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Septembre 2007

Choléra, France

L'InVS et le CnR du choléra ont recensé les cas survenus en France au cours des 30 dernières années. Résultat : 129 cas, soit une moyenne annuelle de 4/an (0-28) ; 2 décès. L'âge moyen des patients était de 35 ans ; plus souvent des hommes (sex ratio 1,3).
Dans les années 1980, le Maghreb fournissait la grande majorité des cas et les patients étaient le plus souvent des migrants. Depuis 2000 le choléra est principalement contracté en Afrique de l'ouest et en Asie, et surtout par des touristes.
Aucun cas secondaire n'a été constaté, même il y a 30 ans lorsque l'hygiène était très allégée.

TARANTOLA A et coll. Retrospective analysis of the cholera cases imported in France from 1973 to 2005. J Travel Med 2007; 4: 209-14.

NDLR. Il n'est donc pas grand besoin aujourd'hui d'un vaccin cholérique largement distribué aux touristes, sauf si celui-ci prouvait enfin sa capacité à réduire par ailleurs l'incidence de la turista liée aux ETEC.

Confrères US et anguillulose

Qu'ils soient bons ou mauvais, ils ont le mérite de s'étudier et de proclamer les résultats, contrairement à certains de l'autre côté de l'Atlantique... (NDLR)
Considérant que l'anguillulose infestait plusieurs centaines de millions d'individus dans le monde, pouvait être mortelle de manière iatrogène (corticothérapie), et eu égard à l'augmentation des voyages internationaux, les auteurs ont criblé de questions standardisées 363 médecins résidents américains : le cas clinique présenté était celui d'un immigrant exotique qui toussait et présentait une hyperéosinophilie.
Seulement 9% d'entre eux mentionnèrent la nécessité d'un examen parasitologique des selles ; 23% décidèrent d'emblée d'un traitement corticoïde empirique.
Les auteurs réalisèrent cette étude après avoir constaté que, sur une série de 152 patients présentant une anguillulose, une forme maligne survint dans 5 cas et fut responsable de deux décès.

BOULWARE DR et coll. Maltreatment of Strongyloides infection : cases series and worldwide physician in training survey. Am J Med 2007 120; 545-8.

NDLR. Commentaire: pas de commentaire: trop peur que quelqu'un fasse la même étude en Europe.

Amérique latine : faut-il encore une chimioprophylaxie antipaludique '

Sous ce titre provocateur, il y a des faits :
- l'indice parasitaire annuel (API) de tous les pays d'Amérique latine a régulièrement diminué ces dernières années ; les API les plus élevés sont ceux du Guyana, de la Guyane française et du Surinam ;
- pendant l'année 2004, 6,3 millions de voyageurs originaires des Etats-Unis et de neuf pays européens se rendirent en Amérique latine ;
- en 2005 on rapporta 209 cas de paludisme, dont seulement 22 liés à P. falciparum ;
- les principaux pays d'infestation étant : Equateur, Guatemala, Guyane française, Honduras et Mexique.
Compte tenu de ce qui précède, de l'intérêt sans doute quasi nul de la chimioprophylaxie sur P. vivax, des effets secondaires des traitements préventifs, ceux-ci sont-ils encore justifiés pour les voyages en Amérique latine '

BEHRENS RH et coll. The low and declining risk of malaria in travellers to Latin America: is there still an indication for chemopropylaxis' Malar J 2007; 6: 114.

NDLR. Il est évident que nous devrions éviter de semer la terreur du paludisme pour l'ensemble de la zone tropicale et focaliser nos actions d'information sur les destinations à haut risque mortel. Cela peut être fait facilement si nous gardons les quelques rares zones sus-mentionnées pour la prophylaxie de la transmission effective de P. falciparum.