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Cysticercose

Cysticercose

 

Maladie liée au développement chez l'homme de la forme larvaire de Taenia solium (ver solitaire du porc), la cysticercose est une impasse parasitaire dont la localisation détermine la gravité.

Epidémiologie

  • Maladie très fréquente et très sous-estimée dans les pays en développement, hormis ceux dans lesquels la consommation de viande porcine est proscrite.
  • Avec les selles sont émis des anneaux qui libèrent des oeufs, qui sont très résistants dans le milieu extérieur. Une fois émis, les oeufs ont plusieurs devenirs pathogènes pour l'homme.
    • Ingestion par le porc ; consommation de sa viande insuffisamment cuite ; développement de Taenia solium adulte dans l'intestin humain ; libération des anneaux et des oeufs avec les selles ; par hygiène fécale personnelle défectueuse, l'homme peut ingérer les oeufs de son propre ténia.
    • Ingestion directe par l'homme, dans le cadre d'une simple transmission féco-orale, des oeufs du milieu extérieur émis par des sujets porteurs de Taenia solium : plus l'hygiène du pays est déficiente, plus le risque est grand.

C'est donc exclusivement l'ingestion des oeufs qui entraîne la maladie, impasse parasitaire, l'homme prenant accidentellement la place du porc. Ce n'est guère lors d'un court séjour touristique que l'on contracte une cysticercose : il faut pour ce faire vivre longtemps dans des conditions de très mauvaise hygiène dans des zones d'endémie.

Clinique et diagnostic

Les localisations kystiques, théoriquement partout possibles, déterminent l'expression clinique et la gravité.

1) En premier lieu, le système nerveux central.
  • La larve vivante (environ 2 ans) est peu ou non parlante ; la lésion devient bruyante après, lors du processus inflammatoire. En sus des manifestions non focales (céphalées, épilepsie généralisée...), le polymorphisme clinique correspond aux localisations variées : hydrocéphalie, hypertension intra-crânienne, atteinte de noyaux de nerfs crâniens entrant ou non dans le cadre d'une méningoencéphalite, atteintes médullaires...
  • La localisation la plus fréquente est le IVème et IIIème ventricule avec possibilité de blocage par la larve des divers trous et aqueducs qui permettent la circulation du LCR.
  • Le diagnostic repose sur l'imagerie (TDM et/ou IRM qui montrent des images assez caractéristiques) et la biologie(sérum, LCR) : dépistage sérologique (anti Ag T. solium) et confirmation par Immunoblot.
  • En l'absence de traitement, la létalité des formes neurologiques toutes confondues serait de 40-50%.
2) L'oeil.

Surtout localisations postérieures : vitré, rétine ; parfois antérieures voire des annexes (paupières, sclère, conjonctive). Le diagnostic repose sur les examens morphologiques (clinique, fluorescence, échographie voire TDM/IRM) et la sérologie (sérum, humeur aqueuse, vitré).

3) Localisations musculaires et sous-cutanées.

Etant peu symptomatiques, elles sont diagnostiquées à un stade tardif, calcifiées et visibles en radiologie simple. La biopsie, généralement facile, apporte le diagnostic.

4) Autres localisations.

Beaucoup plus rares : il faut évoquer le diagnostic non pas sur la clinique mais sur la notion d'exposition longue à une hygiène défaillante dans une zone d'endémie.

NB. L'éventuelle hyperéosinophilie sanguine n'est pas contributive chez ces sujets revenant de zones à forte endémicité de parasites éosinophilogènes.

Traitement curatif

Hospitalier, sous étroite surveillance.

  • Albendazole (ZENTEL®, cp 200mg) : serait le plus actif : 15 mg/kg/j.
  • Praziquantel (BILTRICIDE®, cp 600mg) : 50 mg/kg/j.

Le traitement est effectué par cures de 15 jours ; le nombre de cures sera fixé par le spécialiste d'organe en fonction de la réponse (clinique et imagerie) et des possibilités chirurgicales. Inutile sur des kystes vieux, calcifiés. La première cure devra parfois être associée à une corticothérapie afin de limiter les poussées liées à la lyse des cestodes.

Prévention

  • La prévention la plus étiologique serait collective : contrôle vétérinaire des viandes porcines, éducation des populations pour une meilleure cuisson, lutte contre le péril fécal, traitement vaste des porteurs de Taenia solium.
  • Prévention individuelle : refuser toute viande porcine non parfaitement cuite ou longuement marinée en civet ou ayant été congelée, ou proscrire totalement cette viande ; lavage des mains avant toute manipulation d'aliments et toutes autres mesures personnelles d'hygiène alimentaire.

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