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Septembre 2011

Atovaquone-proguanil, Lariam, doxycycline: choix de l'observence

   La mauvaise observance d’une chimioprophylaxie antipaludique est la cause majeure des accès et des décès chez les voyageurs.
 Les auteurs ont effectué une étude d’observation avec questionnaires standardisés avant et après un voyage d’une durée de moins de 28 jours. Ont répondu 251 voyageurs, 185 en totalité (pré et post) et aux questionnaires totalement exploitables.
 Le nombre de comprimés prescrits est comparé à celui effectivement consommé. Cet écart est le plus faible avec atovaquone proguanil, le plus élevé avec doxycycline: l’observance de atovaquone proguanil est 2,59 fois supérieure (95% CI 1.27–5.26, p = 0.008). Il n’a pas été possible de calculer une comparaison significative avec la méfloquine, en raison d’une faible prescription.
  Effets secondaires rapportés: 14 patients sur 84 (17%) sous atovaquone proguanil, 24/70 (34%) sous doxycycline, 17/31 (56%) sous méfloquine. A noter 13% de photosensibilisation sous doxycycline.

GOODYER L et al. Choice of and adherence to prophylactic antimalarials. J Travel Med. 2 - 011; 18: 245-9

NDLR. Cette étude paraît donc très en faveur de l’atovaquone proguanil. Nul doute que la durée de prise de la doxycycline 4 semaines après le retour est un élément défavorable à l’observance. Le double d’effets secondaires est en revanche surprenant. Il existe également un biais: le choix du médecin de la doxycycline est souvent dicté par le caractère impécunieux du patient et par la crainte qu’il abandonne toute chimioprophylaxie devant le coût de la Atovaquone-proguanil®. Biais que seule une étude randomisée serait susceptible de lever.

Vaccins fièvre jaune et ROR

  On ne peut pas injecter un vaccin vivant atténué pendant (au moins) les trois semaines qui suivent celle d’un autre du même type; mais on peut les injecter le même jour en deux sites différents. Les auteurs ont voulu évaluer cette pratique en termes d’immunogénicité et d’effets secondaires avec une étude randomisée (Ndlr).
  Les 1.769 sujets, de plus de 12 mois et en bonne santé, ont été répartis en deux bras: vaccins simultanés (SIM) et vaccins espacés de 30 jours ou plus (ESP).
- Effets secondaires. Aucun effet sévère n’est constaté dans l’ensemble de la cohorte.
- Immunogénicité. Les taux de séroconversion étaient, dans le bras ESP, de 97% pour rubéole, de 87% pour FJ, de 71% pour oreillons; et respectivement, dans le bras SIM, 90, 70 et 61%.
  Pour la rougeole, les taux étaient de plus de 87% dans les deux bras. Les titres géométriques moyens (GMT) pour rubéole et FJ étaient trois fois supérieurs dans le bras ESP; ils étaient identiques pour la rougeole et les oreillons.
  Ces résultats -les premiers de ce type- pourraient peut-être affecter les recommandations vaccinales concluent les auteurs.

NASCIMENTO SILVA JR et al. Mutual interference on the immune response to yellow fever vaccine and a combined vaccine against measles, mumps and rubella. Vaccine 2 - 011; 29: 6327-34

Côlon irritable post-infectieux

  D’après la littérature, entre 4 et 32% des infections intestinales sont suivies d’un syndrome de côlon irritable post infectieux (CipI), avec d’éventuelles séquelles à long terme.
  Jugeant les études disponibles insuffisamment larges et les facteurs de risque insuffisamment étudiés, les auteurs ont mené une étude d’observation de cohorte: questionnaires standardisés avant le départ, immédiatement au retour et six mois après.
  Parmi un total de 2476 sujets (participation: 72,4%) ayant effectué un séjour en «zones de faible hygiène», 38 (1,5%) développèrent un CipI (critères ROME III) immédiatement au retour. Six mois plus tard, ils étaient 3,0% (95%CI 1,9-4,2). Les facteurs de risques (régression logistique) étaient:
- survenue d’une diarrhée du voyageur pendant le séjour (OR 3,7; 95% 1,8-7,4)
- un incident ou accident de la vie dans l’année précédant le voyage (OR 3,1; 95% 1,4-6,8)
- la survenue d’un épisode de diarrhée dans les 4 mois avant le voyage (OR 2,7 ; 95% 1,3-5,6).
- la survenue de plusieurs épisodes de diarrhée augmente de 6 fois le risque de CipI.
  Ainsi, l’incidence est plus faible que dans les études antérieurement publiées, et augmente pendant les 6 mois qui suivent le retour.

PITZURRA R et al. Irritable Bowel Syndrome Among a Cohort of European Travelers to Resource-Limited Destinations. J Travel Med. 2 - 011; 18: 250-6.