviter les boissons alcoolisées et les excès alimentaires.
  • Dormir autant que possible.
  • Eventuellement, médicaments antinaupathiques (type Nautamine®, Dramamine®, Chloranautine®, ou Sibelium®).

Bien dormir sur de longs courriers :

Encore plus nécessaire en cas de décalage horaire (se mettre dès le début du vol dans le fuseau d'arrivée).

  • Masque de sommeil, bâtonnets ou cônes PVC d'obturation des oreilles.
  • Eviter l'abus de boissons alcoolisées.
  • Eventuellement, hypnotique de courte demi-vie (type Stilnox®).
  • La mélatonine, pourtant efficace dans cette indication, demeure interdite en France.

Cas particuliers

  • Les vols non fumeurs sont de plus en plus courants ; à un fumeur très dépendant, on pourra proposer un patch nicotinique.
  • Les malades chroniques sous traitement (DID par exemple) doivent emporter leurs médicaments en cabine en prévoyant par sécurité une quantité au moins double de celle requise par la durée du vol.

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