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Novembre 2008

Japon et encéphalite japonaise

Depuis 1960 le Japon surveille son encéphalite ; pendant la décennie 60-70, il y avait environ 1000 cas annuels. Entre 1992 et 2004 ce taux annuel chuta à moins de 10. On relevait alors 18% de décès, 50% de guérisons avec séquelles neuro-psychiatriques, et 32% de restitutio ad integrum.
Comme le montre la surveillance des porcs et des moustiques, le virus JE est encore bien présent dans la majorité du territoire japonais en été, y compris dans le nord du pays.
Les auteurs de cette étude concluent que la pression vaccinale doit être maintenue.

ARAI S et al. Japanese encephalitis : surveillance and elimination effort in Japan from 1982 to 2004.

NDLR. Ces données nous inspirent les commentaires suivants.
Que la pression vaccinale doive être maintenue dans la population japonaise, c'est évidemment pertinent. Mais faut-il vacciner les voyageurs européens qui vont visiter le Japon voire y vivre en zone urbaine '
- la résolution d'un problème de santé publique, pour une maladie comme l'encéphalite japonaise, ne fait pas intervenir les voyageurs
; ils bénéficient de l'immunité de troupeau et ne sauraient en faire partie ; il ne font courir aucune risque pour le pays - combien de voyageurs français on-ils contracté la maladie lors de séjours au Japon ' Un ' deux ' depuis vingt ans ! en fait sans doute aucun
- dans toute la zone de transmission potentielle, c'est sans doute au Japon que l'incidence de la JE est la plus basse
Si le lecteur n'est pas convaincu par nos arguments, il devra quand même faire avec : il n'y a plus de vaccin JE sûr et efficace sur le marché.

Paludisme : hétérogénéité européenne

Si vous avez parfois des doutes sur la pertinence de vos prescriptions anti-paludiques, ne vous inquiétez pas : vous n'êtes pas le seul (NDLR).
C'est ce que quantifie une étude européenne menée par le réseau TropMedEurop (méthode Delphi).
L'hétérogénéité des prescriptions est en fait régionale : sont à peu près homogènes :
- le groupe « Nord Europe » : Scandinavie et Grande-Bretagne
- le groupe « Centre Europe » : Allemagne, Belgique, Suisse, Tchéquie et Pologne
- le groupe « Sud Europe » : France, Italie, Espagne et Portugal.
Les points d'achoppement entre ces zones portent principalement sur : séjours de longue durée, voyageurs fréquents, pays à répartition palustre hétérogène ou saisonnière (Inde tout particulièrement, République dominicaine ensuite), grossesse.
Nous sommes bien loin de la « médecine fondée sur les preuves ». Et chaque pays tient aux recommandations de ses conférences de consensus ; il faudrait peut-être un jour faire une conférence de consensus des conférences de consensus... (NDLR).

CALLERI G et al. Variability in malaria prophylaxis prescribing across Europe : a delphi method analysis. J Travel Med 2008 ; 15 : 294-3 - 01.

Aller hop, au gnouf !

Après des années de croissance, le nombre de cas de paludisme d'importation a décru en Amérique du Nord et en Europe ; dans toute l'Europe ' non : un pays résiste encore et toujours : devinez lequel ' (NDLR).
En juillet 2006, les services de santé de l'Armée furent alertés par la survenue brutale de 17 cas de paludisme au sein d'un bataillon de 410 soldats revenant de Côte d'Ivoire, tous censés avoir pris et prendre encore 100mg/j de doxycycline.
Une enquête d'observance fut diligentée. Des dosages plasmatiques furent effectués de manière impromptue sur un échantillon aléatoire de 77 militaires.
Résultats. Ces dosages montrèrent que 47 sujets (63,4%) étaient inobservants au moment de l'étude. A noter qu'il ne fut trouvé aucun officier inobservant, et que 73,3 des soldats de deuxième classe l'étaient ; l'un d'entre eux, âgé de 22 ans, décéda de paludisme 18 jours après son retour en France.

OLLIVIER L et al. Chemoprophylaxis compliance in a French battalion after returning from malaria-endemic area. J Travel Med 2008, 15 : 355-7.