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Hepatite b

Hépatite B

L'hépatite B fait partie des premières maladies infectieuses responsables des plus hautes mortalités de la planète (OMS), juste après le sida et le paludisme ; c'est la seule maladie dans ce groupe qui puisse être prévenue efficacement par un vaccin.

Conséquences et épidémiologie de l'hépatite B

Sur 100.000 infections aiguës par le VHB (OMS)

  • 10.000 sont symptomatiques, et 100 fulminantes (85% de décès)
  • 10.000 passages à la chronicité ; 450 décès par hépatocarcinome

L'hépatite B dans le monde : estimations OMS

  • 2 milliards d'individus (1/3 de la population mondiale) sont porteurs de marqueurs du VHB
  • 350 millions sont porteurs chroniques de l’AgHBs
  • 1 million de décès par an.

Le monde se divise en trois zones :

  • prévalence élevée : supérieure à 8% : Afrique subsaharienne, Asie du Sud-Est, Chine méridionale, bassin amazonien ; soit 45% de la population mondiale
  • prévalence intermédiaire : 2 à 7% : Proche Orient, Amérique Centrale et du Sud, Asie centrale, sous-continent indien, certains pays de l’Europe du sud et de l’est ; soit 43% de la population mondiale
  • prévalence faible : inférieure à 2% : 12% de la population mondiale.

Les risques pour les voyageurs tropicaux

Il est mal connu car de multiples facteurs sont intriqués : destination, comportements à risque, compréhension du problème, recours imprévisible au système de santé local...
Il est probable que les voyages soient responsables d'environ 15% des contaminations en France ; ces chiffres sont incertains car dans environ 30% des cas d'hépatite B, le mode de contamination est inconnu.
Certains voyages s'effectuent dans des contrées où plus de 90% de la population locale est porteuse de marqueurs du virus B.
Il est bien évident que ce risque est très hétérogène : il y bien peu en commun entre un couple de retraités passant une semaine en safari-photo au Kenya, un célibataire passant ses vacances en Thaïlande, un expatrié avec contrat de 4 ans en Afrique noire... Il est à noter que bien des voyageurs font une fixation parfois obsessionnelle sur le VIH, ignorant le VHB alors que la contagiosité de ce dernier est estimée 10 à 100 fois plus grande que le premier.

Quels voyageurs vacciner en pratique ?

Compte tenu de cette hétérogénéité des risques, il n'y a pas de consensus très affiné.

  • Pour la Société de Médecine des Voyages. "L'infection est hyperendémique dans la plupart des pays en voie de développement, et beaucoup plus contagieuse que l'infection par le VIH. La vaccination est recommandée à tous les âges".
  • Pour le Conseil supérieur d'Hygiène publique de France. Sont considérés comme personnes à risque "les voyageurs dans les pays de moyenne ou de forte endémie (essentiellement l'Afrique sub-saharienne, l'Asie, certains pays de l'Amérique centrale et du nord de l'Amérique du sud) : le risque doit être évalué au cas par cas par le médecin vaccinateur en fonction de la durée et des conditions du voyage, du type d'activité et d'éventuels risque iatrogènes".
  • Pour l'OMS. La vaccination HB est fortement recommandée : "aux personnes qui se rendent fréquemment dans les zones d'endémie ; aux personnes qui vivent dans ces zones pendant plus de six mois ; aux jeunes enfants qui sont placés dans des crèches ou vivent dans des homes en compagnie d'autres enfants dans des zones d'endémie ; aux voyageurs susceptibles d'entretenir des relations sexuelles ou de se livrer à des activités impliquant le partage d'aiguilles lors d'un séjour à l'étranger ; aux voyageurs risquant d'avoir besoin de soins médicaux ou dentaires pendant leur séjour à l'étranger".

Mais ces subtiles distinctions s’effacent depuis que la vaccination contre l’hépatite B est considérée comme une vaccination « universelle », concernant toute la population mondiale, dans un but d’éradication.

Effets secondaires neurologiques

Objet d’une polémique désormais désuète –et qui fut exclusivement franco-française- la possibilité d’effets secondaires neurologiques subsiste dans l’esprit de nombreux français, de manière floue mais vivace. Rappelons la position de l’OMS :
"Le vaccin contre l'hépatite B figure parmi les vaccins les plus sûrs dont on dispose actuellement" (...) "L'OMS estime que les données scientifiques disponibles ne permettent pas de mettre en évidence une association causale entre la vaccination anti-hépatite B et des affections démyélinisantes du SCN, y compris la sclérose en plaques".

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