Mai 2015 Actualités scientifiques

Pré-voyage : conseils puis interrogation

Après une consultation pré-voyage, on ne sait pas ce qu’il en restera et quelle en fut l’efficacité. Les auteurs (Melbourne, Australie) ont mené une étude prospective comprenant une évaluation des connaissances acquises immédiatement après la consultation.

Un total de 300 candidats aux voyages internationaux furent  inclus. Moyenne d’âge de 31 ans ; voyage de vacances dans 77% des cas ; 95% avaient déjà effectué un voyage international. Les principales destinations étaient l’Asie (43%), les Amériques (21%) et l’Afrique (17%).

Les taux de mémorisation immédiate étaient les suivants : 94% pour la prévention du paludisme, 84% pour la rage, 76% pour la dengue. Les conseils pour la prévention vectorielle du paludisme étaient restitués à hauteur de 95%, à hauteur de 92% pour la conduite à tenir en cas de fièvre. La conduite à tenir en cas de morsure animale était restituée à hauteur de 94%. Pour la diarrhée, le conseil de ne boire que de l’eau encapsulée ou bouillie était restitué à 99% ; mais 13% des sujets avaient oublié la recommandation de ne pas consommer de fruits et légumes non cuits déjà pelés. La restitution concernant le traitement en cas de diarrhée montrait une discordance de 20%. Pour la prophylaxie du paludisme de seulement 4%.

Les auteurs concluent : « Les messages-clefs sont bien assimilés ; mais il semble indispensable de renforcer la consultation par des supports papiers et/ou informatiques ».

McGUINNESS S L et al. Immediate recall of health issues discussed during a pre-travel consultation. J Travel Med 2015; 22(3): 145-51.

Côlon irritable post-infectieux et diarrhée du voyageur

Les auteurs ont compilé des données de six études (Cochrane Database of Systematic Reviews). Dans trois d’entre elles, on trouvait une association très significative entre le fait de souffrir du côlon irritable et le fait d’avoir eu une diarrhée du voyageur (turista) : RR 3,35 (95% CI : 2,22-5,05 ; p<0,00001).

SCHWILLE-KIUNKE J et al. Aliment Pharmacol Ther 2005 Apr 13 (Epub ahead of print).

NDLR. Aussi simple que paraisse cette étude, on peut en tirer une conclusion pragmatique (non prouvée certes, mais sans risque, bien au contraire) : la prévention de la diarrhée du voyageur pourrait diminuer la probabilité d’un côlon irritable (CI) chez nos patients voyageurs. Cela vaudrait vraiment la peine : nous savons tous les difficultés que nous rencontrons pour traiter un CI, combien certains patients ont une diminution de la qualité de vie, combien ils sont exposés au nomadisme médical à la recherche d’un traitement curatif qui n’existe pas, et basculent parfois dans la pathologie psychosomatique.

 

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