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Octobre 1999

Gravité de la fièvre typhoïde : inégalité homme-femme

Une étude rétrospective menée à Durban (Afrique du Sud, pays de forte incidence de la typhoïde) montre que les femmes sont plus susceptibles que les hommes de faire des formes graves, tant cliniques que biologiques. Elles présentent plus fréquemment une gravité clinique globale à l'entrée (p=0,0004), des perforations intestinales (p=0,04), des rectorragies microscopiques (p=0,04), une bronchopneumonie (p=0,04), une myélite transverse (p=0,04), une altération des fonctions hépatiques (p=0,0003), une hépatite typhique (p=0,04), une glomérulonéphrite (p=0,02).

A confirmer par des études prospectives.

KHAN M. et coll. Influence of sex on clinical features, laboratory findings, and complications of typhoid fever.
Am. J. Trop. Med. Hyg. 1999 ; 61 : 41-6.

La vaccination peut éteindre une épidémie d'hépatite A : confirmation

Des auteurs italiens (Visa n°20) avaient montré par une étude vaccin contre placebo que la vaccination au cours d'une épidémie d'hépatite A permettait un contrôle efficace, et détectable dès le 8ème jour : 13,3% de cas secondaires dans le groupe placebo contre 2,8% dans le groupe vacciné.

Dans un village de l'Essex victime d'une épidémie d'hépatite A à partir de l'école primaire, des auteurs anglais ont constaté que l'injection d'immunoglobulines avait été un échec, 16 nouveaux cas étant survenus dans les deux mois suivant l'intervention. Ils ont alors procédé à la vaccination des élèves et du personnel de l'école (couverture vaccinale de 78%). Passé un délai d'une semaine (2 cas supplémentaires) aucun cas ne fut constaté lors de la surveillance qui s'étendit sur 30 semaines.

Les auteurs confirment ainsi les résultats de leurs collègues italiens, et concluent que la vaccination en période épidémique est aujourd'hui le meilleur moyen d'éteindre une épidémie d'hépatite A.

IRWIN D.J. et coll. Control of a community hepatitis A outbreak using hepatitis A vaccine.
Commun. Dis. Public Health. 1999 ; 2 : 184-7.

Piqûres de scorpions : sérothérapie inutile

Étude prospective randomisée menée en Tunisie qui inclua 825 patients piqués par des scorpions et se présentant aux urgences de l'hôpital de Tozeur. 412 reçurent en IV du sérum bivalent, 413 un placebo.

L' "efficacité" globale préventive sur l'aggravation de l'état clinique fut évaluée à 94% dans le groupe traité, à 96% dans le groupe placebo. La comparaison de l'évolution des sous-groupes de gravité à l'arrivée ne montra là non plus une quelconque différence.

Il est inutile d'utiliser la sérothérapie pour traiter les piqûres de scorpions, tout au moins les scorpions tunisiens en l'attente d'autres études dans d'autres pays.

ABROUG F. et coll. Serotherapy in scorpion envenomation : a randomised controlled trial.
Lancet. 1999 ; 354 : 906-9.