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Septembre 2008

Vaccination : réduire la douleur chez le nourrisson

Chez 113 nourrissons (4-6 mois) devant bénéficier d'une injection de routine de vaccin DTPCaHib, les auteurs ont procédé à un essai contrôlé randomisé :
- groupe « classique » : aspiration légère avant l'injection, injection IM lente, retrait lent de l'aiguille
- groupe « pragmatique » : pas d'aspiration, injection et retrait rapides.
La douleur fut évaluée :
- par MBPS (Modified Behavior Pain Scale)
- et par échelle visuelle analogique utilisée par le(s) parent(s) et le pédiatre.
Aucune différence ne fut observée en fonction de l'âge ni dans l'utilisation éventuelle d'une analgésie cutanée. Aucun effet secondaire ne fut noté.
Pour le score MBPS : la douleur fut nettement inférieure (p<0,0 - 01) dans le groupe « pragmatique ». Idem pour le score visuel analogique : 3,5 (1,6-5,5) vs 1,9 (0,1-3,1) pour les scores des parents, et 2,8 (2,0-5,1) vs 1,4 (0,2-2,4) pour celui des pédiatres. Les auteurs concluent, sans aucun doute, qu'il faut vacciner les nourrissons avec la méthode « pragmatique », la plus simple et la plus rapide.

IPP M. et al. Vaccine related pain : randomised controlled trial of two injection techniques. Arch Dis Child 2007 ; 92 : 1105-8.

NDLR. Ceci paraissait tellement évident à bon nombre d'entre nous qu'il était nécessaire d'en faire enfin une étude contrôlée et une publication dans un journal de bonne tenue.

La rage en Extrême-Orient

L'auteur sino-américain a vidé les données de l'Office International des Epizooties et des ministères de la santé des pays de la région.
Il apparaît que celle-ci rassemble 50% des décès par rage de la planète.
Seuls quelques rares pays ne connaissent pas de rage : Corée du Sud, Hong-Kong, Japon, Malaisie, Singapour, Taiwan. Un seul pays, la Thaïlande, connaît une diminution régulière du nombre de cas depuis une dizaine d'années ; une nouvelle et massive action de vaccination des chiens (qui débute à notre mise sous presse NDLR) pourrait permettre d'entrevoir la possibilité d'une élimination de la rage dans le royaume.
Dans tous les autres pays, où la couverture vaccinale des chiens est généralement inférieure à 5%, la situation stagne depuis 10 ans ; le plus mauvais élève est la Chine, dont le nombre de cas est en croissance régulière depuis une décennie.

FU S Z. The rabies situation in Far East Asia. Dev Biol (Basel) 2008 ; 131 : 55-61.

Vaccination hépatite B et voyages à risque

Les auteurs (anglais et belges) ont procédé à une vaste enquête téléphonique visant à déterminer la couverture vaccinale anti-hépatite B chez des voyageurs internationaux européens. Deux populations interrogées :
- population générale : 5948 sujets : caractéristiques démographiques, nombre de voyages effectués au cours des cinq dernières années : cohorte utilisée comme groupe témoin, de façon à valider la représentativité du groupe suivant :
- sujets s'étant rendus dans des pays de moyenne et forte endémicité d'hépatite B : n=4151 ; statut vaccinal et activités/situations à haut risque.
Seulement 15% de ces 4151 voyageurs affirment être dûment immunisés contre l'hépatite B. 19% sont sûrs d'être immunisé « contre l'hépatite », mais laquelle ' A ou B ' 58% sont sûrs de n'avoir reçu aucun vaccin contre l'« hépatite ». Une population particulière (3%) : sujets voyageant pour obtenir des soins médicaux à l'étranger (health tourists, se rendant principalement au Brésil, en Russie et en Chine) : 65% d'entre eux n'ont aucun souvenir d'une quelconque vaccination anti-hépatite.
Avaient consulté avant leur départ 51% des voyageurs : plus de la moitié (54%) de ceux-ci ne reçurent alors aucune vaccination contre l'hépatite B, alors même que 69% d'entre eux avaient consulté plus de 5 semaines avant le départ. Pire, la moitié de ces patients n'eurent pas l'occasion de discuter du problème de l'hépatite B avec le médecin consulté (leur généraliste le plus souvent). L'hépatite B est connue pour être transmise par l'eau et la nourriture par 39% des voyageurs, pour entraîner diarrhée, vomissements et inconfort par 33% ; 41% ignorent qu'il s'agit d'une maladie potentiellement grave.
Un voyageur sur 4 connut une situation à risque lors de son voyage : hospitalisation, acupuncture, rapports sexuels, piercing, tatouage, scarifications, principalement.

ZUCKERMAN J N et al. Hepatitis B immunisation in travellers : poor risk perception and inadequate protection. Travel Med Infect Dis 2008 ; 6 : 315-20.

NDLR. Une impression de chaos...