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Octobre 1997

Choléra et voyageurs internationaux : menace croissante

D'après les auteurs d'un article de synthèse sur le choléra, le risque de contracter un choléra au cours d'un voyage international ne cesse de croître depuis les années 70-80. A cette époque, on était dans un creux épidémique mondial et on voyageait moins, et moins loin. L'alerte aurait dû être donnée en 1992 quand 75 passagers d'un vol de Buenos-Aires vers Los Angeles contractèrent un choléra après avoir pris leur repas à bord, repas qui contenait des fruits de mer péruviens. Vers la même époque, les Japonais voyaient passer l'incidence du choléra chez leurs voyageurs de 5 à 13 p. 100.000. Les auteurs insistent sur une éducation des voyageurs par trop négligée.

Sanchez J.L. et coll. Cholera. Lancet. 1997 ; 349 : 1825-30.

Quantification des conséquences sanitaires liés aux voyages

La " travel clinic " de Zurich a mené une étude sur 2.567 personnes ayant consulté préventivement dans cette institution avant un voyage vers un pays en développement. 37,9% de ces sujets rapportèrent un problème de santé, ayant entraîné une consultation pour près du tiers d'entre eux (10,6%). Arrêt de travail pour 14,4% des voyageurs, essentiellement en raison d'un problème diarrhéique ou d'un " coup de froid " avec fièvre. 7,1% des voyageurs durent consulter localement un médecin, et deux fois plus après leur retour. Les auteurs concluent que cette problématique ne connaît aucune amélioration depuis 20 ans et qu'il y a lieu d'imaginer de nouveaux outils de communication à l'intention des voyageurs tropicaux y compris en Suisse où la qualité de la prévention pré-voyage est citée en exemple : NDLR.

Bruni M. et coll. Impact of travel-related health impairments. J. Travel Med. 1997 ; 4 : 61-4.

Diarrhée des voyageurs : prévention efficace par Lactobacillus GG

Partant de la constatation que le lactobacille résiste parfaitement à l'acidité gastrique, à la bile, et adhère fortement à la muqueuse intestinale, les auteurs ont mené une étude randomisée en double aveugle contre placebo, chez 400 sujets en partance des Etats-Unis pour une destination tropicale. La moitié des sujets ont ainsi pris chaque jour une gélule contenant 2x109 lactobacilles, pendant toute la durée du séjour, en ayant débuté deux jours avant. Chez les 245 sujets exploitables, la probabilité de diarrhée " un jour donné " fut de 3,9% dans le groupe " lactobacille " contre 7,4% dans le groupe placebo (p=0,05). Dans le groupe des sujets qui avaient fait des diarrhées lors de voyages antérieurs, l'effet protecteur fut encore plus évident : 16,7% de diarrhée contre 29,0% dans le groupe placebo.Les auteurs recommandent donc bien évidemment la généralisation de cette prescription, et d'autant plus qu'il n'existe aucune autre prévention dénuée de risques de la diarrhée des voyageurs.

Hilton E. et coll. Efficacy of Lactobacillus GG as a diarrheal preventive in travelers.J. Travel Med. 1997 ; 4 : 41-3.

Diarrhée des voyageurs : le meilleur auto-traitement curatif

Les auteurs, texans, ont comparés l'aptitude à réduire la durée des " touristas " de trois schémas thérapeutiques : ofloxacine* 400mg en une prise (A), ofloxacine 200mgx2 pendant 3 jours (B), ofloxacine 400mg en une prise associée à lopéramide** 4mg d'emblée puis 2mg à chaque selle non moulée (C). Le tout de manière randomisée, en double aveugle, chez 166 étudiants américains se rendant à Guadalajara (Mexique). La durée de la maladie fut de 73 heures dans le groupe A, de 75 dans le groupe B, et de 63 dans le groupe C (différence statistiquement significative pour ce dernier). Les auteurs concluent qu'ils ont adopté le schéma C dans leur " travel clinic ".*Oflocet ; **Imodium

Ericsson C.D. et coll. Single dose ofloxacin plus loperamide compared with single dose ofthree days of ofloxacin in the treatment of traveler's diarrhea. J. Travel Med. 1997 ; 4 : 3-7.

Exercice physique et décalage horaire

Le cycle veille/sommeil est lié au cycle circadien des corticostéroïdes. On sait que l'exercice physique influe sur ces cycles. Les auteurs -japonais- ont voulu savoir si l'exercice physique était susceptible d'avoir un effet sur les désordres liés au décalage horaire. Ils ont réparti les personnels navigants de vols Tokyo-Los Angeles (décalage : 8 heures) en deux groupes en fonction de leur assignation à l'arrivée: groupe A : 5 heures d'exercice physique en extérieur ; groupe B : confinement en chambre d'hôtel, avec au maximum autorisation de " shopping " de proximité. Recueil des urines de tout le monde pour dosage des 17 cétostéroïdes. Au quatrième jour après le départ, le pic stéroïdien du groupe A s'était " remis dans le fuseau " alors que celui du groupe B ne commençait à s'y acheminer que très progressivement (p<0, - 01). L'exercice physique en extérieur à l'arrivée fait donc partie de ces mesures hygiéno-diététiques, toutes de portée limitée, qui permettent de combattre les effets des décalages horaires.

Shiota M. et coll. Using oupoor exercice to decrease jet lag in airline crewmembers.Aviat. Space Environ. Med. 1997 ; 67 : 1135-60.