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mai 2010

TUBERCULOSE ET VOYAGES AERIENS

La tuberculose fait partie du groupe des maladies aérogènes transmissibles en aéronef, comme grippe, SRAS, rougeole et méningococcies (OMS).
Contracter une tuberculose lors d'un voyage aérien semble être rare, malgré une grande promiscuité, un espace clos et qui semble confiné. Mais des données précises manquent, en raison du caractère labile du voyage (avant le départ, le voyageur n'en est pas un; après le voyage, il ne l'est plus) et de la longue latence clinique et radiologique.

Quelques données objectives

- Explosion des voyages aériens (2 milliards en 2009)
- La tuberculose recule lentement (1,8 millions de décès en 2009); mais l'ONU craint une flambée en raison de la prolifération des formes antibio-résistantes.
- Une cabine n'est pas l'endroit de confinement que l'on imagine. La moitié de l'air est remplacée régulièrement par de l'air extérieur, l'autre étant recyclée par des filtres HEPA (High Efficacy Particulate): efficacité de 99,97%. L'air est ainsi renouvelé 20 à 30 fois par heure, ce qui est très supérieur aux renouvellements domestiques et des bureaux.
L'air aspiré ou recyclé est injecté par le haut et aspiré par le sol, limitant ainsi la dissémination horizontale des particules infectieuses.
Une panne de ventilation (beaucoup plus fréquente que l'on ne le croît) est un drame infectieux. Aussi grave, au parking, la ventilation (APU) est rarement branchée (raisons techniques, bruit, économies)
- D'un autre côté, le BK semble mal supporter l'atmosphère desséchée.

Le voyageur contagieux

- L'immense majorité des cas index ayant contaminé des voyageurs ont des BAAR au direct, une culture positive et des images radiologiques peu équivoques et une clinique souvent parlante, pulmonaire ou laryngée. Ailleurs on considère un patient "potentiellement infectant" quand les frottis sont négatifs et la culture positive.

- Pour les formes multi (MDR) et extensivement résistantes (XDR), seules celles qui ont eu deux frottis et cultures négatives ou 2 semaines de traitement efficace sont considérées comme non à risque de transmission.
- Le médecin traitant devrait dissuader de vol un patient contagieux. En cas de refus, il devrait faire un signalement aux autorités de santé. En cas de suspicion d'une contamination en vol, il devra collaborer activement avec les autorités de santé. Il devrait, chez tout tuberculeux, rechercher la notion de vol de 8 heures ou plus lors des 3 derniers mois : le signaler alors aux autorités de santé nationales, la DDASS en France (Règlement sanitaire international -RSI).
- Un commandant de bord " a le droit de refuser l'embarquement d'un voyageur qui pourrait menacer la santé. Il peut ordonner une consultation médicale préalable " (RSI).

Les voyageurs exposés

On considère qu'un voyageur sera exposé au risque lorsque, par rapport au patient contagieux,
- il se situe dans la même rangée de sièges que lui
- ou dans les deux rangées devant ou derrière lui
- et qu'il est ainsi resté 8 heures ou plus.

Mesures à prendre en cabine devant un voyageur suspect (OMS)

- Il est pris en charge par le PNC (personnel de bord) qui s'est occupé de lui jusqu'à la découverte de la suspicion. Lequel portera des gants jetables et mettra à disposition un flacon de gel hydroalcoolique, une poubelle "déchets à risque infectieux" ou à défaut un sac plastique scellé.
- Il est mis à part, sans voisin (ce qui est de moins en moins aisé).
- Il est contraint de porter un masque anti-projection ("chirurgical").

Le commandant informe son centre de contrôle opérationnel (CCO), lequel transmet l'information à la tour de contrôle de l'aéroport de destination.

A l'arrivée

Les autorités de santé locales
- dictent leurs instructions au commandant (RSI); en particulier il doit tout mettre en œuvre pour maintenir la ventilation active après arrêt des moteurs jusqu'à évacuation complète
- prennent en charge le patient suspect
- font appel si besoin à l'OMS
- recueillent les coordonnées de tous les passagers

Malheureusement l'identification de la suspicion n'est souvent faite que plusieurs jours ou semaines après le vol. De plus, beaucoup des 194 Etats signataires du RSI n'ont pas les ressources humaines et logistiques nécessaires à de telles interventions épidémiologiques.

TUBERCULOSE ET VOYAGES AERIENS

La tuberculose fait partie du groupe des maladies aérogènes transmissibles en aéronef, comme grippe, SRAS, rougeole et méningococcies (OMS).
Contracter une tuberculose lors d'un voyage aérien semble être rare, malgré une grande promiscuité, un espace clos et qui semble confiné. Mais des données précises manquent, en raison du caractère labile du voyage (avant le départ, le voyageur n'en est pas un; après le voyage, il ne l'est plus) et de la longue latence clinique et radiologique.

Quelques données objectives

- Explosion des voyages aériens (2 milliards en 2009)
- La tuberculose recule lentement (1,8 millions de décès en 2009); mais l'ONU craint une flambée en raison de la prolifération des formes antibio-résistantes.
- Une cabine n'est pas l'endroit de confinement que l'on imagine. La moitié de l'air est remplacée régulièrement par de l'air extérieur, l'autre étant recyclée par des filtres HEPA (High Efficacy Particulate): efficacité de 99,97%. L'air est ainsi renouvelé 20 à 30 fois par heure, ce qui est très supérieur aux renouvellements domestiques et des bureaux.
L'air aspiré ou recyclé est injecté par le haut et aspiré par le sol, limitant ainsi la dissémination horizontale des particules infectieuses.
Une panne de ventilation (beaucoup plus fréquente que l'on ne le croît) est un drame infectieux. Aussi grave, au parking, la ventilation (APU) est rarement branchée (raisons techniques, bruit, économies)
- D'un autre côté, le BK semble mal supporter l'atmosphère desséchée.

Le voyageur contagieux

- L'immense majorité des cas index ayant contaminé des voyageurs ont des BAAR au direct, une culture positive et des images radiologiques peu équivoques et une clinique souvent parlante, pulmonaire ou laryngée. Ailleurs on considère un patient "potentiellement infectant" quand les frottis sont négatifs et la culture positive.