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Dengue



 

La dengue est la plus fréquente des maladies liées aux arbovirus, virus transmis par les arthropodes (ARthropod BOrne VIRUS).

Problème de santé publique mondiale

  • Plus de 100 pays désormais concernés.
  • Les 2/5èmes de la population du globe sont menacés (régions tropicales et subtropicales). 50 millions de cas chaque année officiellement recensés par l'OMS.
  • Tous les indicateurs épidémiologiques et entomologiques montrent que la dengue est en régulière expansion, conquérant de plus en plus de territoires : sérieuse menace sur l’Europe du Sud et le sud des Etats Unis par exemple.

Transmission

Les virus de la dengue (4 sérotypes) sont transmis par la piqûre des moustiques Aedes, Aedes aegypti en particulier. Aedes aegypti a un habitat domestique et péri-domestique et survit très bien en milieu urbain ; la femelle hématophage pique l'homme surtout le jour ; elle peut transmettre le virus à sa propre descendance. Les Aedes sont très résistants aux variations climatiques, pouvant même survivre plusieurs semaines à 4°C.

Physiopathologie

Le virus (Flavivirus), inoculé dans le sang du sujet piqué, se multiplie dans le système réticulo-endothélial puis diffuse dans l'ensemble de l'organisme. Il entraîne alors dans les tissus des troubles de la perméabilité capillaire, pouvant aller jusqu'à la suffusion hémorragique. Il confère une immunité durable, mais seulement pour le sérotype concerné, non pour les trois autres.

Clinique

  • L'incubation dure entre 2 et 7 jours : un voyageur débutant une fièvre plus d'une semaine après son retour n'a donc pas a priori une dengue (penser dans tous les cas à la possibilité d’un paludisme).
  • Le début est aigu, avec fièvre élevée, pouvant dépasser 40°C . Douleurs musculaires intenses avec arthralgies, céphalées, prostration, et rash érythémateux débutant aux extrémités, avec adénopathies généralisées. Hépatomégalie possible, modérée.
  • Typiquement, la fièvre s'amende pour réapparaître quelques jours plus tard, pendant 2-3 jours.
  • Convalescence longue.

Arriver au diagnostic

  • Voyage en zone à risque ; contexte épidémique : évident (taux d'attaque toujours élevé).
  • Eruption très évocatrice.
  • Mais toujours penser au paludisme devant une fièvre. Penser également au Chikungunya dont les zones de répartition tendent récemment à se superposer (Océan Indien et Asie du Sud-est en particulier).
  • Leuco-neutropénie, thrombopénie.
  • Sérologie (spécialisée) confirme, souvent le patient une fois guéri.

La dengue hémorragique

  • Essentiellement dans les zones de forte prévalence, c’est la complication majeure.
  • Entre J2 et J5, dégradation brutale de l'état général, état de choc, purpura, hépatomégalie, CIVD.
  • Mortalité spontanée : 15% ; traitée : 5%.

Traitement

Il est symptomatique

  • antalgiques, antipyrétiques non salicylés.
  • forme hémorragique : réanimation spécialisée.

Prévention pour le voyageur

Eviter, en ville comme à la campagne, les piqûres de moustiques, diurnes tout particulièrement :

  • vêtements longs, recouvrant le maximum de surface corporelle, au mieux imprégnés d’insecticides
  • répulsifs cutanés réellement efficaces sur les parties restées découvertes
  • et, même si la transmission est essentiellement diurne, dormir sous moustiquaire imprégnée d’insecticides (réveil tardif toujours possible… et siestes).

Vaccin : en expérimentation.

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