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Choléra

Choléra

Le choléra est une maladie intestinale toxinique, liée à Vibrio cholerae et avant tout à ses biotypes O1 et O139, dont les conséquences hydroélectrolytiques et toxiniques peuvent conduire à la mort.
C'est une maladie particulièrement injuste : elle est rarissime dans les pays où elle pourrait être facilement traitée, elle est fréquente dans les pays dont l'infrastructure sanitaire est inexistante, précaire ou délabrée.

Epidémiologie

  • Un cas tous les 1 ou 2 ans est importé en France, entre 0 et 5 chaque année aux Etats-Unis : risque estimé pour le voyageur exotique à moins de 1 par million.
  • Le choléra est actuellement endémo-épidémique dans une grande partie du monde inter- et sub-tropical, particulièrement en Asie, en Afrique Noire et en Amérique Latine. La létalité spontanée est de 10 à 50%.
  • C'est la grande maladie "des mains sales", de l'incurie de la sanitation et de la chaîne alimentaire. Défécations humaines qui aboutissent aux terrains de culture des agrumes, aux sources d'eau, en bord de mer et à ses produits (le vibrion peut survivre plus de 15 jours en eau salée)... Le tout pouvant être amplifié par le transport par les mouches, et surtout par les contacts inter-humains directs...

Clinique

Elle se résume en très peu de mots.
Il faut suspecter un choléra, pendant ou après séjour en zone à risque, devant toute émission rectale aqueuse (incolore, "eau de riz") durant plus de 48 heures, sans fièvre élevée, et d'autant plus qu'existent vomissements et douleurs abdominales. Un service hospitalier spécialisé doit alors être immédiatement contacté.

Prévention individuelle

Elle repose avant tout sur le respect des règles alimentaires universelles.

  • S'assurer que les aliments ont été bien cuits et qu'ils sont encore bien chauds lorsqu'ils sont servis.
  • Eviter les aliments crus : fruits et légumes : "faites les cuire, pelez-les, sinon laissez-les" : c’est un des grands slogans de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
  • Proscrire les fruits de mer, tout particulièrement les coquillages.
  • Proscrire lait et produits laitiers non industriels (règle universelle, pas seulement vis-à-vis du choléra) ; le lait non pasteurisé doit toujours être bouilli.
  • En dehors des eaux de boisson industrielles, toute eau doit être considérée a priori comme dangereuse et doit être soit bouillie, soit désinfectée chimiquement (type Micropur® DCCNa) soit micro-filtrée (type Katadyn®). ; proscrire les glaçons non fabriqués avec de telles eaux sécurisées.
  • Se laver les mains -ongles courts- au savon de Marseille avant toute manipulation d'aliments.
  • L'ancien vaccin "cellules totales", peu efficace et réactogène, a été arrêté de commercialisation en France en 1996. En janvier 2005 a été mis sur le marché un vaccin enfin efficace et dénué d'effets secondaires : Dukoral®. Ce vaccin oral est dirigé contre l'entérotoxine du choléra (qui est identique à celle de Escherichia coli entérotoxinogène, principal responsable de la diarrhée du voyageur : ce qui raisonnablement permet d'envisager une certaine protection contre la tourista). Pour des raisons d’organisation commerciale, ce vaccin autorisé en France n’y est pas distribué à ce jour (2009).
  • Pour certains sujets particulièrement exposés (les personnels de santé intervenant sur une zone épidémique par exemple) une chimioprophylaxie par doxycycline peut être indiquée pour ceux qui n'auraient pas été vacinés par Dukoral®.

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