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Octobre 2000

L'ail : un efficace répulsif anti-tiques

Les militaires suédois semblent très exposés aux morsures de tiques et à la maladie de Lyme. Cent conscrits ont été répartis en deux groupes pour un essai prospectif randomisé en double aveugle : l'un (n=50) recevant chaque jour une gélule contenant 1200mg d'ail (Allium sativum), l'autre (n=50) un placebo. Le tout pendant 8 semaines, puis 2 semaines sans rien, et enfin 10 semaines en inversant les groupes ("crossover").

Il suffit alors de compter chaque jour le nombre de tiques présentes sur chaque conscrit. Total chez les 80 sujets évaluables en fin d'étude : 286 tiques, soit 0,2 par semaine. Les sujets sous placebo furent beaucoup plus piqués, l'ail assurant une protection significative (p=0,04).

STJERNBERG L. et coll. Garlic as an insect repellent. JAMA. 2000; 284: 831.

NDLR. Facile, de coût nul, sans effet secondaire (hors l'odeur), associable aux autres méthodes de protection. Pourquoi ne pas proposer l'ail à nos patients voyageurs ' Une gousse d'ail moyenne (100g) permettrait de traiter 10 personnes pendant une semaine de voyage.

Extraire des sangsues accrochées à des muqueuses

Il n'est pas rare, chez certains voyageurs -très- aventureux, que des sangsues se fixent sur les muqueuses du nez, de la gorge, de l'urètre ou du vagin. Il n'est pas question alors de procéder à une extraction mécanique qui pourrait entraîner de graves hémorragies. Les auteurs ont donc testé la méthode suivante. Une bouteille d'eau (ou tout autre récipient) en plastique est emplie d'eau saturée de sel de cuisine : on applique l'embout sur l'orifice naturel concerné et l'on presse de façon à envoyer un jet conséquent sur la sangsue. Dans la quasi totalité des cas, celle-ci meurt et se détache spontanément sans aucun traumatisme.

Tropical Doctor. 2000 ; 30 : 102.

Diarrhées aiguës en été en France : étude cas-témoins

L'unité 444 de l'Inserm a demandé à 500 généralistes d'étudier les cas de diarrhée aiguë survenant de juillet à septembre. 468 cas ont été notifiés, appariés à des témoins.

Il apparut comme facteurs de risque :

1) le fait de se trouver loin de son lieu de résidence habituel (OR 3,0),
2) de revenir d'un pays à haut risque (OR 4,6), 3) d'avoir été en contact avec un malade présentant une diarrhée aiguë.

Les facteurs protecteurs étaient:

1) le fait de consommer du poulet bien cuit (OR 0,5),
2) de manger des 'ufs et dérivés cuisinés chez soi. Voyager en France en été expose aux diarrhées aiguës.

YAZDANPANAH Y. et coll. Epidemiol. Infect. 2000 ; 124 : 409-16.

NDLR. Ces résultats confirment ceux obtenus par la surveillance des pathologies urgentes des touristes à Paris au mois d'août, surveillance effectuée depuis 7 ans par l'IDEEP. Une année sur deux environ, c'est la " tourista " qui est le premier motif de recours des touristes au système de soins urgents parisien. Quelle honte nationale ! Et la situation n'ira pas en s'améliorant avec l'extrême et croissante pénurie des vétérinaires inspecteurs.

Sandwichs de tous les dangers

Sur le bord de la route de Yaoundé, au Cameroun, on vend de tout et beaucoup de denrées alimentaires destinées aux voyageurs routiers. Les auteurs ont acheté puis analysé 400 sandwichs contenant au moins un produit carné.

Résultats : 75% sont impropres à la consommation : 63% contiennent des E. coli, 9% des shigelles et 5% des salmonelles.

Wouafo N. et coll. Bull. Liais. Doc. OCEAC. 2000 ; 33 : 37-41.

NDLR. Il n'y a aucune raison que le Cameroun détienne un record parmi les pays tropicaux. Rappelons que la consommation éventuelle de denrées alimentaires " des trottoirs " ne doit concerner que des produits soumis à longue cuisson (phô vietnamien par exemple, beignets, pain frais pas trop manipulé'), des fruits ou légumes que l'on peut laver ou peler. Pas de produits, même industriels, dont l'éventuelle date limite de péremption perd toute valeur lorsqu'ils sont exposés en plein soleil tropical.