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Ankylostomiase

Ankylostomiase
 

Ou ankylostomose, maladie liée à l'un des deux nématodes Ancylostoma duodenale, Necator americanus. Il s'agit d'un helminthe hématophage dont le nom signifie "bouche" (stoma) "crochue" (agkulos) ; en anglais, "hookworm" ("ver à crochet")...

Epidémiologie

  • Parasitose extrêmement fréquente, touchant semble-t-il 1,3 milliard d'individus.
  • En Afrique sub-saharienne, un habitant sur trois est infesté.
  • Virtuellement universelle, elle est essentiellement présente dans les pays tropicaux chauds et humides ; quelle que soit la latitude, elle disparaît dans les zones arides, en altitude et dans toutes zones à fortes variations saisonnières de température. Elle disparaît également des pays qui mettent en oeuvre des mesures efficaces contre le péril fécal.
  • Potentiellement grave par la spoliation sanguine qu'entraîne le ver, l'ankylostomiase serait responsable de quelques milliers de décès dans le monde.
  • Pas de données chiffrées sur l'incidence chez le voyageur tropical.

Cycle et transmission

  • Le ver adulte vit fixé par ses crochets sur la muqueuse duodéno-jéjunale ; il se nourrit de quelques dizaines de microlitres de sang par jour ; l'infestation va de quelques individus à quelques centaines de vers : dans ce dernier cas, le sujet subit une spoliation sanguine massive.
  • Les oeufs sont éliminés par les selles ; ils survivent dans le milieu extérieur dès que sont réunies chaleur et humidité : les boues en particulier. Ils se transforment en larves infestantes qui pénètrent activement la peau de l'homme (J0), étant attirées par la peau et la chaleur humaines.
  • La larve migre par voie capillaire puis veineuse jusqu'aux alvéoles pulmonaires qu'elle franchit, puis remonte jusqu'au carrefour aérodigestif (J4) ; déglutie, elle devient adulte dans l'intestin proximal, et commence à y pondre ses oeufs (J40-60).

L'homme est le seul réservoir d'ankylostomes : il enrichit le sol en larves d'autant plus que l'hygiène fécale est plus basse, qu'il utilise l'engrais humain à but agricole.

Signes cliniques

Les signes cliniques sont inconstants.

  • Phase de pénétration : prurit, érythème.
  • Phase de migration : toux, expectoration.
  • Phase de fixation des vers adultes : douleurs épigastriques, nausées, vomissements, diarrhée.
  • Phase d'état : anémie qui n'a de retentissement clinique que chez les sujets préalablement malnutris, porteurs d'une affection débilitante, ou chez les femmes enceintes ; il s'agit d'une anémie hypochrome, microcytaire, hyposidérémique, arégénérative.

Diagnostic

Chez le voyageur, le diagnostic est le plus souvent évoqué devant la découverte d'une hyperéosinophilie (>500/mm3).
L'examen parasitologique des selles identifie des oeufs caractéristiques ; en cas de négativité, répéter la recherche.
Il n'existe aucun moyen en pratique courante d'affirmer le diagnostic avant la ponte (>J40).
Ne pas oublier qu'il convient de rechercher d'autres parasites associés : pour contracter une ankylostomiase, le voyageur s'est mis dans des conditions qui l'ont exposé à d'autres infestations.

Traitement curatif

  • Flubendazole (Fluvermal®) : 1cp (100mg) matin et soir pendant 3 jours, ou
  • Albendazole (Zentel®) : 1 cp (400mg) une fois.

Efficacité absolue en pratique (pas d'examen coprologique de contrôle si le traitement a été correctement pris).
Dans les cas avec anémie sévère (très rare chez le voyageur et même le migrant), recharge en fer per os.

Prévention individuelle

Ne pas marcher pieds nus en zone tropicale humide ; si boues ou eaux de surface, porter des chaussures fermées imperméables ou bottes.

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