Risques et situations

Rougeole et voyages

rougeole

La rougeole est une maladie cosmopolite, transmise par voie aérienne, hautement contagieuse, due à Paramyxovirus influenzae. Elle se transmet intensément dans les pays qui n'ont pas mené à bien une politique vaccinale soutenue.
Elle est actuellement sous le feu de l'actualité épidémiologique des voyages ?pas seulement exotiques- et du transport aérien quelle que soit la destination.

Le problème épidémiologique actuel

Avant la vaccination plus de 90% des enfants de la planète contractaient la rougeole. La mortalité annuelle était de 7 à 8 millions. La maladie est cliniquement parlante dans 90% des cas.
Sous l'égide de l'OMS et de l'UNICEF, la couverture vaccinale a été suffisante pour que l'on constate aujourd'hui l'incidence mondiale la plus basse de tous les temps. Mais cette couverture comporte des poches un peu partout dans le monde (sauf sans doute dans quelques rares pays comme les Etats-Unis et le Canada) qui ne disparaîtront que lorsque 95% des enfants auront été dûment vaccinés, à deux reprises. Ces trous dans la couverture apparaissent aujourd'hui comme particulièrement délétères : des micro-épidémies, volontiers meurtrières (d'autant plus qu'elles surviennent chez des sujets plus âgés), apparaissent désormais un peu partout dans le monde :

  • pas seulement dans les pays les pays en développement
  • mais aussi en Europe, dans ses pays les plus riches : Allemagne, Autriche, Espagne, Italie, Royaume Uni, Suisse... Les autorités nord-américaines mettent d'ailleurs en garde leurs ressortissants qui voyagent dans les pays exotiques et... en Europe. Et l'OMS demande à l'Europe (03.09) de relancer des campagnes de vaccination.

Par ailleurs la rougeole est devenue une des principales maladies infectieuses transmise dans les avions. Le Règlement sanitaire international donne aujourd'hui aux compagnies aériennes le droit de refus d'embarquement de toute personne suspecte de maladie contagieuse, droit désormais exercé par les Etats-Unis et le Canada.

Le hiatus géographique

Pour arrêter la transmission, il suffit d'obtenir une couverture vaccinale de plus de 95%. Peu de pays en développement atteignent aujourd'hui ces résultats. En Europe il y a 15 à 20% de sujets qui n'ont aucune protection, ni naturelle ni vaccinale : ils profitent de la vaccination des autres qui limite la transmission du virus. Si ces sujets non-immuns voyagent dans des pays où le virus circule intensément, le risque qu'ils contractent la rougeole devient extrêmement important. Plus une rougeole survient tardivement, plus son tropisme neurologique devient important (panencéphalite subaiguë sclérosante en particulier).
De ce fait, les autorités nord-américaines considèrent que le vaccin morbilleux fait partie des "vaccins du voyageur", y compris pour le jeune adulte qui aurait échappé à la maladie naturelle et n'aurait pas bénéficié de la vaccination.

La maladie

  • Incubation d'environ 10 jours
  • Contagiosité aérienne (la plus importante de toutes les maladies éruptives) de 4 jours avant à 4 jours après l'apparition de l'éruption
  • Première phase : "virale" aspécifique hormis le possible signe de Koplik, pathognomonique
  • Puis apparition de l'éruption maculo-papuleuse rouge s'effaçant à la vitropression, avec intervalles de peau saine : derrière les oreilles, autour de la bouche puis toute la face et éventuellement le thorax, l'abdomen... A cette période éruptive, le patient n'est plus contagieux.
  • Complications : respiratoires et neurologiques essentiellement. La létalité peut atteindre 10% dans certains pays en développement. Une létalité de 0,1% est généralement constatée dans les pays industrialisés.

La vaccination

Le voyage est une excellente et utile occasion de mise à jour de l'immunité anti-morbilleuse.

  • Tous les enfants âgés de moins de 24 mois devraient avoir reçu deux doses (vaccin trivalent), la première à 12 mois, la seconde entre 13 et 24 mois.
  • Les personnes nées entre 1980 et 1991 n'ayant jamais été vaccinées devraient recevoir une dose de vaccin trivalent. S'assurer de l'absence d'une grossesse débutante et éviter toute grossesse pendant les deux mois suivant la vaccination.
  • L'immunodépression constitue une contre-indication absolue. En cas de fièvre, de maladie aiguë, différer la vaccination.
  • En cas d'indication d'une autre vaccination par un vaccin vivant (fièvre jaune en particulier dans ce contexte de voyage) il convient :
    • de respecter un délai de 3 semaines entre les deux injections
    • à défaut, d'injecter les deux le même jour, en des sites différents

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