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Octobre 2002

Coquillages espagnols et virus

Moules, clams et autres coques de la côte nord-ouest de l'Espagne ont fait l'objet d'études bactériologiques et virologiques. Pour la contamination bactérienne, il n'y a pas de gros problème puisque le seuil de "contamination moyenne' (norme UE) n'est pas dépassé (elle concerne cependant 40,8% des prélèvements). Mais on détecte le virus de l'hépatite A dans 27,4% des prélèvements, et des entérovirus dans 43,9.

ROMALDE J.L. et coll. Prevalence of enterovirus and hepatitis A virus in bivalve molluscs from Galicia. Int J Food Microbiol 2002; 74: 119-30.

Notre ami le soleil

Culpabilisés, terrorisés par la plupart des scientifiques et des médias, les humains sont de plus en plus nombreux à rechercher le soleil: un héliotropisme tel qu'il leur fait ignorer les risques de mélanome, de vieillissement prématuré etc.
On connaissait les effets bénéfiques sur la thymie de l'ensoleillement via le système visuel (photothérapie). Une étude récente ouvre une voie supplémentaire.
Des volontaires ont subi 6 séances d'UVA (n=42), yeux protégés, sur 3 semaines pendant que 11 autres servaient de témoins non exposés. Tous firent l'objet d'évaluations psychologiques et de divers dosages sanguins avant, pendant et après l'étude.
Résultats. En fin d'étude, les sujets exposés sont moins anxieux, plus sûrs d'eux, moins stressés que les témoins. En milieu d'étude, on note une augmentation de la sérotonine et une baisse de la mélatonine significatives par rapport aux témoins.
La voie oculo-cérébrale étant shuntée par les lunettes, il convient d'envisager que les effets bénéfiques du soleil passent également par la peau.

GAMBICHLER T. et coll. Impact of UVA exposure on physiological parameters and circulating serotonin and melatonin. BMC Dermatology. 2002; 2: 6.

Poussée allergénique jusqu'en Arctique

Les auteurs avaient sous la main les sérums d'une cohorte de Groenlandais du nord prélevés en 1987 et en 1998. Ils ont titré les IgE spécifiques pour les allergènes suivants: herbe, bouleau, armoise, chien, chat, cheval, Cladosporum herbarum, poussière de maison. En 87 la fréquence des allergies était de 10%, en 98 de 19%: RR 1,88 (IC 1,32-2,68).

KRAUSE T.G. et coll. Frequency of atopy in the Arctic in 1987 and 1998. Lancet 2002; 360: 691-2.

Hépatite A: le prix qu'ils veulent payer

Une description clinique de l'hépatite A a été fournie à un échantillon de 181 Américains adultes. Il n'était fait aucune mention de la létalité, ni des coûts directs (soins médicaux') et indirects (arrêts de travail'). Fut posée la simple question: "combien seriez-vous prêt à payer -vous-même- pour éviter les symptômes d'une hépatite A '".
Résultats: les sujets seraient prêts à payer en moyenne 2000 US$ (SD 500-5000); il s'agit donc là de la mesure de l'élasticité économique d'une demande primaire, personnelle, qui ne tient aucun compte des bénéfices en termes de santé publique de la prévention vaccinale.

JACOBS R.J. et coll. Valuation of symptomatic hepatitis A in adults : estimates based on time trade-off and willingness-to-pay measurement. Pharmacoeconomics 2002; 20: 739-47.

Typhoïde: signes cliniques et pronostic

L'Université d'Ibadan, Nigeria, a étudié rétrospectivement ses cas de fièvre typhoïde depuis 10 ans. Cette étude nous réapprend des faits fondamentaux souvent oubliés.
L'incidence est maximale durant la saison sèche. Fièvre, douleurs abdominales et autres symptômes gastroentérologiques (vomissements, constipation et diarrhée) sont les manifestations les plus courantes. L'ampleur de la fièvre est sans signification pronostique ; mais une tachycardie supérieure à 120/mn est annonciatrice d'une létalité accrue. La létalité globale, malgré une antibiothérapie bien conduite, est de 22,2%.

OTEGBAYO J.A. et coll.
Retrospective analysis of typhoid fever in a tropical tertiary health facility. Trop Gastroenterol 2002; 23: 9-12.

NDLR. Cette publication a le mérite de nous rappeler que la fièvre typhoïde est une maladie grave qui connaît, même dans les meilleurs hôpitaux d'Europe, une mortalité incompressible.

Pilote: métier à risque cancéreux

Les dossiers médicaux, vieux de 17 ans, de 10.032 pilotes de ligne de 5 pays d'Europe du Nord (Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède) ont été analysés. Les données ont été comparées, appariées, à celles des registres nationaux du cancer.
Un risque majoré apparaît pour le mélanome (OR 2,3: IC 1,7-3,0), le carcinome basocellulaire (2,5: 1,9-3,2) et autres cancers cutanés (2,1: 1,7-2,8). Les pilotes avaient également un risque accru de cancer de la prostate, proportionnel au nombre d'heures de vol.

PUKKALA E. et coll. Incidence of cancer among Nordic airline pilots over five decades : occupational cohort study. BMJ 2002 ; 325 : 367-9.

NDLR. Les auteurs n'émettent, comme cela est de plus en plus fréquent, aucune hypothèse étiologique: pas même les fameuses radiations cosmiques. Dans ces conditions, on pourrait penser que les voyageurs fréquents sont également exposés '