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octobre 2010

CONTREFACONS PHARMACEUTIQUES ET VOYAGES


La contrefaçon de médicaments est un fléau dont les conséquences sur la santé publique peuvent être graves, voire dramatiques. Elle est considérée comme un crime.
Très rentable, cette activité déjà bien implantée dans les pays en développement gagne progressivement l’ensemble du marché pharmaceutique mondial.
Les strictes législations européennes, françaises en particulier, assorties de la quasi totale gratuité des médicaments, font que le voyageur international ignore qu’il pourra être confronté à cet immense problème de santé publique mondial.
De fait l’Européen de l’Ouest –le Français en particulier- ne connaît de la contrefaçon pharmaceutique que celle qu’il veut bien se procurer sur internet. Pas très grave pour la santé si le « Viagra » ainsi acheté ne contient que de l’excipient… Habitué à la confiance en l’officine à grande croix verte, il achètera en confiance des médicaments parfois vitaux dans une « pharmacie » de Lagos ou de Phnom Penh.

Ampleur quantitative

On estime qu’en 2009 le chiffre d’affaire mondial de la contrefaçon pharmaceutique a été de 75 milliards de US$, soit une croissance de 90% depuis 2004 ; mais le caractère mafieux du trafic rend impossible une quantification précise : les circuits sont en effet les mêmes que ceux du trafic de stupéfiants, avec son incroyable adaptabilité aux mesures des Etats et des organismes internationaux de lutte.
De plus l’extension du trafic est liée à l’Internet : 50% des médicaments achetés sur la Toile sont contrefaits !

L’Asie (Chine et ses voisins) est le principal producteur de contrefaçons pharmaceutiques.

Aspects qualitatifs

La contrefaçon ne se limite plus à des médicaments de confort mais concerne aujourd’hui des médicaments vitaux (et très coûteux) : anti-cancéreux, cardio-vasculaires par exemple. Une récente opération OMS/Interpol (IMPACT) en Asie et en Egypte a permit des saisies massives de médicaments anti-rejet, anti-néoplasiques, anti-psychotiques, antidiabétiques, à visée cardio-vasculaire, anti-paludiques, contraceptifs, sérums anti-tétanique… et bien sûr de la dysfonction érectile. Pour information : sur 370 saisies de web-Viagra, 10 seulement étaient authentiques (J Clin Pract). A Singapour en 2008, 150 patients furent admis en réanimation pour hypoglycémie sévère : 4 décédèrent et une dizaine d’autres gardèrent de graves séquelles neurologiques : tous avaient pris une contrefaçon de Viagra qui contenait du glyburide.

Les pays en développement sont la cible prioritaire des contrefacteurs, le faible revenu de leurs habitants ne permettant pas l’acquisition des drogues « légitimes ». Autant dire que les contrefaçons y courent les rues, les marchés sauvages et la plupart des officines pharmaceutiques pourtant labellisées. Même dans la délivrance de médicaments contrefaits dans les hôpitaux est possible (OMS), voire fréquente pour certains (InterPol).

Effets néfastes indirects. Des « médicaments » anti-infectieux ne contenant aucune substance active peuvent entraîner la mort. Les mêmes sous dosés en principe actif peuvent entraîner des résistances difficiles voire impossible à combattre.

Avis aux voyageurs

- En France, la contrefaçon de médicaments n’existe pas dans le réseau normal, sous contrôle très strict de l’Etat, des officines pharmaceutiques. Seuls sont concernés les particuliers (7 millions de Français !) qui feraient une démarche (ir)responsable de commande sur le web auprès de sites non sécurisés. La France et quelques autres pays d’Europe de l’Ouest, sont une exception dans le monde.

- Emportez vos médicaments usuels en quantité suffisante (x2, en 2 bagages différents) de façon à éviter tout achat sur place.

- Si vous êtes contraints d’acheter des médicaments sur place, renseignez-vous auprès des ambassades, des consulats, des ONG, des médecins occidentaux en poste localement… La contrefaçon ne concerne pas que les marchés populaires où l’on voit des étals de gélules de toutes les couleurs : elle est partout.

- Souvenez-vous que les contrefacteurs de médicaments sont des criminels mafieux capables de tout et dont les réseaux infiltrent tous les pays en développement, grâce à la passivité des autorités locales, voire leur implication passive ou active dans ce commerce autant lucratif que criminel.

CONTREFACONS PHARMACEUTIQUES ET VOYAGES


La contrefaçon de médicaments est un fléau dont les conséquences sur la santé publique peuvent être graves, voire dramatiques. Elle est considérée comme un crime.
Très rentable, cette activité déjà bien implantée dans les pays en développement gagne progressivement l’ensemble du marché pharmaceutique mondial.
Les strictes législations européennes, françaises en particulier, assorties de la quasi totale gratuité des médicaments, font que le voyageur international ignore qu’il pourra être confronté à cet immense problème de santé publique mondial.
De fait l’Européen de l’Ouest –le Français en particulier- ne connaît de la contrefaçon pharmaceutique que celle qu’il veut bien se procurer sur internet. Pas très grave pour la santé si le « Viagra » ainsi acheté ne contient que de l’excipient… Habitué à la confiance en l’officine à grande croix verte, il achètera en confiance des médicaments parfois vitaux dans une « pharmacie » de Lagos ou de Phnom Penh.