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Examen parasitologique des selles

Parasitoses intestinales
Rouge : Haut risque - Rose : Faible risque - Orange : Zones indemnes

Examen de routine après un voyage exotique, il est souvent trop, pas assez ou mal prescrit. Il faut dire que, depuis que cette recherche existe, nous vivons avec beaucoup d'idées reçues et de notions obsolètes. Souvent aussi, l'examen est une boîte noire dans laquelle entrent des selles et ressort un papier de résultat : le prescripteur doit savoir ce qui se passe dans le laboratoire pour savoir quoi demander au parasitologue de manière pertinente.

Déroulement de l'examen (EPS)

L'EPS standard
  • Examen macroscopique : consistance des selles, présence de mucus, pus ou sang, présence éventuelle (rare) de parasites adultes visibles à l'oeil nu.
  • Examen microscopique. Il recherche oeufs et larves d'helminthes, protozoaires, oocystes, coccidies et spores. Il comprend deux étapes :
    • examen direct des selles fraîches : résultat dans l'heure
    • examen des selles après concentration : deux techniques (MIF et Bailenger le plus souvent) : résultat sous 1 à 3 jours.

Il recherche aussi les classiques cristaux de Charcot Leyden, qui sont liés à la destruction intraluminale des éosinophiles. Cette recherche a un intérêt nul lorsque le parasite est identifié ; dans le cas contraire, la présence des cristaux plaide fortement pour un helminthe intestinal et doit inciter à répéter les EPS.

Recherches orientées

Elles sont déclenchées par le clinicien, qui doit préciser sa suspicion.

  • amibes : selles très fraîchement émises (<1h)
  • anguillules : méthode de Baërmann
  • oxyures : Scotch test
  • divers autres, selon contextes particuliers.
Combien

L'émission des formes parasitaires n'est pas continue : le premier EPS ne sera positif que dans 3/4 des cas. Il est donc recommandé de prescrire "EPS : en cas de négativité, un deuxième ; en cas de négativité, un troisième : espacés si possible de 2 jours".

Conditions

Idéalement

arrêt (>3j) de paraffine, mucilages, charbon et autres substances rémanentes intestinales

  • dépôt des selles dans un récipient prévu à cet effet (fourni par le laboratoire, ou acheté en pharmacie) : chaque fois que possible, émission au laboratoire ; ailleurs, dire au patient de ne pas conserver l'échantillon au réfrigérateur ni exposé à de trop fortes chaleurs : en pratique, à température ambiante
  • signaler toute prise préalable de médicament antiparasitaire -ou ayant une activité antiparasitaire : en pratique, signaler tout antiinfectieux
  • signaler tout état d'immunodépression, et tous autres renseignements utiles (pays visité, dates, état de santé des autres voyageurs, symptômes, éosinophilie...), l'EPS n'étant pas un examen de routine.

Quand et comment

Après un séjour tropical sans manifestations cliniques, il n'y a pas lieu de prescrire un EPS à titre systématique, sauf circonstances particulières, éventuellement :

  • migrant primo-arrivant
  • voyageur étant un travailleur manipulant des denrées alimentaires.

En revanche l'EPS sera impératif devant :

  • diarrhée aiguë persistant plus de 3 jours malgré un traitement symptomatique
  • diarrhée persistante (2 semaines) ou chronique (>4 semaines)
  • douleurs abdominales, signes digestifs divers
  • hyperéosinophilie (>500/mm3). NB si celle-ci est en rapport avec un ver en phase de migration, l'EPS est inutile : il convient d'attendre la phase d'installation et de ponte des parasites adultes dans les voies digestives : en pratique, 3-4 semaines, mais parfois jusqu'à 3 mois.
Contrôle après traitement

Difficile : il faudrait bien sûr trois EPS consécutifs : s'ils sont négatifs, la probabilité de guérison est forte mais non absolue.
Un tel contrôle ne se justifie pas après prise de médicaments d'efficacité proche de 100% (qui sont de plus en plus fréquents).
La disparition des symptômes et signes physiques et celle d'une éventuelle hyperéosinophilie est un meilleur critère (pour l'anguillulose éventuellement rebelle au traitement, plusieurs hémogrammes seront nécessaires car l'éosinophilie y est fluctuante).

Parasites non pathogènes

La feuille de résultats négatifs se conclue par "absence de parasite". Le biologiste note les parasites qu'il a identifiés, même si ceux-ci ne sont pas (ou sont très peu) pathogènes : la vue par le patient d'un nom compliqué peut entraîner une réaction d'angoisse : laquelle devra être immédiatement levée par le clinicien lorsque sont mentionnés "présence de" :

  • Entamoeba coli, hartmani... : seule histolytica est pathogène
  • Pseudolimax
  • Dientamoeba fragilis
  • Chilomastix
  • Trichomonas intestinalis
  • Enteromonas hominis
  • Candida albicans (sauf contexte particulier)
  • Blastocystis hominis...

    Ce texte prend en compte les reommandations ANAES.

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