Risques et situations

Harmattan et santé

Harmattan


L'Harmattan est considéré en Afrique comme un « vent mauvais », aux conséquences sanitaires sérieuses chez les autochtones, et qui doivent être prises en compte par les voyageurs.
L'Harmattan est un vent sec, sableux et poussiéreux en provenance du Sahara ; il souffle de décembre à février-mars (hivernage) sur toute l'Afrique de l'Ouest, du Sahel au Cameroun et au Tchad. Il repousse le front intertropical au-dessus du Golfe de Guinée, empêchant les pluies sur l'ensemble de la région.
Chargé de fines particules (0,5 à 10 mcm), cette brume sèche peut obscurcir des régions entières pendant plusieurs jours. Entrant en conflit avec les débuts de mousson, il peut déclencher des tornades.

Conséquences directes, immédiates

  • Augmentation des accidents de la circulation
  • Augmentation des accidents aériens, déroutages et annulations dont le coût annuel se chiffre en millions de Dollars
  • Arrêt de nombreuses activités, notamment agricoles, et sociales de tout type en général
  • Diminution de l'exposition aux UV

Maladies infectieuses

  1. Méningite à méningocoque (N. meningitidis, sérogroupes A le plus souvent, C parfois, et W135 de manière variable)
    C'est sans doute la conséquence la plus lourde. Elle se concentre (mais non exclusivement) dans la classique « ceinture méningitique », du Sénégal à l'Ethiopie, entre 10 et 15° de lat. N. Elle y atteint annuellement entre 25.000 et 200.000 personnes -surtout les enfants- avec une létalité de 10 à 25%, et des séquelles à hauteur de 10-15% chez les survivants.
    La corrélation avec la survenue de l'Harmattan est bien établie : la transmission est proportionnelle à l'indice de vitesse du vent ; le pic maximum de cas survient ainsi entre le 7 et le 15 février ; fin mars correspond à la chute de la vitesse de l'Harmattan, aux prémices de la saison des pluies et à la décrue épidémique.
    Le caractère sec et poussiéreux de l'Harmattan provoquerait une sécheresse des muqueuses ORL et une détérioration de l'immunité locale ; mais l'Harmattan entraîne également un confinement des populations, qui portent spontanément, de manière asymptomatique, N. meningitidis à hauteur de 3 à 30% selon les études. L'expansion épidémique dépend enfin de la couverture vaccinale, du nombre des sujets non immuns, des conditions de vie, de promiscuité...
    Ceci ne doit pas faire oublier que de graves épidémies surviennent ailleurs, bien loin de l'Harmattan, en Afrique centrale, dans la région des grands lacs, en Afrique de l'Est, et aussi en Amérique du Sud et dans le sous-continent indien. 
     
  2. Quelques publications font état d'une diminution de la transmission du paludisme lorsque souffle l'Harmattan : sans conséquence sur la prescription des mesures préventives, qui demeurent systématiques chez le voyageur.
  3. La fréquence des infections respiratoires hautes et basses augmenterait en période d'Harmattan, ce qui est bien compréhensible compte tenu du confinement et de la promiscuité qu'il induit ; ceci semble prouvé par des études séro-épidémiologiques bien conduites sur la grippe, les pneumococcies, les infections par M. pneumoniae.
  4. Autres
    • La surveillance de la contamination des eaux de surface aurait montré (Ghana) une moindre DBO (demande biologique en oxygène) et concentration diminuée des coliformes fécaux en période d'harmattan
    • Diminution de la concentration aérienne des amibes

Autres conséquences sur la santé

  • On aurait constaté (publications nigérianes) une augmentation des hospitalisations en rapport avec des poussées d'HTA
  • Les brûlures des enfants au domicile sont plus fréquentes (ibid) : conséquence du confinement, vraisemblablement
  • La température corporelle de certains animaux (chèvres en particulier) augmenterait quand souffle l'Harmattan
  • De notoriété publique en Afrique soudano-sahélienne, les troubles du comportement humain et animal (irritabilité en particulier) augmentent en fréquence en période d'Harmattan

Prévention chez le voyageur

  • Le touriste devrait éviter les voyages en période d'Harmattan qui, de toutes façon, n'est pas propice à la découverte et aux loisirs
  • Emporter masques de protection faciale (FFP2), lunettes, larmes physiologiques, collutoires
  • Aucun voyageur ne devrait partir en période d'harmattan non vacciné contre la grippe
  • Bien s'hydrater, ne pas abuser des douches, ne pas fumer, ne pas stresser
  • Eviter les endroits fermés de forte promiscuité (campements...)
  • Vaccination méningococcique impérative A C Y W135 conjuguée (Menveo).

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