News

février 2010

MICI (CROHN, RCH) ET VOYAGES



Les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) concerneraient en France 120.000 (Crohn) et 70.000 (RCH) personnes. La très grande majorité de ces patients peuvent voyager, y compris loin et longtemps, moyennant certaines précautions.

Contre-indications

Les voyages exotiques sont déconseillés aux patients :
- en poussée évolutive sévère
- traités par corticoïdes à dose significative (>20mg/j ?)
- en période post-opératoire
- en début ou en modification de traitement

Les vaccinations

- Les vaccins vivants (fièvre jaune, ROR, BCG, varicelle) sont a priori contre-indiqués chez les patients sous corticoïdes ou immuno-suppresseurs (à partir de quelles posologies ?).
Il semble pertinent de proposer ces vaccinations avant la mise sous traitement, dès le diagnostic.
- Il est possible que la réponse immunitaire aux vaccins autorisés soit de qualité inférieure chez ces patients. Compte tenu des doutes sur l'aggravation possible de la MICI par une infection gastro-entérologique, il est indispensable de proposer les vaccinations contre l'hépatite A, l'hépatite B, la fièvre typhoïde, voire ETEC/choléra (Dukoral®).

A emporter

- Compte rendu médical (si possible en anglais), et dernière   ordonnance en DCI: azathioprine (Imurel®), mesalazine (Pentasa®), infliximab (Remicade®)
- Liste des consignes d'adaptation du traitement en cas de problème.
- Les médicaments en quantité double par rapport à la durée du séjour: l'une en soute, l'autre en bagage à main (avec ordonnance). Imurel et Pentasa doivent être conservés à des températures inférieures à 25°C. Ne pas oublier des stocks suffisants d'antispasmodiques et d'antalgiques. Fluoroquinolone ou Zitromax®, Flagyl®.
- Liste des ressources médicales du pays de destination.
- Les coordonnées du médecin traitant, du gastro-entérologue, de la compagnie d'assistance internationale.

Le voyage, les transports

L'accès rapide et facile aux toilettes et sanitaires sont un souci permanent.
En avion, réserver un siège côté allée (conseil valable également dans le cadre de la prévention de la thrombose veineuse profonde).
Réserver aussi, éventuellement, des plateaux-repas spécifiques (quoiqu'un patient en rémission puisse manger de tout) auprès de la compagnie, plus de 48h avant le vol. Le passager aérien sera d'autre part averti que la dépressurisation relative augmente les ballonnements intestinaux et qu'il devra éviter les aliments qui peuvent les favoriser.
A l'arrivée, préférer (si possible) des autocars munis de toilettes ou, à défaut, prévoyant des arrêts adéquats. Pour les trajets en voiture, préférer ceux qui permettent des arrêts en aires de repos, stations service et restaurants. Dans tous les cas, penser à emporter du papier toilette en quantité suffisante.

Infections et toxi-infections intestinales

- Sur 100 MICI, 20 sont découvertes à la suite d'un voyage. Dans également 20% des cas, les premières poussées sont associées à une infection intestinale (qui constitue d'ailleurs un diagnostic différentiel).
- L'infection intestinale chez un patient porteur d'une MICI n'a pas fait la preuve d'être plus fréquente. Une turista est encore plus gênante chez ces personnes dont le tube digestif est fragilisé. Sur certaines destinations tropicales et subtropicales, la turista peut concerner jusqu'à 50% des voyageurs. Une infection bactérienne entéro-invasive, en revanche, est susceptible d'entraîner une rechute d'une MICI quiescente. Enfin, la prise d'immunomodulateurs augmente le risque de contracter salmonelles, Cryptosporidium, Isospora belli, Microsporidia, Cyclospora.
- Toutes les mesures préventives classiques ( www.sante-voyages.com ) doivent être mises en œuvre avec encore plus de soins chez ces patients.
- Si un anti-diarrhéique doit être prescrit, on préfèrera le racécadotril (Tiorfan®) à un inhibiteur de la motilité intestinale comme le lopéramide (Imodium®). La diosmectite (Smecta®), pansement intestinal, semble particulièrement adaptée aux patients porteurs de MICI: on attirera leur attention sur la possible diminution d'absorption des médicaments pris dans les 2 voire 4 heures après ce topique intestinal. L'auto-traitement antibiotique d'une turista (pas de fièvre ni d'émission de glaires, pus, sang, repose sur fluoroquinolone ou azithromycine: 2 cp en une prise, une seule fois).

Alimentation

Il n'y a pas lieu de proposer un régime alimentaire particulier à ce patient voyageur qui est en situation de rémission (par définition : car sinon, il ne devrait pas voyager).
Les restrictions alimentaires seront donc celles de tout voyageur tropical, qu'il devra prendre en compte avec encore plus de vigilance que les autres voyageurs.
On pourra cependant demander au patient de limiter sa consommation alcoolique, les voyages étant souvent une occasion d'abus. Eventuellement on lui suggèrera d'être vigilant par rapport aux excès d'épices.

Divers

- Prévention du paludisme: pas de particularité.
- Le potentiel effet photosensibilisant ou allergisant des médicaments des MICI a été insuffisamment étudié. Il est raisonnable de recommander d'éviter les vives expositions solaires et de prescrire des crèmes de haut indice.
- Sports: aucune restriction en période de rémission.

MICI (CROHN, RCH) ET VOYAGES



Les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) concerneraient en France 120.000 (Crohn) et 70.000 (RCH) personnes. La très grande majorité de ces patients peuvent voyager, y compris loin et longtemps, moyennant certaines précautions.

Contre-indications

Les voyages exotiques sont déconseillés aux patients :
- en poussée évolutive sévère
- traités par corticoïdes à dose significative (>20mg/j ?)
- en période post-opératoire
- en début ou en modification de traitement

Les vaccinations

- Les vaccins vivants (fièvre jaune, ROR, BCG, varicelle) sont a priori contre-indiqués chez les patients sous corticoïdes ou immuno-suppresseurs (à partir de quelles posologies ?).
Il semble pertinent de proposer ces vaccinations avant la mise sous traitement, dès le diagnostic.
- Il est possible que la réponse immunitaire aux vaccins autorisés soit de qualité inférieure chez ces patients. Compte tenu des doutes sur l'aggravation possible de la MICI par une infection gastro-entérologique, il est indispensable de proposer les vaccinations contre l'hépatite A, l'hépatite B, la fièvre typhoïde, voire ETEC/choléra (Dukoral®).