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Octobre 2003

Hépatite A: beaucoup d'informations

Deux groupes de sujets VHA séronégatifs furent vaccinés contre l'hépatite A: dans le premier groupe, les sujets durent rester éveillés 12 heures de plus que dans le second, qui dormit normalement. Quatre semaines après, le taux d'anticorps anti-VHA était deux fois plus élevé chez les dormeurs normaux que chez les sujets privés de sommeil (p=0,18). Bien que tous aient eu des taux très protecteurs, les auteurs concluent qu'il vaut mieux vacciner des sujets en dehors des périodes de stress (ce qui paraît évident pour tout acte médical, NDLR)

(Psychosom Med 2003 ; 65 : 831-5).

Les Américains, qui vaccinent beaucoup les enfants contre l'hépatite A, constatent que la seconde dose est peu faite dans les délais conseillés (6-12 ou 6-18 mois). Ils ont donc étudié la réponse immune chez des sujets ayant dépassé ces délais: 268 sujets (137 d'âge inférieur à 18 ans) eurent leur rappel à une date moyenne de 27 (20-31) mois après la primoinjection. Les taux d'anticorps ainsi induits se révélèrent comparables à ceux des sujets ayant respecté le délai maximal de 18 mois, à l'exception des enfants de moins de 2 ans qui eurent des taux légèrement inférieurs (Vaccine 2003; 23: 3208-11).

NDLR.
Le vaccin HA est très immunogène, mais il ne faut peut-être pas tirer trop sur la corde si l'on souhaite, comme il est vraisemblable, bénéficier d'une protection de beaucoup plus de 10 ans après un schéma vaccinal bien respecté.

Si la plupart des voyageurs tropicaux ont grand bénéfice à se faire vacciner contre l'hépatite A, il n'en est sans doute pas de même pour certains migrants retournant dans leur pays. Les auteurs (Boston) ont titré les anticorps totaux anti-VHA de 129 de ces voyageurs originaires de 27 pays de forte endémicité. 122 d'entre eux (95%) étaient naturellement VHA-séropositifs; et pour ceux qui avaient passé leurs vingt premières années dans leur pays d'origine, 100% étaient porteurs d'anticorps naturels, définitivement immunisés.

(J Travel Med 2003; 10: 11-4).

Sexe à Cuzco

Qui l'eût cru de ces touristes normalement attirés par les vénérables vieilles pierres de cette antique cité du Pérou' Une enquête de comportement, sur questionnaire anonyme, a été réalisée auprès des touristes à leur retour de la cité inca, aux stations de bus et à l'aéroport. Résultats. Ce sont 5,6% des touristes qui ont eu des relations sexuelles avec des partenaires de rencontre: 54,3% avec d'autres touristes, 40,7% avec des locaux "tout venant" et 2,2% avec des locaux "professionnels". Les homo- et bi-sexuels eurent trois fois plus de rapports que les hétérosexuels. Utilisation globale des préservatifs: 69,3%. Les auteurs recommandent d'inscrire le Pérou sur la liste des destinations à haut risque de MST et de délivrer aux touristes l'information préventive qui va avec.

(CABADA M.M. et coll. Sexual behavior in travelers visiting Cuzco. J Travel Med. 2003; 10 : 214-8).

Hépatite B et baisers

Un homosexuel -japonais- de 31 ans, informé que son unique partenaire était VIH positif, résumait ses relations sexuelles à des baisers profonds. Il fut admis à l'hôpital universitaire Kyushu avec une hépatite B aiguë. Le virus B fut trouvé chez le partenaire, et son séquençage montra qu'il s'agissait bien du même virus que celui du patient.

(Kubo N. et coll. A patient in whom only hepatitis B virus was thought to have been contracted, by kissing, from a sex partner coinfected by HBV and HIV1. J Infect Chemother 2003; 9: 260-4).
NDLR. La transmission du virus B par le baiser est très difficile à démontrer car bien peu de partenaires sexuels se contentent de relations bucco-buccales. Ce qui fait l'intérêt de cette observation. On n'oubliera pas, à cette occasion, que toutes les études épidémiologiques montrent que, dans 30-40% des cas, aucune cause sanguine, génitale' n'est retrouvée.

Divers

Des sujets tasmaniens (n=136) d'origine européenne, présentant une sclérose en plaques ont répondu à un questionnaire sur leur exposition solaire lorsqu'il avaient 6-15 ans; 272 témoins ont fait de même. Les sujets atteints de SEP étaient très significativement sous-exposés par rapport aux témoins (OR 0,31; CI 0,16-0,59) (BMJ 2003; 327: 316-20). Ceci est une simple association statistique: il y a beaucoup de chemin à parcourir pour la causalité (NDLR).

Les touristes (et leurs médecins) doivent désormais le savoir: il y a une transmission permanente de leptospirose à Bangkok. L'hôpital universitaire de Ramathibodi a tout simplement repris les dossiers de leptospirose de 1994 à 2000. les auteurs ont trouvé 59 cas, dont plus de la moitié chez des sujets n'ayant pas voyagé hors de la capitale dans les deux semaines précédant le début des symptômes; la transmission paraît plus importante en saison pluvieuse.

(Southeast Asian J Trop Med 2003 ; 34 : 159-64).