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Septembre 2005

Vaccination hépatite A

NDLR. L'hépatite A devrait bientôt devenir une maladie à déclaration obligatoire en France. On ne dispose en effet d'aucunes données précises, chez nous comme ailleurs.

- Au Canada, faute d'outils épidémiologiques prospectifs, 34 études ont été colligées. Chez les sujets nés dans le pays, la prévalence des anticorps est faible mais loin d'être nulle : 1% entre 8 et 13 ans, mais 17% dans la troisième décennie. Le risque relatif chez les sujets ayant voyagé hors du pays est de 2,8. Ces sujets, mais encore plus les migrants (risque 6 fois supérieur) entretiennent la circulation du virus. Les auteurs recommandent une étude de coût-efficacité de la vaccination, mais reconnaissent que la vaccination sera le seul moyen de réduire la circulation du VHA.

PHAM B et coll. Seroprevalence of hepatitis A infection in a low endemicity country : a systematic review. BMC Infect Dis 2005; 7: 56.

- L'étude coût-efficacité a été faite depuis longtemps aux Etats-Unis; elle a débouché sur la recommandation de la vaccination systématique des enfants dans 11 états. L'heure est donc au bilan. L'incidence de l'hépatite A a chuté de 88% dans ces états, faisant baisser l'incidence nationale de 76%. Les CDC ont décidé la pérennisation de cette recommandation, espérant en plus en toucher un bonus ultérieur, à savoir la probable protection à vie des enfants qui sont autant de futurs voyageurs exotiques.

WASLEY A et coll. Incidence of hepatitis A in the United States in the era of vaccination. JAMA 2005; 294: 194-2 - 01.

- Pendant ce temps, en Europe, on réfléchit dans le même sens. La baisse de l'incidence de la maladie dans l'enfance entraîne une morbidité accrue à l'âge adulte ; et ce sont les enfants qui contaminent désormais les adultes. Se basant également sur l'initiative vaccinale israëlienne (1999) qui a abouti à une réduction de 95% de l'incidence, les auteurs recommandent à chaque pays de réfléchir sur une telle politique vaccinale. L'Espagne s'est déjà lancé : les premières données épidémiologiques semblent très encourageantes.

ARUMUGAN C et coll. Is it time to introduce hepatitis A vaccine into routine childhood immunisations ' Eurosurveillance 2005; 10 (9).

Typhoïde et voyages suédois

Les auteurs ont « fait parler » la banque de donnée suédoise sur les maladies transmissibles. Soit l'étude de 16.000 Suédois ayant voyagé hors de leur pays.
Le risque global est de 0,42 p. 100.000, mais est très variable selon les régions visitées. C'est le sous-continent indien qui vient, de très loin, en tête, avec un risque de 41,7 ; puis le Moyen Orient (5,9), l'Afrique centrale (3,3).
Les auteurs déplorent l'insuffisance de la couverture vaccinale chez les voyageurs se rendant dans ces zones.

EKDAHL K et coll. Risk of travel-associated typhoid and paratyphoid fevers in various regions. J Travel Med 2005; 12: 197-204.

NDLR. Les auteurs exagèrent. Par définition leur étude ne prend pas en compte les voyageurs qui ont évité une typhoïde grâce à la vaccination : et la couverture vaccinale de base su Suédois voyageur est bonne, meilleure que la nôtre sans doute. Il reste donc seulement à tendre vers le 100%, ce qui est bien légitime car il est stupide de contracter aujourd'hui une maladie aussi triviale que la fièvre typhoïde.

Méfloquine et psychiatrie

Les auteurs, hollandais, ont fait une vaste étude cas-témoins, nationale, visant à étudier les causes de recours aux structures psychiatriques en urgence après un séjour à l'étranger ; et ce, pendant trois ans.
Le risque d'événement psychiatrique sous méfloquine était de 3,5 (1,4-8,7). Chez les femmes, l'odds ratio était particulièrement élevé : 47,1. Chez les sujets ayant des antécédents psychiatriques, le risque était de 8,0, contre 3,8 en l'absence d'antécédents.

VAN RIEMSDIJK et coll. Mefloquine increases the risk of serious psychiatric events during travel abroad. A nationwide case-control study in the Netherlands. J Clin Psychiatry 2005; 66: 199-204.

NDLR. Cette étude confirme la plus grande sensibilité des femmes aux effets secondaires psychiatriques de la méfloquine. Mais elle montre aussi que cet antipaludique est encore prescrit larga manu chez des sujets ayant des antécédents psychiatriques, ce qui est pourtant une contre-indication très clairement édictée.

Séquelles endocriniennes du SRAS

Des survivants du SRAS sont régulièrement suivis. Près de 40% d'entre eux présentent une insuffisance surrénale lente d'origine hypothalamo-hypophysaire. Une hyperthyroïdie est notée dans 3% des cas, une hypothyroïdie dans 5%. Il semble que le coronavirus induise une « hypophysite » plus ou moins réversible.

LEOW MK et coll. Hypocortisolism in survivors of severe acute respiratory syndrome. Clin Endocrinol 2005; 63: 197-202.