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Novembre 2006

Lactobacillus et tourista

Lactobacillus acidophilus (La), probiotique présent dans des yaourts, a fait l'objet d'une promotion commerciale vantant ses multiples mérites : particulièrement dans la prévention des diarrhées.
Les auteurs (IP Paris) ont mené une étude prospective, randomisée et en double aveugle chez des voyageurs tropicaux (n=174). La ou placebo matin et soir, la veille du départ, tout le séjour et les 3 jours qui suivent le retour.
L'incidence de la diarrhée fut de 61,4 pour 100 personnes-mois (CI95 44,1-85,5) dans le groupe La, de 43,4 (30,0-62,0) dans le groupe placebo : soit p=0,14. Quels que soient les ajustements (durée du séjour...), aucune différence significative ne put apparaître..

BRIAND V et coll. Absence of efficacy of nonviable Lactobacillus acidophilus for the prevention of traveller's diarrhea : a randomized, double-blind, controlled study. Clin Infect Dis 2006; 43: 1170-5.

NDLR. Merci aux auteurs et au prestigieux éditeur d'avoir écrit et accepté de publier des résultats négatifs. Négatifs, mais positifs pour le praticien qui se rappellera ainsi que des concepts, même séduisants, doivent rester lettre morte sur le terrain en l'attente d'études probantes.

Tourista et côlon irritable

Beaucoup suspectent qu'une diarrhée du voyageur puisse être un élément déclencheur du syndrome du côlon irritable (SCI). Mais les études étaient souvent rétrospectives et leur cohortes insuffisantes.
Les auteurs, israéliens, ont réalisé une étude prospective d'une rigueur quasi militaire, auprès de candidats voyageurs consultant dans un CVI.
Questionnaire 1 : pour éliminer les sujets déjà porteur d'un SCI.
Questionnaire 2 : pour poser ou non le diagnostic de tourista lors du voyage ; à envoyer par courrier dès le retour ; si oubli, appel téléphonique des sujets.
Questionnaire 3 : 6-7 mois après le retour, pour poser ou non le diagnostic de SBI ; si oubli, appel téléphonique.
C'est ainsi qu'on pu être étudiés 412 voyageurs. La diarrhée survient chez 118 sujets ; parmi ceux-ci, 16 (13,6%) développèrent un SCI ; dans le groupe sans diarrhée, un SCI apparut chez 7 sujets (2,4%) : p<0,00 - 01. Un risque accru de SCI apparut comme corrélé:
- au fait d'avoir reçu une antibiothérapie lors de la diarrhée (p=0,046, RR 4,13);
- à la survenue de douleurs abdominales lors de la diarrhée (56,5 vs 20,4%, p=0,0003);
- à la durée de la diarrhée (8,1 vs 5,5 j, p=0,08).
Les auteurs concluent que la diarrhée du voyageur est bien un élément déclencheur du SCI, multipliant par 5 le risque spontané dans le population générale.

STERMER E et coll. Is traveller's diarrhea a significant risk for the development of irritable bowel syndrome ' A prospective study. CID 2006; 43: 898-9 - 01.

Lavande, voyages et chiens

En voyage, certains chiens ont des comportements d'excitation, qui sont pénibles, stressants, voire dangereux et coûteux.
Les auteurs, américains, ont publié (dans l'équivalent vétérinaire du JAMA) un essai dont l'interprétation devra être subtile. Des chiens (n=32) ayant des antécédents d'excitation lors de voyages antérieurs ont été étudiés de manière prospective lors de voyages touristiques routiers : dans une phase (3j) sans intervention, dans une autre (3j) avec extraits de lavande dans l'atmosphère ; l'ordre de ces phases étant randomisé.
Résultats statistiquement significatifs : les mouvements, aboiements et autres marqueurs d'excitation sont diminués dans la phase « lavande », et ce quels que soient l'âge, le sexe, l'état ou non de castration.

WELLS DL. Aromatherapy for travel induced excitement in dogs. J Am Vet Med Assoc 2006 ; 229 : 964-7.

NDLR. Il existe un biais évident : l'odeur de lavande et le fait que les maîtres sachent que l'on est en phase active sont de nature à calmer les maîtres, calme que l'on sait transmissible aux animaux. Mais que ce biais existe ou pas, le résultat est là : et tant mieux si le couple maître-chien et pas seulement le chien bénéficie de cet apaisement olfactif.