Risques et situations

Vives

Les vives constituent la principale espèce de poissons venimeux d’Europe. Si la piqûre est très douloureuse, parfois syncopale, elle ne met qu’exceptionnellement en jeu le pronostic vital.
Il n’existe aucune statistique sur cette envenimation réputée fréquente : la plupart des victimes ne consultent pas de médecin et beaucoup ne font même pas appel aux maîtres nageurs sauveteurs.

Répartition

Parties tempérées de l’Océan Atlantique, de la mer du Nord, de la mer Méditerranée et de la mer Noire.

Description

De couleur brun-jaunatre, striées ou tachetées de brun foncé ou de noir, au ventre blanchâtre, elles sont dotées d’épines venimeuses érectiles : nageoire dorsale, opercules couvrant les branchies.

Sur quatre espèces, deux sont fréquentes : la petite vive (Echiichthys vipera), d’une quinzaine de cm, et la grande vive (E. draco) qui peut mesurer jusqu’à 50 cm.

Le venin

Il est composé de très nombreuses protéines toxiques thermolabiles. Certaines (de type sérotonine) sont libératrices de l’histamine intracellulaire, expliquant l’intense douleur et les autres symptômes.

Circonstances de l’envenimation

Pendant le frai, les vives migrent en eaux peu profondes : cette période est aussi celle des migrations balnéaires humaines : printemps et été. La fréquence des piqûres est bien sûr maximale en juillet et en août.
Enfouie dans le sable, seuls ses yeux seraient visibles. Sûre de ses moyens de défense, elle ne fuit pas devant le danger, devant les pieds du promeneur ou la main du plongeur : elle redresse ses épines dorsales ; parfois elle attaque.
Ses victimes sont donc le marcheur pieds nus, le plongeur fouinant le sable d’une main non gantée, le pêcheur enlevant les poissons du filet ou de l’hameçon.
Le pêcheur est souvent avide de sortir de l’eau ce poisson dont la chair blanche et ferme est très prisée (bouillabaisse…) : certains restaurateurs n’hésiteront pas à leur en offrir un prix élevé. NB le venin est détruit par la cuisson.
Manipuler une vive morte reste également dangereux.

Clinique

- Une douleur intense apparaît dans les secondes qui suivent la piqûre ; elle croît généralement pendant 20 à 30 minutes. De localisée au début, elle s’étend de manière centripète (du doit à la main, de la main à l’avant-bras…). Elle peut durer jusqu’à 24 heures.
- Le point de piqûre saigne, ce qui atteste sous nos climats de la responsabilité d’une vive, puisqu’il n’y a guère d’autres poissons venimeux.
- Un œdème apparaît rapidement, d’ampleur et de durée variable : quelques jours généralement..
- De même des petites phlyctènes, vésicules autour de la piqûre, contenant un liquide séreux.
La guérison sera quasiment constante, spontanément, sans complications et sans séquelles.
- Les signes généraux sont rares : abattement, malaise, nausées, vomissements, fièvre, tachycardie, hypotension artérielle voire collapsus (très rare). Si un ECG était pratiqué, il montrerait, dans 10-20% des cas, des modifications claires (extrasystoles auriculaires voire ventriculaires, BAV…) mais ne mettant généralement pas en jeu le pronostic vital.
Noter cependant qu’une douleur syncopale peut entraîner une noyade.

Traitement

- Retirer les fragments d’épines, à la pince à épiler.
- Chauffer la zone de piqûre (les protéines toxiques étant thermolabiles).
 . idéalement par immersion dans de l’eau chaude, avec prudence.
 . beaucoup conseillent d’approcher une cigarette, mais beaucoup d’autres réprouvent ce geste susceptible de favoriser une nécrose.
- Désinfection.
- Mesures fantaisistes : uriner sur la zone de piqûre, application d’une solution ammoniacale, immersion dans des glaçons, frotter avec du sable, un citron etc. Incision, garrot : inefficaces et dangereux.
- Anti-histaminiques, corticoïdes, aspirine, antalgiques (y compris morphiniques) sont inefficaces ; seul apporte un mieux-être une benzodiazépine par voie sublinguale.
- Recours médical urgent si présence de signes généraux.
- Vérification du statut vaccinal anti-tétanique.

Prévention

Il est illusoire, sur nos côtes, de proposer aux millions de baigneurs de porter des chaussures de protection. Idem pour le port de gants chez les plongeurs et pêcheurs amateurs.

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