News

octobre2010

Injustifiables maladies du retour

GeoSentinel est un réseau de 49 centres spécialisés en médecine tropicale et des voyages. Ceci lui a permis d’étudier 37 542 voyageurs revenus malades d’un séjour exotique.
Parmi ceux-ci, 580 (1,5%) avaient une maladie qui aurait pu être prévenue par la vaccination. A savoir fièvre typhoïde (n=276), hépatites virales aiguës A (97) et B (51), grippe (70), varicelle (37), rougeole (12), coqueluche (10), méningites bactériennes (10), rage (1). Pas de cas de fièvre jaune ni d’encéphalite japonaise.
Il y avait une forte corrélation entre typhoïde et visite à des amis ou famille (p<0, - 016), séjour en Asie centrale ou du sud (p< 0,0 - 01). La grippe survenait surtout lors de voyages d’affaires (p<0,0 - 01). L’hépatite A survenait surtout lors de séjours longs (p=0,02).
Seuls 29% des sujets revenus malades avaient préalablement consulté dans un centre de médecine des voyages. Ils durent être hospitalisés à hauteur de 55% (contre 9,5% pour les patients revenus avec des maladies non vaccinables). Trois décès furent à déplorer.

BOGGILDA A K et al. Vaccine preventable diseases in returnedinternational travelers: results from theGeoSentinel Surveillance Network. Vaccine 2 - 010 (in press).

Opérations chirurgicales en voyage en Afrique de l’Ouest

Chacun sait qu’il vaut mieux se faire opérer à Paris qu’à Bamako. Mais contraint par l’urgence, un patient peut être amené à entrer dans un bloc opératoire exotique.
Les auteurs (collectif de cinq nationalités) ont analysé les ressources chirurgicales de 92 pays.

- Un bloc opératoire pour 100 000 habitants en Afrique de l’Ouest (14,3 en Europe de l’Ouest); et seulement un sur trois est équipé du plus simple appareil de monitorage : l’oxymètre de pouls ! Les auteurs infèrent que tout le reste des dispositifs de surveillance doit être tout simplement absent.

- Les gants stériles sont une rareté. En Sierra Leone, seuls 20% des centres chirurgicaux en disposent..
Etc. Nous vous recommandons la lecture complète de cette étude (référence ci-dessous), ne serait-ce que pour inciter fortement vos patients voyageurs à ne partir qu’avec une solide et efficace assurance assistance internationale (Ndlr).

FUNK L et al. Global operating theatre distribution and pulse oxymetry supply: an estimation from reported data. Lancet 2 - 010 Jun 30. [Epub ahead of print]

Faut-il se faire infester par Plasmodium vivax '

Pourquoi l’infestation par P. falciparum est-elle moins grave en Asie-Pacifique qu’en Afrique '
Un routard anglais de 28 ans a inspiré une réponse crédible aux auteurs. Hospitalisé quelques jours après son retour de Papouasie Nouvelle-Guinée pour un accès à P. falciparum, les médecins sont étonnés de sa bonne forme : pourtant il a une fièvre à 40°8C, une Hb à 7,7 g/dl, des trophozoïtes et schizontes (0,2%). Mais il a aussi une infestation à P. vivax, avec tous les stades présents au frottis. Un simple traitement par quinine orale suivie d’une prise unique de sulfadoxine-pyriméthamine le guérira très rapidement.
Il semble que l’immunité anti-paludique soit assez spécifique d’espèce et même de génotype. N’aurait-on pas l’ébauche d’une réponse à la question du début ' Les Africains subsahariens n’auraient-ils pas, tout simplement, la malchance de ne pas avoir P. vivax sur leur continent, ce qui leur éviterait de déplorer 800 000 décès dus à P. falciparum '
Irons-nous jusqu’à proposer à nos patients voyageurs de commencer leurs voyages par l’Asie rurale, en dormant à la belle étoile autour d’un feu et sans moustiquaires ni répulsifs, avant de sillonner l’Afrique ' (Ndlr).

WHITEHORN J et al. A mixed malaria infection : is Plasmodium vivax good for you ' Trans Roy Soc Trop Med Hyg. 2 - 010;104: 240-241.

Colibacille voyageur en résistance mondiale

Le banal colibacille communautaire, bien docile autrefois, se met lui aussi a acquérir de graves résistances dans certaines parties du monde, et à diffuser mondialement avec l’irrésistible augmentation des voyages internationaux.
Les auteurs (australiens) ont étudié chez 102 sujets le portage et la sensibilité de E. coli avant puis après un voyage international : prélèvements péri-anaux et rectaux chaque mois.
La résistance (considérée par les auteurs comme « critically important ») à gentamicine, ciprofloxacine et C3G était, avant le départ, de 7,8% (CI95 : 3,8-14,9) ; au retour elle passait à 49,0% (39,5-58,6). Cette augmentation était plus fréquente chez les sujets ayant voyagé en Asie. Dans 18% des cas, la colonisation par le germe résistant durait 6 mois.
Les auteurs recommandent de bien veiller à obtenir un antibiogramme systématique chez tout patient infecté par un colibacille pendant plusieurs mois après un séjour exotique. Et pour les soignants, de prendre les précautions maximales lors des soins de tout patient ayant voyagé et présentant une infection à bactérie Gram négative.

KENNEDY K et al. Colonisation with Escherichia coli resistant to “critically important” antibiotics: a high risk for international travellers. Eur J Clin Microbiol Infect Dis 2 - 010 Sept 12 (Epub ahead of print).